SHAKEEL MOHAMED, DÉPUTÉ TRAVAILLISTE : « Pour qu’il y ait évolution, il faut une profonde remise en question »

Le Mauricien accueille le bouillant parlementaire travailliste Shakeel Mohamed, député de la circonscription de Port-Louis Maritime-Port-Louis Est (N° 3). Il évoque ses débuts et ses motivations en politique, mais surtout son profond désir « d’une rupture d’avec le présent système politique qui nous empoisonne ». Pour ce faire, il énumère certains éléments nécessaires à cette rupture.

Qu’est-ce qui vous a poussé à entrer en politique ?
Dès ma plus tendre enfance, j’ai toujours vu des gens venir demander un coup de main à mon père. Ils venaient lui expliquer leurs problèmes et mon père leur répondait immanquablement « less mo gete ki mo kapav fer pou ou ». Je me souviens également que c’était la même chose avec mon grand-père, feu sir Razack Mohamed. Il y avait beaucoup de gens et même des étrangers, voire des ministres, dont SSR, qui venaient à la maison. Dans les conversations j’entendais toujours parler de ce qu’il fallait faire pour le pays, pour la population. C’est une chance que j’ai eue d’entendre ces bribes de conversations. Et c’est ainsi qu’est née en moi petit à petit cette envie grandissante d’aider.
J’ai aussi vu papa ne pas avoir peur d’exprimer son point de vue. J’ai entendu grand-père le faire également. C’est dans cet esprit que mes parents m’ont élevé — ne jamais avoir peur d’exprimer son point de vue, de ne pas faire pour soi mais pour les autres.
De ma mère, j’ai appris à sourire, car elle pense que je ne souris pas assez (rire). D’elle, j’ai également appris à ouvrir mon cœur aux autres. J’ai été inspiré par mon père, ma mère et mon grand-père. J’ai également été témoin durant mes études en Angleterre de grandes manifestations d’une part contre la poll tax imposée par Margaret Thatcher, et d’autre part contre la répression syndicale.
S’il est vrai qu’on peut réaliser tout cela sans faire de la politique, il est également vrai que j’ai choisi la politique tout simplement à cause de ce que j’ai vu et vécu durant mon enfance et durant mes années d’études. Comment pouvais-je ne pas aller écouter les orateurs au Speakers’ Corner à Hyde Park, moi qui prenais part aux débats intercollèges et pour qui la liberté de s’exprimer est primordiale ?

Comment avez-vous commencé cette carrière politique ?
Contrairement à ce que pourraient penser certains, j’ai commencé au MSM et non au PTr. Le PTr ne voulait pas de moi. C’était la grande alliance MMM-PTr en 1995, à l’époque des Razack Peeroo, Siddick Chady, Vasant Bunwaree, Arvin Boolell etc.… J’avais 26 ans et j’avais contacté Navin Ramgoolam pour être proche du PTr et apprendre la chose politique. Mais le PTr m’avait rejeté !

Mais qu’est-ce qui s’est passé après ?
Navin Ramgoolam m’a personnellement appris cela par la suite : à chaque fois que quelqu’un de la famille Mohamed s’approchait du PTr, l’establishment du parti trouvait toujours un problème. C’était comme ça pour Razack Mohamed au moment de l’alliance avec SSR. L’histoire s’était répétée dans mon cas. Ce jeune de 26 ans que j’étais est alors passé au MSM.

Comment donc vous êtes-vous retrouvé au PTr ?
C’est Navin Ramgoolam qui m’a appelé. Je suis même passé en amont par le Comité d’Action Mauricien (CAM) parce que je voulais avoir mon indépendance. Je voulais être candidat à Plaine-Verte et j’ai changé le nom du parti de grand-père de Comité d’Action Musulman en Comité d’Action Mauricien. Steeve Carpenen était candidat avec moi au N° 3. Je pense avoir réussi à empêcher le PTr à avoir 3/0, car c’est ce que les rouges allaient gagner. J’ai divisé les votes. En 2000 Navin m’a appelé et m’a dit : « Your place is here ! »

