Une semaine après la publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB), recommandant une révision salariale dans la fourchette de 6,5% à 14%, soit un coût de Rs 3 milliards pour l’Exchequer, les deux camps, soit le gouvernement et le front syndical, précisent leurs positions. Du côté de l’Establishment, les principales échéances, dont la date butoir du vendredi 29 avril pour les Option Forms, ont été communiquées par voie de Circular Note N° 6 de 2016 en fin de semaine par le ministère de la Fonction publique aux Supervising Officers des ministères et départements. Dans les rangs du mouvement syndical, avec notamment les trois fédérations syndicales, la Fédération des Syndicats du Secteur Public de Rashid Imrith, la Fédération des Syndicats du Service Civil de Narendranath Gopee et la State Employees Federation de Radhakrishna Sadien, réunies en front commun, on dénonce l’absence de tout contact officiel avec le ministre de la Fonction publique, Alain Wong, pour faire état des griefs des fonctionnaires. Mais dès le début de la semaine prochaine, la grogne devrait passer à un autre niveau par le biais du coup d’envoi de la grève de la faim annoncée par la secrétaire de la General Government Services Union (GGSU), Bhoopa Brizmohun, et la marche de protestation des enseignants du cycle secondaire dans les rues de la capitale dans la journée de mercredi.
La Circular Note N° 6 de 2016, portant la référence E/260/72/04/15, adressée aux Supervising Officers, aux responsables des corps para-publics et à l’Island Secretary de l’Assemblée régionale de Rodrigues, définit les principales étapes pour la mise à exécution des recommandations du dernier rapport du PRB. La pierre angulaire de cet exercice concerne les Option Forms, qui devront être signés indistinctement par tous les employés du secteur public. Ainsi, la date limite pour la soumission de ces Option Forms a été fixée au vendredi 29 avril, ou sept jours après pour tout fonctionnaire qui sera en mission officielle à l’étranger ou encore au plus tard le 31 mai pour les employés de la Fonction publique « on approved leave » ou purgeant une interdiction de travail.
Dès lundi matin, la distribution des Option Forms devra se faire dans tous les ministères et autres corps para-étatiques en vue de permettre aux employés du secteur public de se prononcer sur l’acceptation des « revised emoluments and terms and conditions of service » ou d’opter de décliner les recommandations du PRB. Dans ce dernier cas, ils bénéficieront du quantum de la compensation salariale accordée aux employés du secteur privé depuis le 1er janvier dernier.
Des habitués des procédures pour le versement des salaires dans le gouvernement avancent qu’avec la date butoir du 29 avril, il faudra s’attendre à voir les ajustements et le paiement des arriérés depuis le 1er janvier dernier lors du May Pay Day, soit à la fin du mois prochain au plus tôt. Au cas contraire, le règlement de cette révision salariale devra se faire avant la fin du présent exercice financier en juin, la paie se faisant le 22 en raison de la fermeture des comptes publics.
Un autre volet des directives du ministère de la Fonction publique concerne les « Errors and Omissions » dans le rapport du PRB 2016. Tous les cas d’erreurs et d’anomalies devront être rapportés officiellement dans un délai de trois mois à partir de l’approbation du rapport par les autorités. Le PRB a annoncé la publication d’un Addendum Report, soit un Errors, Omissions and Anomalies Report avant le 30 septembre prochain.
Le mécanisme mis en place prévoit que toute contestation des éléments du rapport du PRB sera traitée au niveau d’un High-Powered Committee, institué au sein du ministère de la Fonction publique et que « wherever practicable, genuine errors/omissions/clarifications will be dealt with, on ad hoc basis, as and when they are reported to the Ministry of Civil Service for immediate action and recommended upon by the PRB, prior to the subsequent publication of the Addendum Report ».
Toutefois, dans les rangs des syndicats de la Fonction publique et des corps para-publics, le sentiment de frustration continue à prévaloir même si le mood est qu’il n’est pas question de recourir au geste symbolique de brûler le rapport du PRB. « Cette révision salariale dans la fourchette de 6,5% à 14% ne constitue nullement une faveur du gouvernement aux employés du secteur public. C’est notre dû même si nous sommes convaincus que nous méritons un meilleur traitement salarial », soutient Rashid Imrith, président de la FSSP dans la conjoncture.
Pas de « Divide and Rule »
Avec la décision d’imposer le 29 avril comme date limite pour la soumission des Option Forms, les différents syndicats de la Fonction publique et des corps para-étatiques devront réunir leurs instances pour décider de la marche à suivre. Les dirigeants des trois principales fédérations syndicales, qui se sont réunis lundi en vue de « compare notes » et d’arrêter une stratégie commune, dénoncent que jusqu’à l’heure, le ministre de tutelle, Alain Wong, n’a pas jugé utile de convoquer une séance de travail pour établir un état des lieux post-PRB. Les fédérations syndicales ont déjà transmis le message qu’il n’est pas question de « Divide and Rule » avec des réunions séparées avec les trois fédérations syndicales.
En parallèle, les premières initiatives syndicales devront se dérouler au début de la semaine prochaine, la secrétaire de la GGSU et de la FSSP, Bhoopa Brizmohun, entamant une grève de la faim dès lundi dans l’enceinte de l’Emmanuel Anquetil Building pour protester contre l’absence de perspectives de promotion pour les fonctionnaires faisant partie du General Service ou encore l’obligation de prendre part à des examens à l’âge de 60 ans. Il n’est pas à écarter que d’autres responsables syndicaux viennent se joindre à cette grève de la faim au fil des jours.
Les enseignants des collèges privés se mettront de la partie avec une marche de protestation du Champ-de-Mars au Jardin de la Compagnie, mercredi. Les organisateurs de cette marche ont déjà obtenu l’autorisation de la police et ils comptent protester également sur les perspectives bouchées de promotion, comme un enseignant passant au moins 40 ans dans le même grade sans connaître ce que signifie une promotion…