Une réunion consultative des membres chargés de la préparation de la feuille de route (“Blueprint”) pour le secteur des services financiers s’est tenue hier à l’hôtel Hilton, Wolmar, Flic-en-Flac, en présence du ministre des Services Financiers et de la Bonne gouvernance Sudhir Sesungkur et de James Shipton, directeur exécutif du Program on International Financial Systems de l’Harward Law School. Cette rencontre, qualifiée d’historique par le ministre, a été l’occasion pour ce dernier de réaffirmer la volonté des autorités d’oeuvrer pour le maintien de la réputation de Maurice en tant que centre financier de réputation internationale. Une ébauche du “Blueprint” devrait, selon les milieux concernés, être prêt début décembre.
Plusieurs acteurs du secteur des services financiers ont participé à cette réunion de travail inaugural. Parmi eux on retrouvait les membres du principal comité responsable de l’élaboration de cette feuille de route (voir les noms plus loin), des gestionnaires de fonds, des opérateurs du Global Business et des officiels de différents ministères. Le ministre des Services financiers devait indiquer, dans son allocution d’ouverture, que l’exercice qui a démarré officiellement hier est « très important pour l’avenir de notre centre financier ». Après avoir rappelé les débuts modestes du secteur du Global Business dans les années 90’ et l’intensification graduelle des activités, avec pour appui le traité de non-double imposition avec l’Inde, Sudhir Sesungkur a soutenu que « le moment est venu » pour que les acteurs de l’industrie se penchent sur son devenir « eu égard à la compétition féroce venant d’autres centres financiers ».
Pour le ministre, outre les mesures et projets à mettre en place pour l’accélération des activités tournées vers le marché africain, le centre financier mauricien se doit d’avoir une stratégie pour conforter sa position sur le marché indien. « L’Inde est une économie émergente. Nous avons d’excellentes relations avec le gouvernement et le peuple indien. Il nous faudra penser à une dynamisation de notre coopération avec l’Inde », a déclaré Sushir Sesungkur qui, dans la foulée, a annoncé que les discussions sur le CECPA (Comprehensive Economic Cooperation and Preferential Agreement) avec l’Inde sont « en bonne voie » et qu’il est « très probable » qu’un accord soit conclu avant fin 2017. Le ministre a également fait comprendre que la Chine doit aussi faire partie de la stratégie mauricienne de développement des services financiers. « On ne peut exclure la Chine, qui est en train d’approfondir ses relations d’affaires avec le continent africain, y effectuant des investissements colossaux », a soutenu le ministre. Ce dernier a indiqué que des négociations sont en cours avec les Chinois en vue de la signature d’un accord de libre-échange, qui pourrait intervenir dans quelques mois.
Sudhir Sesungkur a, dans un autre ordre d’idées, réaffirmé qu’il est « primordial » de protéger la réputation de la juridiction mauricienne. « La crédibilité de notre juridiction est un facteur clé pour que nous puissions continuer à attirer plus d’investissements et des acteurs de premier plan du secteur financier », a-t-il dit, avant de faire comprendre que la Financial Services Commission, le régulateur du secteur, aura « un rôle important à jouer » pour assurer que le centre financier soit « investor-friendly ».
Présidé par Harvesh Seegolam, Chief Executive de la FSC, le comité de travail sur le “Blueprint” focalisera son attention sur trois aspects importants, soit le cadre régulatoire du secteur des services financiers, les activités entreprises dans ce secteur et les questions d’ordre fiscal. Le comité pourra, selon les milieux concernés, s’appuyer sur les observations et propositions faites lors d’un atelier de travail tenu en début d’année à Ébène et engager des discussions en profondeur sur la voie à suivre. Des sous-comités de travail seront constitués pour étudier les différents enjeux dans les sous-secteurs d’activités du secteur des services financiers.