Vous êtes de la génération MMM. Comment avez-vous fait pour échapper à l’attrait des mauves ?
Je me souviens qu’en 1993, je retournais à Maurice comme avocat et j’allais à l’Hôtel Europa, Curepipe, écouter Paul Bérenger. J’avoue que j’étais impressionné par ses qualités d’orateur et par son incroyable pouvoir de persuasion. Mais je me souviens également des attaques (pour des raisons politiques) de Paul Bérenger contre ma personne. Certes les choses se sont arrangées entre nous depuis. Mais c’est comme au foot.
Chez moi, mes amis et ma famille gravitent tous autour du PTr. D’ailleurs, Navin Ramgoolam est un proche de la famille avec qui je discutais politique quand j’étais étudiant et lui pas encore politicien. Par ailleurs, je n’avais aucune affinité avec Paul Bérenger. Mais j’allais quand même écouter ses discours, car j’aimais ça.

Tout le monde se plaint du manque d’engagement des jeunes en politique, alors qu’un renouveau est souhaité. Mais pour cela, encore faut-il avoir des jeunes. Pourquoi les jeunes dédaignent-ils la politique ?
Je pense que le système politique actuel n’apporte pas de solutions concrètes aux problèmes réels que rencontrent les Mauriciens au quotidien. Le jeune Mauricien ne se retrouve plus dans le système actuel. D’abord, dès son plus jeune âge, il réalise très tôt que notre système éducatif est discriminatoire. S’il habite les villes, il bénéficie des meilleures écoles, d’infrastructures scolaires, d’enseignants. Les citadins jouissent de facilités qui manquent aux villageois. Ceux-ci commencent donc leur vie civique avec un handicap. Et c’est le présent système politique qui engendre cela.
Puis, parce que le gouvernement encourage les gens à aller à l’université. Et ils se rendent compte qu’une fois formés, ils n’ont pas de boulot, car le gouvernement a oublié de leur dire dans quel créneau il faut étudier. Par conséquent, voilà des pilotes et des médecins qui se retrouvent à exercer dans des centres d’appel.
En outre, alors qu’ils travaillent, les jeunes se rendent compte que la communauté et l’ethnie sont très importantes pour obtenir ne serait-ce qu’une simple promotion. Ils réalisent qu’ils doivent avoir une connexion avec celui qui est au pouvoir, qu’ils doivent provenir du milieu religieux, social et ethnique approprié.
Dans ce système, la méritocratie n’existe pas, même si on a tous une présomption qu’il y en a une. L’affaire Sumputh, le népotisme qu’on a avec les pouvoirs délégués de la Public Service Commission (PSC) doivent, entre autres, achever de nous en convaincre. De toute évidence, même la corruption est désormais déléguée.
Les jeunes voient que les ministres et leurs conseillers voyagent avec des per diem de malade, alors qu’ils touchent un salaire de misère et que leur pouvoir d’achat diminue de mois en mois et qu’il leur semble impossible de pouvoir un jour s’acheter une maison. Les riches deviennent clairement plus riches et les pauvres deviennent plus nombreux, malgré tous leurs efforts.
Voilà pourquoi le jeune est dégoûté ! Qu’il n’a plus confiance dans la politique qu’il tient responsable de ses malheurs. Pour être admis dans une école, pour subir une opération à l’hôpital, et ainsi de suite, il lui faut connaître un politicien. On lui fait une faveur, alors qu’il sait que c’est son droit.
Voilà pourquoi j’ai commencé dans le parti et avec le leader à parler de la nécessité d’une rupture. Les jeunes et les indécis, qui sont plus de 50 %, ne se reconnaissent plus dans le système actuel. Pour ajouter à ce dégoût, il y a également cette facilité avec laquelle les politiciens élus agissent comme si le pays leur appartient et qu’ils peuvent en disposer comme ils veulent ! Ils nomment les membres de leur famille — le ministre Gayan qui sort cette connerie qu’ils n’ont jamais dit qu’il ne peut y avoir de la méritocratie partout ! Comment voulez-vous que les jeunes ne soient pas dégoûtés de la politique ?

