Pour le PM, cet atelier de deux jours revêt toute son importance. Il devait souligner que selon les estimations, les accidents de la route coûtent à notre économie environ 1,5 % du GDP, soit plus de Rs 6 milliards par an en termes de perte de productivité, de dépenses médicales et autres. « Cela démontre que nous avons un problème majeur à gérer ».
Selon les spécialistes de la route, les principales causes, dit SAJ, incluent la qualité de nos infrastructures routières, des infrastructures inadéquates pour les groupes vulnérables tels les cyclistes et motocyclistes ; la vitesse, et la conduite sous l’influence de l’alcool. « La Banque mondiale, dans son rapport, a qualifié la situation d’inacceptable due à nos capacités inadéquates à gérer la sécurité routière ». D’où l’importance, pour le Premier ministre, d’adopter une National Road Safety Strategy. Suivant le rapport de la Banque mondiale, dit-il, « nous avons d’abord fait de la sécurité routière une priorité nationale ». Ensuite, « nous avons créé une National inter-ministerial Road Safety Commission ».
Par ailleurs, une Traffic Enforcement Squad de 27 officiers a été mise sur pied pour surveiller les infractions au code de la route et agir contre les contrevenants.
De son côté, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, devait souligner que la sécurité routière est l’affaire de tous. « Tristement, ce matin nous avons eu un mort sur la route de Riche-Terre. Devons-nous cesser de dire que la route tue. Devons-nous plutôt dire que ce sont nos erreurs ».
S’il y a eu moins de morts en 2013 et en 2014, l’année 2015, souligne le ministre, « a été une année chaotique. Agissons pour qu’elle se termine mieux que l’an dernier ».
Pour le ministre, « afin d’atteindre l’objectif de 50 % en moins d’accidents et de blessés, il importe de réformer notre organisation ». La Commission nationale interministérielle, dit-il, se réunira deux fois par an à partir du début de l’an prochain.
Dans l’immédiat, « notre priorité est de nous attaquer à l’alcool au volant et à la vitesse ». Nando Bodha a souligné « le point faible de notre système juridique. On a demandé au Parquet de voir comment donner plus de poids à la loi pour plus de rapidité ». Pour le ministre, il importe de responsabiliser chacun d’entre nous. Les nouvelles stratégies, dit-il, seront dévoilées début 2016. Il dit avoir contacté des ministres à l’instar de ceux de l’Éducation et de la Santé pour l’éducation des jeunes quant à la sécurité routière et pour la formation des urgentistes.
« Mon gouvernement est prêt à présenter une nouvelle législation, si nécessaire, pour imposer une approche de zéro tolérance et apporter des résultats rapides ». C’est ce qu’a déclaré sir Anerood Jugnauth ce matin lors de l’ouverture d’un atelier sur le thème “National Road Safety Strategy for Mauritius (2015-2025)” à Ébène. À cet effet, des projets infrastructurels au coût de Rs 15 milliards démarreront l’an prochain en vue d’alléger le trafic et de moderniser les infrastructures routières. Cela faisant suite à la hausse des accidents sur nos routes qui coûtent Rs 6 milliards par an au pays et ont fait 739 morts et 2 575 blessés entre 2010 et 2014. Le PM a souligné l’importance de la formation des conducteurs, car 95 % de ces accidents sont, selon lui, associés à des erreurs humaines. « Nous continuerons à installer des caméras pour que l’île entière soit couverte dans les années à venir ».