Avant même d’avoir raccroché les étriers il y a environ cinq ans, l’idée de fonder sa propre écurie avait germé dans la tête de Simon Jones. L’Australo-Mauricien nous l’avait d’ailleurs confié en 2012, alors qu’il exerçait chez Raj Ramdin. C’est un Jones moins loquace que nous avons rencontré quelques jours avant que ne débute la saison 2016. Aujourd’hui, l’essentiel pour lui est qu’il pourra réaliser son rêve, car son business plan pour ouvrir une nouvelle écurie a été déclaré viable par les administrateurs. Une nouvelle aventure commence pour lui.
Les courses, c’est pratiquement toute sa vie. La carrière de Simon Jones débute à Sydney sous la férule de l’entraîneur Brian Mayfield alors qu’il est âgé de 14 ans. Il montera régulièrement à Brisbane et Adélaïde, et obtient sa licence de jockey à 23 ans. Une année plus tard, il vient tenter sa chance à Maurice pour le compte de l’écurie Fok. Il exercera également comme club jockey à Macau. Il revient en 1997 et après avoir convolé en justes noces avec une Mauricienne, il obtient la nationalité mauricienne en 2001. Ce qui lui permet de monter régulièrement sur notre turf. Parmi ses plus belles victoires, on retiendra celle sur Peters Crown en 2005 au terme d’une époustouflante ligne droite, tandis que son dernier succès, son 11e au Champ de Mars, remonte au 2 mai 2010 lorsqu’il fut associé à The Money Is Yours.
Après avoir mis un terme à sa carrière de jockey avec environ 700 victoires au compteur, il était inconcevable pour Jones de vivre loin des chevaux. C’est la raison pour laquelle il est resté dans le giron. Patrick Merven fut le premier à le prendre comme assistant en 2011. L’année suivante, il rejoint le yard de Raj Ramdin avant d’atterrir chez l’écurie Foo Kune en 2013 aux côté de Budheswar Gujadhur, avec lequel il remporta le championnat en 2014. En février 2015, il est reçu aux examens d’entraîneur aux côtés de Candice Dawson et Nicolas Dupavillon, mais sa demande pour diriger un nouvel établissement fut refusée par le MTC. Suite à la fermeture de l’écurie Foo Kune, il continuera l’aventure avec Shailesh Ramdin et termine la dernière saison régulière avec 13 victoires.
Pour débuter 2016, Simon Jones fera confiance à Rakesh Bhaugeerothee, avec qui il a déjà travaillé l’année dernière chez Shailesh Ramdin. Il se pourrait toutefois qu’il engage une cravache étrangère dès qu’il aura sous la main un effectif assez compétitif pour engranger les victoires régulièrement. Bhaugeerothee manquera à l’appel pour les deux premiers rendez-vous, car il est sous le coup d’une suspension après qu’il eût été trouvé coupable d’interférence en trois occasions. Il s’est aussi blessé lorsqu’il pilotait Rainstone à l’entraînement. Cela ne bouleversera pas les plans de Jones puisqu’il n’a que quatre chevaux sous sa charge actuellement. Ce qui signifie qu’il n’aura pas beaucoup de partants durant le premier tier du calendrier.
Il est bon de savoir que Diamond Light et Rainstone ont été les deux premiers coursiers à intégrer son yard, qui se situe dans les locaux de l’ancienne écurie Foo Kune, avant que Parker ne passe sous sa supervision quelques jours plus tard. La semaine dernière, Lake Geneva a été transféré de chez Patrick Merven à son établissement.
Grâce au soutien de ses membres, Simon Jones a déjà procédé à l’acquisition de six unités sud-africaines, dont deux comptent déjà deux victoires chacunes au palmarès. Il s’agit de Rumbullion, un sprinter de 4 ans, et Seeking The Dream, un 5-ans qui devrait se montrer utile à son nouvel entraîneur sur les moyennes distances.
Soulignons qu’en gage d’une nouvelle licence d’entraîneur, les administrateurs avaient imposé un minimum de 10 nouvelles unités pour démarrer. Simon Jones dispose d’un peu de temps pour respecter cette condition s’il veut qu’en juillet sa licence soit renouvelée pour la seconde moitié de la saison.