Face aux accidents impliquant de nombreux motocyclistes, le ministre des Infrastructures publiques et du Transport, Nando Bodha, qui a rencontré la presse jeudi dernier, souhaite « hiérarchiser les problèmes » relatifs à ces accidents. Pour ce faire, il compte introduire des moto-écoles avec des moniteurs qualifiés et ayant passé avec succès un examen au préalable et où les aspirants motocyclistes devront d’abord suivre une formation pour prétendre au permis.
Divers degrés de permis seront octroyés en fonction de l’âge. Ceux ayant déjà 15 ans pourront rouler une mobylette de moins de 50cc. Ce n’est que trois ans plus tard, soit à partir de 18 ans, qu’ils pourront se permettre de conduire une motocyclette de 50cc à 125cc. À 21 ans, ils pourront dès lors prétendre piloter une moto de 125cc à 300cc. Si un individu a 25 ans et plus souhaite un permis de moto, il pourra opter pour une 125cc à 300cc. Par contre, il lui faudra suivre une formation dans une moto-école qui ouvrira ses portes sur une base régionale bientôt.
Des expressions of interest ne sauraient tarder pour les six à sept moto-écoles. Outre le matériel de bureau tels que les tables, chaises, vidéo projecteur, lecteur DVD, ligne téléphonique et Internet, les moto-écoles devront être pourvues d’une portion de route plate et en ligne droite bitumée de 100m de long et 6m de large comprenant une zone de sécurité à l’extrémité. La formation de base sera de 15h en cours théorique, avec un moniteur pour six élèves, ce qui équivaut à 120 élèves par an par formateur. Au total : 60 moniteurs seront nécessaires pour les 7 000 aspirants motocyclistesqui se manifestent par an pour l’obtention d’un permis.
Les mobylettes et motocylcettes de ces motos-écoles devront être renouvélées au bout de cinq ans pour les cylindrées inférieures ou égaux à 200cc, sept ans pour les cylindrées supérieures à 200cc. Pour cette catégorie, un délai supplémentaire de deux ans peut être accordé sur demande, suivant le kilométrage et une certification technique par un expert. Chaque moto-école pourra commencer avec un seul ou plusieurs engins par catégorie suivant son plan de travail.
La formation couvrira la partie théorie, maîtrise de l’engin et la conduite. La durée du cours sera d’un mois pour la théorie et d’un autre mois pour la pratique. Elle sera dispensée par 40 moniteurs qui seront homologués par le ministère de tutelle. Ce sont les moto-écoles qui délivreront les attestations. C’est muni de celles-ci que les candidats pourront se faire inscrire pour leur permis. Ce sont des policiers, qui eux aussi auront suivi une formation d’environ 1 000 heures, à savoir les mêmes modules que les moniteurs en plus d’autres modules poussés, qui seront les examinateurs. Rs 5 millions ont été allouées aux Infrastructures publiques pour la formation des moniteurs et des examinateurs. Les learners ne seront plus délivrés à vie mais uniquement pendant six mois.
Par ailleurs, le ministère travaillera en étroite collaboration avec la National Transport Authority afin que les motocyclettes importées soient aptes à rouler sur nos routes. De plus, toute nouvelle route prendra en compte les deux roues et les piétons, ce qui n’est actuellement pas le cas.
Pour rappel, ces nouvelles réglementations interviennent en raison de la vulnérabilité des motocyclistes, qui composent la majeure partie des victimes de la route. Avec un total de 77 morts en 2012, 54 en 2013, 65 en 2014 et 51 en 2015, ces nouvelles mesures sont pour la majorité bien accueillies.
Soulignons qu’avec un parc de 200 000 mobylettes et motocyclettes, une stratégie devrait être développée pour les sensibiliser et les réglementer. Mais pour les six prochains mois, seuls les aspirants motocyclistes seront concernés.