Vous êtes à votre 3e mandat en tant que député. Qu’est-ce que cela implique personnellement d’occuper un tel poste ?
J’ai eu l’honneur d’être député au N° 13 (Rivière-des-Anguilles/Souillac) et maintenant je suis au N° 3 (Port-Louis Maritime/Port-Louis Est). Être député implique un devoir permanent d’être à l’écoute de ses mandants et de la population en général. Une responsabilité d’être accessible en toute heure du jour ou de la nuit, parfois même si vous êtes à l’étranger. Cela implique également une très grande compréhension de la part de mon épouse et de mes enfants, sinon je ne peux pas fonctionner. Ce qui veut dire aussi moins de temps pour la famille, pour mes parents.
Si j’ai choisi d’être au service de la population, je choisis en revanche de maximiser la qualité du temps que je passe avec mes proches.

Pourtant, les mandants, en général, se plaignent toujours qu’ils ne voient jamais leur député… « Apre eleksion, depite disparet », disent-ils, alors que le député jure qu’il est « sur le terrain » dans leur circonscription… Comment expliquer cette frustration des mandants ?
J’estime que c’est une frustration tout à fait normale, parce que c’est le député lui-même qui la provoque. Si un député dit à un électeur « votez pour moi, et une fois au gouvernement je vais vous assurer un emploi », manifestement il ment, parce que légalement il ne peut pas faire ça ! Il a créé une très forte attente chez ce mandant. Pas étonnant que celui-ci attende que le député respecte toutes les promesses qu’il a faites durant la campagne électorale.
Il est vrai aussi que quand on est dans l’opposition — c’est la première fois que je suis dans l’opposition — le travail est beaucoup plus facile, car il y a peu d’attente chez le mandant. Par contre, la présence reste nécessaire. C’est pourquoi j’ouvre la semaine prochaine dans ma circonscription un bureau qui sera mis à la disposition des gens de l’endroit.

En tant que Chef de file du PTr à l’Assemblée nationale, comment vivez-vous, avec vos trois autres collègues parlementaires rouges, ce paradoxe où, tout jeunes que vous êtes, vous portez la parole de vos aînés du parti ? Alors même que vous aussi vous avez des ambitions personnelles.
Je réalise d’abord que c’est très difficile pour moi de me retrouver au Parlement sans ces camarades de parti avec lesquels j’avais l’habitude de siéger dans l’hémicycle. Je me retrouve sans ces camarades, mais avec trois nouveaux élus du parti. J’ai beaucoup appris de mes deux précédents mandats. Je puise notre force parlementaire de mon vécu avec mes anciens camarades. Entre-temps, j’ai appris à connaître mes trois jeunes collègues parlementaires rouges. Et vice-versa. On a réussi à développer une relation de confiance, un esprit d’équipe formidable. Cela augure de belles choses pour l’avenir de notre démocratie.

Comment vivez-vous cette polémique entourant les diverses déclarations des uns et des autres sur le leadership du PTr, avec d’un côté ceux qui disent que les vieux doivent faire la place aux jeunes ?
C’est moi-même qui avais commencé cette discussion en 2015. J’appartenais à ce camp parce que je pensais alors qu’il fallait un remède de cheval. Mais j’ai graduellement réalisé que ce n’est pas mon opinion seule qui compte. Je voulais certes lancer un débat. Mais quand j’ai vu les choses sur le terrain, j’ai réalisé (la maturité aidant, à la veille de mes 50 ans l’année prochaine) que l’on peut commettre une erreur quand on parle de leadership ou de ceux qui devraient administrer leur parti. J’estime que résumer le débat à un individu, c’est refuser de comprendre et changer le fond du problème. Imaginons un scénario où l’on vire tous les aînés du parti, que les jeunes prennent la barre. Mais que le système reste le même que celui qui date depuis 1968, soit 50 de cela ans. Rien ne va changer. On aura les mêmes problèmes parce qu’on n’aura rien changé dans la façon de gérer le pays.
Penser que le changement de leadership du parti va changer quelque chose ou ramener quelque chose de révolutionnaire, c’est mal connaître le système qui nous empoisonne. Changer pour changer, le leadership doit changer pour dire : « Voilà, durant les premiers 50 ans de l’indépendance de notre pays, on a roulé avec un système. Désormais, je veux changer le système radicalement ». Un nouveau départ, une rupture. C’est ça qui va amener le changement ! Pour qu’il y ait évolution il faut une profonde remise en question.

