SHOW-BUSINESS : L’autre face de la célébrité

Si la notoriété flatte l’ego et le portefeuille, l’univers du show-biz apporte également son lot d’inconvénients et de déconvenues. Sollicités en permanence par les fans, ils sont prompts à être victimes de leur propre succès qui les prive d’une vie privée ou simplement de liberté. Leurs moindres faux pas sont passés à la loupe alors qu’on les critique à tout va, parfois sans fondement. Quelques artistes et personnalités en parlent.
La célébrité a son revers. Pour preuve, la récente histoire qui a mis à mal la réputation de Mr Love où ses histoires personnelles et même une photo privée ont fait le tour des réseaux sociaux où l’artiste et les siens ont été copieusement lynchés par le public. Certainement, si l’affaire concernait un citoyen lambda, elle n’aurait pas suscité autant de réactions. “C’est parce que je m’appelle Mr Love que ça a pris cette dimension. Ils ont tenté de détruire mon image et ma personnalité publique. Se sirtou bann ti lespri, bann ki pena lintelizans kinn azir koum sa. Dans ces moments on note qu’il y a toujours ceux qui veulent envenimer les choses qui viendront rajouter leur part. Ils ont oublié que c’est la vie d’un être humain qui est en jeu. De telles affaires peuvent conduire jusqu’au suicide.”

Chante-moi un morceau.
Pour plusieurs acteurs du show-business, le plus gros inconvénient est sans doute cette lumière braquée sur eux en dehors de la scène et qui ne s’éteint jamais. Les sorties peuvent vite se transformer en émeute surtout quand on est l’idole de beaucoup de jeunes comme le chanteur Bruno Raya. “Des fois quand tu sors en famille, j’ai des fans qui m’approchent pour un autographe, une photo ou simplement me parler. Mais tu comprends aussi l’effet que peut produire la notoriété. Avant que je n’aie une voiture, mes amis et moi faisions des virées sur Rose-Hill en bus. Mo bann kam dir mwa, twa Bruno pa kav sorti ar twa. En effet, une simple sortie qui doit prendre 15 à 20 minutes s’allonge toujours de presque une heure, car quand les fans me voyaient, on m’interpellait sans arrêt et le fait que je connais aussi beaucoup de monde n’arrangeait pas les choses. Quand je vais déposer ou récupérer mon petit à l’école maternelle, c’est la même chose. Les parents viennent te parler, les enfants t’appellent. Mais je prends tout cela positivement”, ajoute-t-il.
Dès qu’il voit son artiste préféré, le fan a souvent tendance à vouloir l’entendre chanter, ce qui n’est pas forcément au goût de celui-ci. “C’est lassant par moments quand les gens m’abordent n’importe où et surtout quand je ne le peux pas pour me demander de chanter une de mes chansons. Il y a une occasion pour tout. Des fois quand je suis en magasin avant d’avoir le produit que je dois acheter, on me demande de chanter pour l’avoir. C’est agaçant. Je suis comme tout le monde. Ça m’arrive de chanter quand j’ai le temps mais des fois je n’en ai pas envie. C’est dans ce cas précis qu’on me traitera de prétentieux”, confie-t-il.

Mauvaise réputation.
L’humoriste et animateur radio Sam Amigan confie vivre la même chose. “Si j’ai le malheur d’entrer dans un bus à la sortie de l’école, j’en prends pour mon grade. Bann la krie “Sam Amigan, Sam Amigan” pour m’encourager à faire une blague. Ce n’est pas toujours évident. On n’est pas tout le temps de bonne humeur”, dit-il. Il explique : “Il m’arrive même de sentir comme une colère dans ces situations. Mais j’évite de m’emporter et j’improvise une blague. Mo dir zot, si zot trouv David Beckham, eski zot pou dir li mett enn goal pou zot ?”
À ceux qui sont “timides” comme Gérard Louis, le qualificatif de prétentieux lui est souvent imputé par ses fans. “Je ne me considère pas comme étant célèbre. Toutefois, ce qui me dérange c’est que des fois les gens me jugent sans connaître et sans savoir. On dirait que je n’ai pas le droit d’avoir une vie. Même si sur scène, je ne me cache pas, en vrai je suis timide. Je suis très réservé dans la vie de tous les jours. Celui que l’on voit sur scène est différent du Gérard Louis de tous les jours. On confond souvent ma timidité pour de la prétention.”

Sandra al bazar ?
Il arrive également que les gens soient tellement fascinés par les célébrités qu’ils trouvent presque anormal que celles-ci s’adonnent aux mêmes activités que le commun des mortels. “Quand on me voit au marché, certains sont impressionnés de me voir acheter des légumes. Ils pensent qu’on est tout le temps dans une ambiance festive”, révèle Sandra Mayotte. Pour Sam Amigan, “il y a des endroits où je vais et où les gens m’observent avec l’air interloqué. A croire que parce que je suis connu je n’ai pas le droit d’y être.”
Certains se sentent obligés de répondre aux sollicitations pour ne pas déplaire. “Si je suis exaspérée par quelque chose, je ne le montre pas. Même si au fond de moi ça ne va pas, je ne montrerai jamais à la personne qui veut se faire prendre en photo avec moi que je vais mal. Je m’efforce de sourire. C’est la moindre des choses. La personne n’est pas au courant de ce que je vis. Je ne lui inflige pas cela”, confie Miselaine Duval-Vurden des Komiko.

