SEISME: le risque sismique pourrait être réévalué sur la Côte Est américaine

Le séisme très inhabituel qui a secoué la côte Est des Etats-Unis mardi va amener à renforcer la surveillance dans la zone de son épicentre, en Virginie, et pourrait conduire à considérer cette région comme présentant un risque sismique plus sérieux qu'estimé jusqu'à présent, selon des sismologues.

"Ce qui est arrivé aujourd'hui --avec un tremblement de terre de magnitude 5,8 -- va probablement changer l'estimation du risque sismique sur la côte-est du pays" aujourd'hui considérée comme peu élevé, estime David Schwartz, un géologue de l'Institut de géophysique américain (USGS).

Déjà des équipes ont installé une batterie d'instruments pour surveiller et mesurer comment la faille géologique responsable de cette secousse et la croûte terrestre se meuvent, explique à l'AFP l'expert, basé dans la région de San Francisco (Californie, ouest).

L'USGS pourra ainsi mesurer plus précisément les répliques attendues, généralement de moindre puissance. Ce séisme pourrait aussi annoncer un tremblement de terre plus important, une probabilité estimée à 5%, par les sismologues.

"Ce que nous avons appris du séisme de mardi sera largement applicable à la perception du risque sismique sur la Côte Est", une zone à forte densité de population, ajoute-t-il.

Ces informations "pourraient contribuer à des changements dans les normes de construction des nouveaux immeubles", estime David Schwartz.

Si le risque de tremblement de terre sur la côte est américaine reste nettement moins grand que sur la côte ouest et notamment en Californie "les effets sont très différents", relève ce géologue.

La croûte terrestre dans l'est est beaucoup plus ancienne, plus froide et dense que dans l'ouest faisant que les ondes sismiques s'y propagent plus aisément, explique-t-il.

Ainsi un séisme de magnitude 5,8 sur la côte-est est ressenti dans une zone beaucoup plus vaste qu'en Californie et "peut provoquer potentiellement plus de dégâts, d'autant que les immeubles et les infrastructures ne sont pas construits selon des normes leur permettant de résister à des tremblements de terre puissants, poursuit le géologue.

"Si la magnitude du séisme de mardi avait été de 6,8 au lieu de 5,8 les conséquences auraient été très différentes", imagine-t-il.

Très peu de dégâts ont été signalé mardi et ils ont été limités à la zone proche de l'épicentre.

Pour Tom Brocher, directeur du centre de recherche sismique à l'Institut américain de géophysique, ce tremblement de terre "est scientifiquement très intéressant vu qu'il n'y en a relativement peu dans l'est américain".

De ce fait, "le séisme de mardi va fournir aux scientifiques et ingénieurs des informations sur l'intensité des secousses qu'on peut anticiper lors de futurs tremblement de terre dans cette région", explique-t-il à l'AFP.

En Californie, vu le plus grand nombre de séisme, les scientifiques ont davantage d'informations pour prévoir et estimer le risque, dit le géologue.

Sur la côte est, "le séisme va fournir plus de données concernant l'impact des secousses sur les infrastructures, les constructions, le sol et les glissements de terrain", précise Tom Brocher qui prévoit davantage de tremblement de terre dans l'est américain au cours des cent prochaines années.

Il fonde cette prédiction sur le fait que dans cette partie des Etats-Unis plusieurs séismes se sont produits dans le passé dont le plus grave, de magnitude 7,3, a détruit Charleston en Caroline du Sud en 1886, faisant 60 morts.

La Virginie avait connu auparavant un tremblement de terre de puissance comparable, 5,9, en 1897. La région où s'est situé l'épicentre du séisme de mardi était déjà considérée comme une zone avec un risque sismique légèrement plus grand, souligne ce géologue.