Mercredi dernier vers 15h50: le 4X4 de couleur blanche qui arrive de la rue Deschartes, au premier plan, tourne vers la gauche, à la rue Souillac vers Bell Village. Il s’apprête à emprunter le lane de gauche quand se présente devant lui un mini-van et deux motocyclistes. L’accident est évité de justesse alors que le policier accourt pour corriger l’erreur....

Qui a eu cette idée folle? Une question que tous les automobilistes transitant par la rue Deschartres, à Port-Louis, se posent depuis quelques jours. Alors que depuis cinq mois, après l’entrée en opération de l’autopont Decaën, les usagers de la route se sont habitués à circuler à partir des rues Brabant, Souillac, Lord Kitchener et John Kennedy sur les trois voies à sens unique, en direction de la place d’Armes, vers 15 h 30, chaque après-midi depuis quelques jours, les automobilistes sont invités à reprendre à l’envers une des trois voies de l’A1, depuis les rues Brabant et Souillac jusqu’à la rue d’Entrecasteaux. Un véritable contresens déroutant et dangereux.

Which is which? Un panneau indiquant l’interdiction
de tourner à gauche (1) et plus loin, son contraire
l’autorisation de tourner à gauche (2), sans compter
la confirmation du panneau “No Entry”(3)

Ainsi, les automobilistes arrivant de la rue Deschartres sont autorisés à tourner à gauche en direction de Bell Village. Un vrai cafouillage, même si un policier régule la circulation à ces heures. Week-End a pu témoigner en direct des risques d’accidents auxquels les autorités exposent les automobilistes, et cela même si des cônes ont été installés pour indiquer ce contresens. Les automobilistes venant  de Bell Village n’en sont pas pour autant avertis et passent sur cette voie au point pour certains de s’être retrouvés en face à face avec une voiture arrivant en sens inverse.

La probabilité d’un accident frontal entre un automobiliste sortant de la rue Deschartres et se dirigeant vers Bell Village et un automobiliste arrivant de Bell Village allant vers le centre de Port Louis est forte.

Des automobilistes se demandent comment et pourquoi les autorités ont pris une telle décision, sans aucune campagne médiatique pour prévenir les automobilistes de ce changement pour le moins aberrant. D’autant plus que, depuis l’entrée en opération de l’autopont Decaën, il n’y a pas eu de gros problèmes majeurs pour entrer et quitter la capitale.

Des panneaux contradictoires

Cette aberration est accompagnée par une autre qui poserait problème à la police et les assurances en cas d’accident. En effet, un panneau de signalisation est situé à quelques mètres des feux pour informer les automobilistes qu’ils peuvent tourner à gauche entre 15h30 et 18h du lundi au vendredi. Quelques dizaines de mètres en amont un autre panneau indique l’interdiction de tourner à gauche dans cette même voie. Tout cela est complété par un troisième panneau  indiquant un “No Entry” sans équivoque à l’angle de la rue Deschartres et de l’A1. Il y a de quoi vraiment perdre son latin.

En changeant la signalisation à certaines heures durant la semaine, c’est aussi  exposer d’autres automobilistes qui ont pris l’habitude de tourner à gauche à l’angle des rues Deschartres et A1, de développer le reflèxe de le faire à tout autre moment de la journée ou durant les week-ends. Faut-il un accident frontale pour que les autorités réalisent le contresens déroutant de cette mesure.

Dans tout ce galimatia, notons un autre non-sens : les feux synchronisés annoncés comme “la solution” pour décongestionner le trafic dans la capitale et ailleurs par les autorités, sont remplacés depuis quelques temps par des agents de circulation qui ‘overruled’ les feux automatiques avec pour objectif de justifier aux heures de pointe, cette voie “volée” de la route nationale pour quitter la capitale.

Dans tous les cas de figure, cette décision qui ressemble fort à du ‘trial & error’ est un contresens qui visiblement n’avait pas été envisagé au départ. Il serait judicieux de le retirer avnt que l’inévitable n’arrive…