Les faits remontent au début de cette année. Enregistrée auprès d’une institution privée depuis septembre 2014, la jeune femme, à peine débarquée à Maurice, apprend qu’elle est séropositive alors qu’elle est loin des siens. Les autorités locales lui ont adressé une correspondance écrite peu de jours après, l’informant que sa demande de visa étudiant avait été refusée et qu’elle serait déportée dans une quinzaine de jours. La jeune femme, actuellement suivie par PILS, a fait une nouvelle fois appel au gouvernement mauricien pour que lui soit alloué, pour des raisons humanitaires, un permis exceptionnel pour pouvoir poursuivre ses études. L’ONG espère que cet appel recevra un avis favorable.
« Il n’y a aucune raison valable, ni aucune justification de santé publique pour refuser d’octroyer son permis de séjour étudiant à cette jeune camerounaise. Et cela s’applique pour tout autre étranger qui se retrouverait dans un cas similaire », déclare PILS. « Avec les avancées scientifiques et la médecine moderne aidant, tout malade du sida peut vivre normalement et il a été médicalement prouvé qu’un séropositif traité et suivi ne peut transmettre le virus à quelqu’un d’autre ». Toutefois, continue l’ONG, « le manque d’information et ce qui pourrait passer pour un manque d’intérêt de nos décideurs politiques sur cette question renvoient à la communauté internationale l’image d’un nouveau gouvernement qui fait fi des conventions internationales dont Maurice est signataire, telle que la Déclaration universelle des Droits de l’homme et la Déclaration politique sur le VIH/sida, adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2006 et 2011 ».
Faisant l’historique du cas de cette Camerounaise, PILS soutient qu’elle s’est enregistrée auprès d’une institution privée mauricienne en septembre 2014 pour y suivre une formation en Hospitality Management. « Avec les économies de ses parents et des prêts additionnels, elle a réussi à financer ses études et a atterri à Maurice le 27 janvier. Après s’être soumise à une série de tests médicaux, étape obligatoire pour l’obtention d’un visa étudiant, elle est testée positive au VIH. Elle l’a appris le 5 février ». PILS fait ressortir que cette étudiante a pris connaissance de sa séropositivité seule et loin de sa famille. « Et on lui apprend un peu après qu’elle pourrait être déportée vers le Cameroun. Elle a évidemment été très perturbée par cette situation ». Le 19 mars, la Camerounaise a en effet reçu une communication écrite du Passport and Immigration Office l’informant que sa demande de visa d’étudiant avait été rejetée et qu’elle serait déportée dans les 15 jours qui suivent.
Depuis 2009, PILS milite pour un changement de la loi sur l’immigration. L’actuelle Immigration Act stipule qu’aucun permis de résidence ne sera octroyé à toute personne vivant avec le VIH. « C’est inadmissible, d’autant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida et le haut-commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme se sont fortement opposés à de telles restrictions aux voyages liées au VIH. Michel Sidibé, directeur exécutif de l’ONUSIDA, avait fait un vibrant plaidoyer contre cette loi discriminatoire lors de sa visite à Maurice l’année dernière. Il est temps que le nouveau gouvernement mauricien s’engage à modifier nos lois pour accueillir tous les étudiants, travailleurs et investisseurs sans aucune distinction liée à leur statut sérologique. »