« Nous sommes à une croisée des chemins où des mesures courageuses et des décisions qui produiront des gains rapides sont essentielles pour redonner confiance dans l’économie », a déclaré hier Hélène Echevin, présidente sortante de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) lors de la 167e assemblée générale annuelle de l’organisation à l’hôtel Labourdonnais. L’intervenante a appelé, entre autres, à des mesures pour booster la consommation, l’une des composantes majeures de la croissance à Maurice, et l’investissement public. Son successeur à la présidence de la MCCI est Azim Currimjee, managing director de Quality Beverages Ltd.
L’économie mauricienne est en train de croître en dessous de sa capacité optimale, ne progressant que de 3,4% en 2015 comme en 2014, alors que le taux de croissance moyen avant la période pré-crise financière était de 5%. C‘est ce qu’a déclaré hier matin la présidente sortante de la MCCI, Hélène Echevin, lors de la 167e assemblée générale annuelle de l’organisation à l’hôtel Labourdonnais. « It is vital that the governement uses its two main tools, the monetary tool and the fiscal tools, to transform our economic path », a-t-elle soutenu dans son discours à l’occasion. Dans la foulée, l’intervenante a plaidé pour « une progression plus intensive de la consommation », qui constitue l’une des composantes essentielles de la croissance locale. « In the last few years, consumption expenditure has been pallid, growing at less than 3% annually compared to pre-crisis consumption growth of more than 5%. The actual 3% is particularly low », a souligné Hélène Echevin. À cet effet, elle est d’avis que beaucoup plus peut être fait pour stimuler la consommation domestique et la demande.
Dès lors, la présidente sortante de la MCCI a estimé qu’une extension du remboursement de la taxe à valeur ajoutée (TVA) sur les produits achetés par les Mauriciens en partance à l’étranger et par la diaspora mauricienne pourrait « donner une impulsion à la consommation » et éviter que les Mauriciens ne dépensent leur argent à l’étranger. Selon l’estimation de la MCCI (qui opère un comptoir de remboursement de la TVA à l’aéroport), une telle mesure pourrait déboucher sur une consommation locale de l’ordre de Rs 4 milliards, soit 1,2% du Produit intérieur brut (PIB) du pays.
Passant ensuite à l’investissement, l’ex-présidente de la MCCI a observé que le taux n’a cessé de baisser depuis 2012 pour atteindre 17,8% du PIB en 2015, bien qu’en 2009 il était à 26%. Hélène Echevin a soutenu qu’« at times of low economic performance, it is essential for public investment to provide the necessary boost to the economy ». Ainsi, lorsque les entreprises privées diffèrent leurs investissements à cause du bas niveau de confiance dans l’économie et la faible demande, il est primordial que le gouvernement « breaks the visious cycle by boosting public investment ». Hélène Echevin avance qu’un « investissement public accru stimulera la demande pour des biens intermédiaires et encourager l’offre ». Il aura ainsi pour conséquence, selon elle, une activité économique plus intense, la création d’emplois et la progression de la consommation.
Dans le même élan, Hélène Echevin s’est réjouie de l’adoption du texte de loi sur le Build Operate Transfer et pense que, dans le cadre d’un tel développement, le pays pourrait envisager la mise en exécution du projet de métro léger. D’autre part, Hélène Echevin a mis l’accent sur la nécessité de booster l’investissement privé. Elle devait proposer l’institution d’un Economic Development Board qui pourrait agir comme entité centrale pour la planification et la mise en application des stratégies de promotion des investissements dans le pays ainsi que pour le développement des exportations. Pour encourager l’investissement direct étranger (FDI), l’intervenante a suggéré l’introduction d’une exemption fiscale pour une période donnée sur les investissements dans les entreprises à technologie intensive. Hélène Echevin a déclaré que « la MCCI est favorable à l’élaboration d’une stratégie d’exportation claire et agressive » ainsi qu’à « l’amélioration de la connectivité », notamment avec l’Afrique.
Plusieurs propositions ont également été invoquées pour que Maurice puisse améliorer son classement dans l’indice « Ease of Doing Business » de la Banque mondiale. Selon Hélène Echevin, Maurice, qui s’est classée 32e dans le dernier rapport, « peut grimper dans le Top 10 » en prenant des mesures comme, entre autres, réduire le taux d’imposition des sociétés, les coûts du fret, les frais de création d’une entreprise et d’enregistrement des propriétés.
Par ailleurs, l’ex-présidente de la MCCI s’est appesantie sur « la nécessité de rehausser le niveau de productivité dans le pays » et « de prôner une culture d’innovation ». Hélène Echevin pense qu’à travers des processus innovateurs, « le pays peut développer une industrie basée sur les sciences de la vie ».