La principale animatrice du Parlement Populaire (PP), Catherine Boudet, se félicite d’une réponse du Prime Minister’s Office (PMO) concernant les recommandations issues d’un débat organisé le 18 avril dernier sur les “smart cities”. « Cette réponse faite par le PMO à l’envoi des propositions du PP est un excellent signal pour la démocratie mauricienne », déclare Catherine Boudet au Mauricien.
Dans sa réponse au PP en date du 20 mai, le PMO, sous l’impulsion du Secretary to Cabinet et Head of the Civil Service, Sateeaved Seebaluck, et sous l’autorité du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, accuse d’abord réception de la lettre du PP en date du 7 mai. Le PMO annonce ensuite que cette lettre a été référée au ministère des Finances et du Développement économique, qui pilote le projet de “smart cities”. « The above mentioned ministry has been requested to inform you of development in the matter. You may liaise with them accordingly », y est-il indiqué. « Cette lettre du PMO signifie que le gouvernement prend acte des propositions effectuées par des citoyens réunis en assemblée délibérative de démocratie directe du PP », se réjouit Catherine Boudet. « J’adresse mes plus vives félicitations à ceux et à celles qui ont travaillé dur lors de ces deux séances du samedi matin », ajoute-t-elle. En effet, le samedi 11 avril, Gaëtan Siew, président du Steering Committee on the Smart Cities Project avait donné une conférence sur ce projet. Le samedi suivant, des débats avaient ensuite eu lieu pour élaborer des propositions aux autorités gouvernementales. Le PP souhaite que les “smart cities” favorisent la socialisation entre toutes les couches de la société.
Dans ce contexte, le PP exhorte le gouvernement d’introduire un “Indice du Bonheur” pour mieux jauger du niveau de bien-être de la population au lieu de se contenter de l’indice restrictif du Produit Intérieur Brut (PIB) pour évaluer le niveau de vie et le “progrès” de la société mauricienne dans son ensemble. Le PP souhaite également que les “smart cities” soient accessibles à tous et ne soient pas des “gated communities”. À cet effet, le gouvernement devrait veiller impérativement à ce que toute la population puisse avoir un accès égal et libre aux facilités de connectivité globale. Le PP met en garde les autorités pour que les “smart cities” ne soient pas seulement qu’un repackaging/rebranding de projets existants (par exemple IRS). « Il faut que toute la population puisse bénéficier du concept », précise-t-on. De même, la nécessité d’investir davantage vers une “smart Mauritius” est soulignée pour résoudre les problèmes sociaux existants plutôt que de se concentrer sur des “smart cities” qui ne bénéficieraient qu’à quelques privilégiés.
Le concept “Smart Mauritius” devrait englober le développement durable dans son sens large, une planification judicieuse et « éclairée » du territoire, une politique foncière transparente, la sécurité publique, la bonne gouvernance, la justice sociale et la mise en oeuvre du concept de « travail décent », comme préconisé par l’Organisation Internationale du Travail. Cette notion de “Smart Mauritius” devrait avoir pour motto « Put Mauritians First ». « Préférence doit être donnée à l’emploi des compétences mauriciennes et à l’utilisation des expertises mauriciennes. Il faut donner aux Mauriciens leur juste importance et revaloriser leur contribution par rapport aux embauches et expertises étrangères. Le tout en respectant la règle “à travail égal, salaire égal” entre Mauriciens et étrangers », est-il proposé.
Le Parlement Populaire est une initiative citoyenne crée sous l’impulsion de Reeaz Chuttoo et de Jane Ragoo, de la CTSP. Il a pour objectif de proposer un espace public de débats et de délibérations sur des projets de loi et des thèmes qui concernent les citoyens mauriciens. Espace démocratique ouvert à tous sans distinction dans un esprit de démocratie directe et délibérative, le PP se veut une force de proposition en matière de législations, qui sont ensuite transmises à la presse et à l’Assemblée nationale.