Ameenah Gurib-Fakim prendra ses nouvelles fonctions officiellement vendredi. Entretemps, un Special Cabinet Meeting est prévu demain en vue de prendre note de la démission prématurée du cinquième président de la République, Kailash Prayag, et d’avaliser la motion « standing in the name of the Prime Minister » pour l’élection d’Ameenah Gurib-Fakim à la présidence. Une séance spéciale de l’Assemblée consacrée uniquement à cet item est prévue jeudi à 11h30, cela dans les règles du délai imposé par les procédures constitutionnelles.
La prestation de serment aura lieu à la State House vendredi après le Conseil des ministres et la nouvelle présidente prendra alors le relais de la vice-présidente Monique Ohsan-Bellepeau, qui assure l’intérim depuis la démission surprise du président sortant, Kailash Purryag.
 Vu l’unanimité qui s’est faite derrière la nomination d’Ameenah Gurib Fakim, renforcée dans le cadre très particulier des élections municipales imminentes, il ne fait aucun doute que le passage au parlement ne sera qu’une simple formalité.
 Dans cette configuration, on aurait également un duo féminin à la tête de l’État avec Mmes Fakim et Bellepeau comme présidente et vice-présidente, cette dernière devant rester en poste jusqu’à novembre prochain, où elle devrait être remplacé.
Exit Purryag à 18h vendredi
Quant à Kailash Prayag, sa démission, annoncée en primeur par lemauricien.com à 6h30 et Le Mauricien dès jeudi, a pris effet à 18h vendredi soir. Elle a été annoncée vers 14h30 dans un communiqué de la présidence qui devait préciser que « le président de la République tient à informer le public en général qu’un accord a été convenu le 29 janvier 2015, entre lui-même et le Premier ministre, qu’il démissionnerait de son poste fin mai 2015 ». Dans ce communiqué, le président Purryag a remercié la population mauricienne pour tout le soutien qu’elle lui a apporté pendant son mandat. La lettre officielle a été soumise à la Speaker de l’Assemblée nationale, Maya Hanoomanjee, en début d’après-midi.
 On ne sait à ce stade s’il y a d’autres raisons que celle annoncée par le président de la République sortant qui ont motivé ce départ inattendu qui va peut-être changer la donne au Parti travailliste, d’autant que le leader de ce parti, Navin Ramgoolam, se dit surpris de cet événement et que le leader de l’opposition, Paul Bérenger, évoque des doutes qui entourent ce départ précipité.
 À 67 ans, ce fidèle de Navin Ramgoolam pourrait prendre les rênes du parti en attendant que ce dernier démêle les nombreux déboires judiciaires qu’il accumule depuis février dernier, lorsque la police a perquisitionné chez lui et la découverte des coffres avec une somme totale de Rs 220 millions en liquide en devises étrangères et locales. Mais dans son entourage, on lui prête plutôt l’intention de se retirer et de promouvoir l’éducation et les valeurs familiales lorsqu’on voudra bien écouter ses conseils.
À suivre…