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SECTEUR PUBLIC — PRB: L’enjeu des anomalies salariales

Quasi unanimité syndicale pour le départ du directeur du PRB, Mohun Parsad Aujayeb, qui a déjà bénéficié d’une extension de six mois après l’âge de la retraite
Des délégués de cinq fédérations et confédérations syndicales de la fonction publique approuvant à main levée le départ immédiat du directeur du PRB lors d’une grande réunion hier à Coromandel

Le nom de Bijaye Kumar Appanah, prédécesseur de M. Aujayeb, est proposé par les syndicats, dont la Government Teachers’ Union (GTU), regroupant les instituteurs du primaire. Mais une indication plus grave de la situation compromettante du directeur du PRB reste le désaveu du conseil des ministres d’hier à la proposition initiale à l’effet que le rapport sur les anomalies salariales soit soumis dans un an. La nouvelle prônant un calendrier plus serré, évoqué par Le Mauricien dans l’édition de jeudi, a été confirmée lors des délibérations du conseil des ministres.
Dès ce week-end, l’enjeu des anomalies salariales revêtira une double importance, notamment le sort qui pourrait être réservé à l’actuel directeur du PRB, auteur des recommandations salariales controversées et l’envergure financière de l’exercice des « Errors and Omissions » compte tenu de la grogne et de la mobilisation qui se prépare à presque tous les échelons de fonction publique.
Le directeur du PRB a déjà essuyé un premier sérieux revers aux mains du gouvernement. Dans son rapport officiel, le PRB s’était donné initialement une période de douze mois pour conclure les consultations sur les « Errors and Omissions » et pour soumettre le rapport relatif au gouvernement. Or, le conseil des ministres d’hier, sur instruction du Premier ministre Navin Ramgoolam, avant son départ, jeudi, pour le sommet de la Francophonie, a entériné la décision que l’étape de correction des anomalies salariales post-PRB dans la fonction publique interviendra plus tôt que comme recommandé par Mohun Aujayeb.
Le programme de travail décidé par le gouvernement est très serré. Le délai pour la soumission des contestations et des objections a été soumis au 30 novembre et les recommandations devront être soumises au gouvernement le 28 février de l’année prochaine au lieu d’octobre 2013, comme l’avait recommandé Mohun Aujayeb.
Toutefois, la véritable question encore en suspens est de déterminer qui se verra confier la tâche de corriger les anomalies du PRB. Une quasi-certitude, qui se confirme de jour en jour, tourne autour du limogeage de l’actuel directeur du PRB, qui a déjà bénéficié d’une extension de six mois au-delà de l’âge de la retraite en août dernier en vue de compléter le rapport rendu public pardi. Il n’y a pas un syndicat de la fonction publique qui entretient l’idée de voir Mohun Aujayeb entamer le rapport des Errors and Omissions.
Des fédérations syndicales, comme la Fédération des Syndicats du Service Civil, sont venues de l’avant avec la proposition de nommer un commissaire salarial étranger indépendant pour réviser les recommandations salariales, comme ce fut le cas avec le commissaire Donald Chesworth dans les années 80. D’autres syndicats, comme la Government Teachers Union (GTU), proposent le recrutement immédiat sur contrat du précédent directeur du PRB, Bijaye Kumar Appanah, pour corriger les anomalies salariales.
Tour semble indiquer que la mobilisation anti-PRB au sein de la fonction publique devra gagner en intensité dans les jours à venir, avec la Nursing Association se jetant dans la bataille dès lundi, et la GTU préférant attendre la fin des examens du Certificate of Primary Education la semaine prochaine pour initier une campagne de mobilisation sous le signe d’un front commun syndical dans l’éducation primaire avec une première marche de protestation annoncée pour le samedi 27 à Port-Louis et un meeting au Jardin de la Compagnie.
Dépendant de l’évolution de la contestation, le gouvernement pourrait être appelé à abonder dans le sens des syndicats avec le remplacement du directeur du PRB dans une tentative de calmer la tension sur le plan socio-économique dans un contexte budgétaire suivi d’une campagne pour les élections municipales prévues pour la fin de cette année…


PRB MITD — EMPLOYEES UNION : « Le rapport n’a fait qu’augmenter notre amertume »
Pour la MITD Employees Union, « le rapport du PRB n’a fait qu’augmenter le sentiment d’amertume au sein du MITD ». En effet, la création du Mauritius Institute of Training and Development avec la fusion entre le Technical School Trust Fund (les lycées polytechniques) et des écoles de l’IVTB avaient provoqué plusieurs remous parmi les employés de ces deux organismes, insatisfaits de leurs conditions de travail. Le rapport du PRB était pour eux un moyen de mettre les anciens employés du TSTF et ceux des écoles du MITD sur un pied d’égalité. Or, nous indique Hemandar Madhow, le président du syndicat, l’écart a augmenté.
La fusion du TSTF avec les écoles de l’IVTB en 2009 a fait naître un sentiment de frustration chez les employés. Ils soutiennent que si les deux organismes étaient réunis sous un même toit, ils avaient des traitements différents que ce soit dans le nombre d’heures au travail, le salaire et les jours de congé. Déçue, la MITD Employees Union constate que le rapport du PRB n’a pu réparer cette injustice. « Après maintes discussions avec le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree, on était d’accord que tout le monde allait déposer ensemble au PRB afin qu’il y ait une synergie. Nous l’avons fait mais aucune de nos recommandations n’a été prise en considération », souligne M. Madhow. Ce dernier déplore le fait qu’avec ce rapport le fossé ne fera que se creuser davantage et qu’« il n’y aura jamais de traitement égal au sein de l’institution ». « La fusion de l’IVTB et du TSTF a été accueillie au début avec l’espoir qu’elle allait créer une synergie ».
Par ailleurs, la MITD Employees Union fait ressortir qu’en termes de salaires, le PRB n’a donné aucun incentive aux employés pour qu’ils soient plus performants. « Le salaire d’un Training Officer est de Rs 54 600 alors que celui d’un Assistant Manager est de Rs 57 600. Il n’y a que Rs 3 000 de différence alors que le deuxième poste implique beaucoup plus de responsabilités. Qui va vouloir assumer ces responsabilités ? » lance M. Madhow, qui soutient par ailleurs que personne ne sera intéressé à postuler pour une promotion.
Le syndicat attire également l’attention sur le fait que le salaire des new entrants a également été revu à la baisse. De même, ajoute M. Madhow, le travel grant, la pension sont aussi des aspects qui n’ont pas obtenu la considération souhaitée. La MITD Employees Union estime que les petits employés sont ceux qui ont été les plus pénalisés dans ce rapport. « Au niveau des grades élevés, il y a plusieurs postes qui ont été créés et pour nous c’est gaspillage, tandis que pour les petits travailleurs, la quantité de travail a augmenté, il n’y a pas de nouveaux grades et le salaire a diminué », explique M. Madhow. Ce dernier est aussi d’avis qu’avec la création de plusieurs nouveaux postes, le rapport du PRB est en train de changer la structure du MITD. La MITD Employees Union compte ainsi se joindre à la Fédération des syndicats de la Fonction publique pour contester le rapport. « Pour nou, se enn rappor ki bizin al directement dan poubel », insiste M. Madhow.