Le manque de certaines compétences à Maurice oblige les entreprises oeuvrant dans les TIC à se tourner vers l’étranger. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le Human Resource Development Council (HRDC), dont les retombées ont été présentées la semaine dernière en son siège, à Ébène.
Selon le rapport du HRDC, 30% des 131 entreprises sondées ont sollicité l’expertise étrangère, soutenant que « les expériences relatives ne sont pas disponibles sur le marché mauricien ». Les qualifications des candidats ne répondent pas au travail demandé alors qu’une productivité accrue des étrangers est notée par rapport aux Mauriciens. « Ils ont de multiples talents qui peuvent être utilisés pour différents types d’emplois. Ils sont plus flexibles. » En outre, les lois permettent aux étrangers de venir à Maurice et d’obtenir un emploi facilement, une aubaine pour les entreprises informatiques souhaitant recruter.
Selon le rapport, très peu d’entreprises ont établi un système de transfert de connaissances. « C’est un domaine qui nécessite un peu d’efforts. » Les entreprises ont aussi été questionnées sur le choix des matières considérées au niveau secondaire pour l’obtention d’un emploi dans le secteur des TIC. La réponse obtenue a été une surprise pour le HRDC : la plupart des entreprises ont répondu que l’anglais et le français étaient importants, de même que l’esprit critique et la capacité à trouver des solutions aux difficultés.
Parmi les entreprises sondées, 48% estiment qu’une langue étrangère est un avantage, citant entre autres le mandarin, l’espagnol, l’allemand et l’italien. Les compagnies sont en effet d’avis que ces langues sont importantes dans leur secteur d’activité, même si elles ne sont pas requises lors de l’entretien. « Elles sont importantes pour trouver de nouveaux clients. »
Le rapport fait également ressortir certains manquements s’agissant des jeunes ayant quitté l’école ou l’université, tels l’absence de capacités à trouver des solutions à des problèmes, la culture internationale et leur choix de carrière. Les employés sont aussi à la recherche de candidats faisant preuve d’une bonne attitude, de leadership et de capacité à travailler sous pression. Environ 85% des 131 entreprises sondées ont recruté l’année dernière. Parmi elles, 65% ont recruté ceux qui n’ont aucune expérience en entreprise.
L’étude du HRDC a été menée par son équipe de recherche et les questions étaient envoyées aux étudiants en fin de cycle secondaire, les diplômés de l’université et des écoles professionnelles. Les réponses de ces groupes étaient évaluées sur des critères établis. 
Pour Leela Devi Dookun, la ministre de l’Éducation, le secteur des TIC représente des opportunités pour le développement des économies insulaires. D’ailleurs, les statistiques démontrent la croissance du secteur à Maurice de par le nombre d’entreprises et les emplois créés. « De solides compétences sont nécessaires pour consolider davantage ce secteur », affirme-t-elle, en mentionnant les plans du gouvernement pour la consolidation du secteur des TIC. Si le manque de compétences est une préoccupation mondiale, il n’en demeure pas moins qu’un surplus de personnes qualifiées et formées ne trouve pas un emploi dans les TIC.