Fais rire ma femme.
Sam Amigan est arrivé à un point où il doit éteindre son téléphone le soir pour ne pas se faire réveiller en pleine nuit pour des broutilles. “Ça m’est souvent arrivé d’être appelé à des heures tardives uniquement pour me demander de faire des blagues. Une fois, quelqu’un m’a appelé vers 23 heures. Il m’a dit, attend je te passe ma femme, fais la rigoler”, relate-t-il. Une anecdote qui peut faire sourire mais qui prive certaines célébrités de leur tranquillité.
Parfois, ces sollicitations arrivent aux pires moments. Miselaine Duval-Vurden se remémore un de ces instants. “J’étais devant une ambulance qui allait transporter un membre de ma famille pour se faire soigner. Des gens qui passaient par là m’ont salué et disait “hey tou korek”, pensant sûrement que j’étais en train de tourner une scène. Or, ce n’était pas le cas. J’ai tout simplement souri. J’ai dû cacher mes émotions car eux, ils ne savaient pas ce qui se passait.” Gérard Louis a vécu quelque chose d’assez ressemblant. “C’était urgent et très important pour ma famille. Je n’étais pas bien et j’avais sans doute la tête ailleurs. Un des patients me demande “ki ena de bon ?” J’avoue que là, c’était tout sauf le moment pour parler de musique.” Sandra Mayotte se souvient : “C’est embarrassant de parler de carrière, de musique par exemple dans un enterrement. Normalement, on est tous censés se recueillir durant les obsèques d’un proche. Même là, certains trouveront quelque chose à dire.”
Gérard Louis, lui, va plus loin en précisant que certaines personnes tentent de lui soutirer de l’argent. Le fait qu’il soit connu signifie pour elles qu’il a de l’argent plus qu’il n’en faut et qu’il peut ainsi en faire profiter autrui. “Si on me demande quelque chose et que je n’ai pas cette chose ou que je n’offre pas, on va mal le prendre. Quelqu’un m’a déjà sorti : “Gérard Louis pena ?” Ce n’est pas méchant mais peut-être qu’à ce moment-là, je n’étais pas en mesure.”

Jalousie.
Bruno Raya a aussi été bien souvent victime de sa renommée. “Tu as beaucoup de gens qui t’aiment, mais tu te fais aussi beaucoup d’ennemis, car beaucoup voudraient être à ma place mais n’arrive pas à l’être. Ils sont prêts à tout pour essayer de te discréditer, quitte à raconter des calomnies sur ton compte.” Et de poursuivre, “ena boukou rakont zistwar lor twa en fezan krwar ki zot mari konn twa. Ena dir Bruno Raya li droge, li parsi, li parla. Me kan li pa vre li vinn enn dezagreman. Se la zalouzi avek lipokrizi ki amenn sa.”


Finlay Salesse : “Il y a des auditeurs qui ne réalisent pas que je ne travaille pas 24/24.”
Les acteurs du show-biz ne sont pas les seuls à faire les frais de leur notoriété. Certaines personnalités connues dans d’autres domaines doivent également composer avec. Ce n’est pas Finlay Salesse, journaliste et animateur à Radio One, qui dira le contraire. “Il y a toute une partie très agréable. Le fait d’être reconnu ; qu’on s’empresse pour venir vous serrer la main ou pour faire des selfies avec la famille ; que les enfants veulent vous embrasser etc.… Je ne me suis jamais prévalu de cette situation pour passer avant quelqu’un dans une queue au cinéma ou au supermarché. Ou même ailleurs. En revanche les inconvénients sont à la hauteur de votre notoriété et du type d’émissions que vous présentez. Il y a des auditeurs qui ne réalisent pas que je ne travaille pas 24/24. Que je n’ai aucun mandat électif avec les contraintes qui vont avec ; qu’on ne débarque pas chez moi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit ; qu’on ne peut me déranger pendant que déjeune ou dine dans un endroit public pour me faire part d’une doléance au motif qu’on n’arrive pas à me voir au bureau (où quand même il y a trois assistants pour réceptionner les auditeurs). Bref, certains n’arrivent pas a comprendre qu’à l’impossible nul n’est tenu et qu’on ne peut arrêter un ordre de saisie à deux heures de son exécution ! Enfin cette “notoriété” donne aussi le sentiment à certains qu’on est obligé de leur rendre service et ce, dans un délai record. Mes assistants hélas se font souvent insulter pour cette raison.”


Neelam Sharma : “une admiratrice menaçait de tuer mon mari”
Neelam Sharma, animatrice à Radio Plus, a dû faire face à la fougue d’admirateurs, notamment à ses débuts alors qu’elle travaillait chez Radio One. Pendant très longtemps, une fidèle auditrice lui faisait du gringue. “Elle m’appelait alors que j’étais à l’antenne pour me die que j’étais très jolie, qu’elle avait un poster de moi dans sa chambre et que sa mère l’avait déchiré. Elle me disait qu’elle voulait être avec moi. Quand je lui ai dit que j’étais mariée, elle m’a dit qu’elle allait tuer mon mari. J’avais peur et j’ai arrêté de prendre ses appels. Elle a essayé de venir me voir à la radio par la suite mais on ne l’a pas laissée entrer.” Elle a également été confrontée à un admirateur un peu insistant lors de ses débuts. “Il y avait un monsieur qui venait s’asseoir à la réception tous les matins pour me parler et m’offrir des cadeaux. Il me disait que j’étais très belle. J’ai dû commencer à passer par la porte de derrière pour venir travailler afin de l’éviter.”