Shirley Marie, âgée de 42 ans et habitante de Bonne-Mère, était une bonne à tout faire. Grâce à sa passion pour l’artisanat, sa détermination de se faire un nom dans le monde de l’entreprenariat et sa persévérance, elle est aujourd’hui une femme entrepreneur. Mais ce n’est pas son ultime but. Elle aspire à devenir chef d’entreprise. Pour cela, elle est prête à aller jusqu’au bout. 

Rencontre.

Dans sa modeste maison à Bonne-Mère, un petit village non loin de Flacq, Shirley Marie est installée confortablement dans son sofa. Elle est prête à faire le récit de son parcours. Timide et humble, elle mène une vie en toute simplicité. « Vous savez, je travaillais autrefois comme bonne à tout faire. J’avais besoin de travailler pour arrondir les fins de mois. Par la suite, j’ai pris de l’emploi comme baby-sitter dans un hôtel, où j’ai travaillé pendant sept longues années. Mais l’artisanat est quelque chose qui fait partie de moi depuis toujours. J’ai toujours aimé confectionner des petits objets artisanaux. D’ailleurs, je le faisais à mes heures perdues mais je n’avais jamais pensé de faire de ma passion un métier », confie Shirley.

C’est grâce à l’encouragement et la motivation d’un client d’hôtel, que Shirley côtoyait souvent, qu’elle décide de donner vie à sa passion. « J’ai alors réalisé que je pouvais utiliser mes compétences pour me lancer dans un métier à domicile. Ainsi, je me suis inscrite au National Women Entrepreneur Council (NWEC), à Phoenix, pour bénéficier de toutes les facilités disponibles pour les aspirantes femmes entrepreneurs. J’ai commencé à suivre des formations en artisanat dans un centre, dans le village de Saint-Julien. J’ai commencé par des objets à base de rotin Petit à petit, je me suis inscrite à plusieurs autres centres, où j’ai appris les différentes techniques d’artisanat, comme la confection des bracelets en pierre, la broderie, la confection des objets en utilisant des cordes en jute, la fabrication des porte-clés macramé ou en pierre, entre autres. J’ai aussi beaucoup appris en observant les autres femmes entrepreneurs. J’apprenais non seulement de leur succès mais de leurs erreurs également. J’ai aussi suivi une formation en leadership, avec l’objectif de pouvoir devenir cheffe d’entreprise à l’avenir, ainsi savoir comment gérer un commerce ou une entreprise », nous dit Shirley.

Parallèlement à sa formation, la jeune femme entrepreneuse confectionnait des petits objets artisanaux chez elle, pour les vendre à des personnes de son entourage. « Je recevais des parents d’élèves qui étaient à la recherche d’un présent pour les enseignants de leurs petits, à un prix abordables. C’est ainsi qu’a commencé mon aventure. De bouche à l’oreille, la nouvelle s’est répandue et mes produits étaient en demande », relate-t-elle.
La jeune femme entrepreneuse fait l’acquisition de toutes ces matières premières à Port-Louis. Elle devait même transformer une chambre dans son atelier pour travailler. Elle nous y conduit. « C’est mon atelier. A ce jour, je reçois rarement de grandes commandes. Donc, cette petite chambre est idéale pour travailler. Par contre, je souhaite bien agrandir mon commerce et pourquoi ne pas monter une entreprise et employer deux à trois personnes », dira Shirley. 

Artisane à plein-temps
Afin de promouvoir ses produits, Shirley a participé à plusieurs foires à travers le pays, organisées par les autorités concernées. « J’ai exposé et vendu plusieurs de mes produits dans les foires. Et à ma grande surprise, mes produits ont été bien appréciés. Cette année marque la quatrième année depuis que je me suis lancée dans l’entreprenariat. Et je dois dire que mon petit commerce fonctionne très bien. A ce stade, je n’ai pas créé d’entreprise mais je projette de le faire une fois mon commerce devient stable », dit-elle.
Shirley exerce actuellement à plein-temps chez une fleuriste. L’artisanat est un métier qu’elle pratique après ses heures de travail ou à ses heures perdues. « Je continue à travailler pour contribuer aux dépenses du ménage. Avec les produits que je fabrique, je perçois un revenu additionnel. Mais je veux bien que l’artisanat devienne mon métier à plein-temps », souligne-t-elle. Et d’ajouter que ses produits sont confectionnés de manière à satisfaire tous les goûts et tous les âges.

Selon Shirley, le métier d’artisane comporte de nombreux avantages et désavantages. « L’artisanat nous permet de vivre pleinement notre passion pour la confection des objets. Je confectionne des bijoux, notamment chaînes, boucles d’oreilles et bracelets à base de pierre. Je les confectionne selon la demande et le goût de mes clients. Je confectionne également des écrins et des porte-plume à base de cordes de jute. J’ai autrefois confectionné des poupées à base de rotin. Et cela me fait grand plaisir de voir le sourire sur le visage de mes clients en recevant leur commande », dit-elle.

Parallèlement, le métier d’artisane a de nombreux inconvénients. « Les genres d’objets que je fabrique ne se vendent pas tout au long de l’année. J’ai constaté que c’était uniquement en période de fête que ce genre de produits sont très demandés, particulièrement en décembre. De plus, je vise des entreprises pour recevoir de grandes commandes. Toutefois, ce n’est pas si facile. À ce jour, je n’en ai reçu qu’une. Et généralement, les entreprises ne vont commander qu’une ou deux fois par an », fait-elle ressortir.

Projets d’avenir
Shirley travaille actuellement sur des bracelets confectionnés à partir des pierres semi-précieuses. Ces pierres émettent des ondes positives, qui sont idéales pour les personnes qui pratiquent la méditation ou le yoga, explique-t-elle. « Un instructeur de yoga m’a proposé de produire un certain nombre de bracelets qu’elle vendra avec ses clients », dit-elle.

Par ailleurs, Shirley aura l’occasion d’exposer et de vendre ses produits artisanaux dans un hôtel en construction dans l’Ouest. « C’est la première fois que mes produits auront la possibilité d’atteindre le marché touristique. Si ce projet aboutit, mon commerce prendra de l’envol, car je n’aurais plus besoin de me fier aux commandes. Ainsi, les revenus seront plus réguliers », précise-t-elle.

Shirley souhaite apprendre le macramé. Son objectif est de confectionner des objets de décor pour l’intérieur. « J’ai entamé des recherches sur le macramé et les types de produits qu’on peut fabriquer. Actuellement, j’apprends à natter. J’espère pouvoir offrir des produits macramé à mes clients et aux touristes », soutient Shirley.

Enfin, Shirley confie que devenir femme entrepreneuse a complètement changé sa personnalité. « Depuis que je suis devenue femme entrepreneure, je me sens plus épanouie. Autrefois, je ne rencontrais pas beaucoup de gens mais aujourd’hui, je me sens très à l’aise même dans une foule. J’ai gagné beaucoup plus de confiance en moi-même », souligne Shirley.