Justement, dans ce contexte, que vous inspire l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française ?
J’ai suivi attentivement cette campagne électorale. L’élection de Macron n’est pas la victoire d’un homme, c’est celle d’un mouvement. Les électeurs ont été sensibles aux messages d’En Marche. Ce mouvement ne portait pas le nom de Macron. C’est un mouvement qui a fait basculer la France vers un renouveau. J’aimerais bien voir la même chose à Maurice. L’individu ne compte pas, mais la personne à la tête de ce mouvement doit comprendre la nécessité de ce mouvement : une rupture d’avec le passé. Mais Emmanuel Macron ne représente pas le changement. Il est celui qui a compris la nécessité de changer et la soif de changement des Français. C’est ainsi que Macron a amené avec lui la France, car sans la France qui le suit, Macron ne peut rien faire. De même, sans l’adhésion des Mauriciens et des Mauriciennes, aucun mouvement ne pourra s’enclencher.
Le leader politique qui va gagner les prochaines élections à Maurice, c’est celui qui va comprendre la nécessité de ce mouvement pour un changement radical du système et qui cristallisera ce mouvement. Il y a tellement de sujets sur lesquels la nation mauricienne doit réfléchir, analyser et débattre. L’élimination du poste de vice-président de la République, la nomination de hauts cadres et de conseillers de façon transparente par une commission parlementaire mixte, le droit de vote aux Mauriciens de la diaspora (car on ne peut leur demander de donner un coup de main au pays, sans qu’ils aient voix au chapitre) pourraient être un mouvement dans la bonne direction. Ouvrons le débat : pourquoi l’enfant d’une famille aisée doit-il continuer à voyager gratuitement dans un autobus ? Pourquoi l’enfant d’une famille aisée doit-il lui aussi bénéficier de l’éducation gratuite ? Pourquoi un laboureur ou un artisan doit-il se contenter que de Rs 5 000 comme retraite, une somme dérisoire. J’estime que fondamentalement celui qui a moins doit pouvoir vivre décemment avec sa pension et celui qui possède doit contribuer pour le financement de sa pension. Est-ce qu’il y a une distribution équitable de la richesse que produisent les Mauriciens ? J’aimerais voir un salaire minimal de Rs 13 000, ce qui implique que le retraité aussi doit avoir une pension de Rs 13 000. C’est possible pour autant qu’on se défasse de tout ce qui nous emprisonne comme idées et système du passé. N’est-il pas temps d’avoir des « mission based civil servants ». On doit pouvoir recruter des compétences pour des contrats spécifiques à durée déterminée dans la fonction publique comme en Nouvelle Zélande, en Australie, ou en Angleterre.
Il est dommage qu’à Maurice on ne procède pas à des changements fondamentaux parce qu’on craint le prix politique à payer. Quand on touche à la fonction publique, il y a un prix politique à payer ! On parle de la réforme des pensions, il y a une retombée politique à payer. Mais qui pense à la viabilité du pays ? Voilà pourquoi on a que des réformes ponctuelles à Maurice et rien en profondeur.

Qu’est-ce que cela fait d’être expulsé de l’Assemblée nationale ?
La dernière fois, je n’étais pas content. En partant je n’ai pas rouspété. Je suis parti en saluant la Speaker en signe de respect. Il est important d’avoir du respect pour une institution. Par la suite, j’ai écrit à la Speaker pour lui demander de me laisser entrer et je lui ai même parlé au téléphone pour lui dire que j’allais lui présenter des excuses, sans condition. Elle a dit non.
Pour moi, c’est cela qui est frustrant : une Speaker qui est clairement partisane et qui ne peut se défaire de son manteau du MSM. Même si elle fait l’effort, elle n’y arrive pas. Elle a passé sa vie dans la chose politique et elle n’arrive pas à s’en détacher. Certains, à l’instar de Kailash Purryag, Razack Peeroo, ont été justes, mais Mme Hanoomanjee n’y arrive pas, malgré ses efforts. C’est triste, mais c’est comme ça. On a tous nos faiblesses.

