SECTEUR THÉIER : Environ 600 arpents de terre mis sous culture

Environ 600 arpents de terre ont été identifiés dans le sud de l’île pour être mis sous culture de thé, avant d’être distribués aux planteurs qui s’y intéressent. Le but est de relancer la production des feuilles de thé à Maurice, ainsi que la production de thé, afin de faire de ce secteur un pilier économique du pays, comme c’était le cas il y a plusieurs décennies. Un atelier de travail a réuni à Nouvelle-France, hier, des planteurs, des producteurs ainsi que des techniciens agricoles pour discuter des défis qui guettent cette industrie et des mesures à prendre pour les surmonter.

Le ministre du Business et des Coopératives, Sunil Bholah, a reconnu que l’industrie du thé est devenue erratique. « Il y longtemps, il y avait une bonne production de thé à Maurice et nous exportions beaucoup sur l’Afrique du Sud. Or, à cause de l’apartheid, Maurice avait cessé d’exporter vers ce pays sous pression internationale. Mais, lorsque nous avons appliqué cette interdiction, nous avons eu des problèmes au niveau local. Nous avions une surproduction de thé et les prix ont chuté ». Ce qui amené un grand nombre de planteurs de planteurs à abandonner cette culture. D’autres ont converti leurs plantations de thé en champs de canne à sucre, laquelle peut être récoltée après une année contre cinq ans pour le thé. Et d’autres encore sont revenus à la culture du thé après que celle de canne à sucre a commencé à avoir des problèmes. « N’empêche que beaucoup de planteurs ont réussi leur vie grâce à ce secteur. Ils ont acheté des terrains, fait construire leurs maisons et financé les études des leurs enfants grâce aux revenus du thé », a-t-il déclaré.
Mais, aujourd’hui, ce secteur fait face à des difficultés économiques et autres défis. Selon le ministre, « nous sommes aujourd’hui dans une situation où il y a une grande demande pour le thé mais il n’y en a pas assez. » « Le gouvernement a identifié 600 arpents de terre qui vont être mis sous culture de thé avant d’être distribués aux planteurs qui sont intéressés », a indiqué Sunil Bholah. A ce stade, il a rappelé les grands défis qui menacent ce secteur comme d’autres également, surtout le changement climatique, la fluctuation des prix, les coûts élevés des intrants et la relève avec des jeunes qui ne sont plus attirés par ce secteur.
Le ministre a rappelé qu’il était lui-même un enfant d’un planteur de thé et qu’il vient d’une famille qui a été engagée durant des années dans cette industrie. « Je connais ce secteur du bout des doigts. Ce secteur a fait la vie de nombreuses familles dans des villages tels que Midlands, 16e Mille, Nouvelle France, Union Park, Bois Chéri et La Flora. Dans l’industrie du thé, on ne travaille pas tout le long de l’année. Je connais plein de gens qui travaillent et dans les plantations de thé et dans celles de canne à sucre. L’entretien des plantations de thé était assuré par les épouses et leurs enfants alors que les pères travaillaient dans les plantations de canne à sucre », a-t-il fait ressortir.
Lors de cet atelier qui a duré toute la journée, on a parlé de la situation actuelle et de l’avenir de ce secteur, du rôle de sociétés coopératives, des bonnes pratiques agricoles ainsi que des incitations offertes à cette catégorie de planteurs.