Et vos sentiments concernant la fermeture du parlement…
C’est du jamais vu. Mais certains diront que Navin Ramgoolam a fermé l’Assemblée nationale pendant neuf mois. Jugnauth aussi a fermé le parlement. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, mais laissons le passé au passé et tournons-nous vers l’avenir.
Voilà pourquoi j’ai proposé des amendements immédiats des Standing Orders pour donner plus de pouvoir au Speaker pour qu’il soit indépendant de l’Exécutive, pour son salaire et ses privilèges. Comme en Angleterre où l’Exécutive ne peut virer un Speaker. Sir Anerood avait amendé les Standing Orders dans les années 1990 pour virer Ajay Daby, le Speaker d’alors. Il faut assurer l’indépendance de cette institution. Il faut aussi légiférer pour qu’on ne puisse nommer un candidat battu Speaker. Cela pose problème.
Je préconise aussi deux sessions parlementaires par semaine ; un jour pour les questions parlementaires, un autre jour pour les débats.

Et cela nous mène à cette fameuse rupture que vous souhaitez…
Il y a un gouffre entre les politiciens et la jeunesse… Mais il faut pouvoir surfer sur le dynamisme de cette jeunesse. Cette rupture avec un système archaïque est nécessaire. L’objectif étant de redonner confiance à la jeunesse et à la population en général.
Pour cela, on doit limiter le mandat d’un Premier ministre à deux. Cela va permettre aux jeunes de voir ce renouvellement de la classe politique que nous souhaitons tous. Il faut aussi un débat pour réduire le nombre de ministres.
Ce que je dis n’engage que moi : le chef de l’État doit être un président de la République élu au suffrage universel, sans les contraintes des délimitations de circonscription qui comprend un élément de l’ethnicité. C’est le peuple mauricien dans son ensemble qui votera pour un chef d’État.
D’autre part on ne peut continuer à traiter la jeunesse dans un ministère de seconde zone. La jeunesse doit être une composante de l’action gouvernementale qui coupe à travers tous les ministères : finances, éducation, l’environnement, l’emploi, la santé, les technologies de l’information, la culture, la pêche, la formation. Je souhaite voir au PMO un comité permanent composé de jeunes âgés de 18 à 25 ans pour s’assurer que chaque « policy decision » comporte une étude sur son impact sur la jeunesse (Youth Impact Assessment). Car il y va de notre avenir commun. On ne peut limiter la jeunesse aux sports et aux loisirs. C’est réducteur et démotivant. Pourquoi ne pas ouvrir aux jeunes formés la possibilité d’être nommés ambassadeurs ? Si l’on a eu le concept de démocratisation de l’économie, il nous faut maintenant un concept de « démocratisation des opportunités », ce qui ouvrira des perspectives nouvelles pour les jeunes. Parce qu’ils habitent hors de villes, de très nombreux jeunes sont privés de quantités d’opportunités et doivent par exemple voyager vers les villes pour avoir accès à un emploi.
Dans le domaine de la taxe, pourquoi une PME doit-elle payer la TVA à 15 %. Quand aurons-nous un plan logement gratuit pour ceux qui n’ont aucun revenu ? Actuellement, ceux qui ne travaillent pas ne peuvent prétendre à un logement social. C’est injuste.
En somme, la rupture c’est de faire du politicien un facilitateur et non un tout-puissant vers lequel on doit se tourner pour faire respecter nos droits. Je rêve d’une charte du citoyen, qui stipule les droits du citoyen et qui prévoit des dommages pour les citoyens lésés par les carences du système. Il faut responsabiliser l’État.