Me Geoffrey Robertson Q.C, l’expert britannique choisi par le PM Navin Ramgoolam, pour rédiger un rapport sur la presse à Maurice, a rendu publiques ses recommandations préliminaires, hier, lors d’une conférence de presse en présence du conseiller et directeur des communications du gouvernement, M. Subash Gobin. Mais a tenu à préciser d’emblée Me Robertson, « sauf le fait d’avoir obtenu ma mission du Premier ministre,  je n’ai rien à faire avec lui, mon rapport est complètement indépendant et les stakeholders (les éditeurs, rédacteurs, journalistes, la société civile et tout membre du public) qui souhaiteraient en discuter pourront se faire entendre d’ici au 15 septembre prochain. Après cette date,  je commencerai la rédaction de mon rapport final et je m’attèlerai au projet de loi sur la presse dont je me chargerai personnellement. »
Dans le résumé de son rapport (le document initial est lourd de 80 pages), Me Robertson a fait les propositions suivantes:
– l’abolition de toutes les vieilles lois coloniales punissant la sédition, 
– l’adoption d’une Freedom of Information Law afin de permettre l’accès aux documents importants et aux informations du gouvernement aux médias et à tout citoyen,
– l’octroi de licences de télévision privée à toute personne crédible qui en ferait la demande,
– l’augmentation de l’investissement étranger dans les médias mauriciens de 20% à 45%,
– la réforme des lois de la diffamation et de l’outrage à la loi de manière à ce que plus aucun journaliste et éditeur qui fait son travail ne soit passible de prison pour avoir violé ces lois,
– une loi sur le respect à la vie privée identique à celle en vigueur en France et en Grange Bretagne et conforme à la Convention européenne des Droits de l’homme mais avec un solide penchant en faveur de l’intérêt public,
– l’abolition du crime d’outrage à l’ Assemblée Nationale, 
– l’adoption d’une loi pour protéger la source d’information du journaliste,
– une nouvelle loi qui requerrait que les cours de justice siègent en public à moins que la justice ne puisse être faite autrement.
Hisser Maurice parmi les Top 20 en termes de liberté d’expression 
Selon Geoffrey Robertson, « la République de Maurice dispose déjà d’une presse vibrante qui cherche à éclairer la population à travers l’information, des opinions, des tribunes ouvertes au public (social columns) et l’entertainment. Néanmoins, il y a eu dans le passé et il y a encore des cas où un rédacteur a été envoyé en prison pour avoir outragé la cour (scandalising the court) en même temps que, cette année même, une injonction intérimaire qui a causé controverse et confusion a été émise contre de grands journaux afin de protéger provisoirement le droit à la vie privée d’un individu. » Dans l’index 2012 de Global Rankings for the Press publié par Freedom House, fait ressortir l’avocat, « Maurice a été classé 62e en dessous de pays comme Tuvalu, Taïwan, la Nouvelle Guinée Papouasie, Malte, Costa Rica et le Vanuatu, mais Maurice est une démocratie stable, avec de nombreux journaux et autres médias et stations de radio commerciales (mais pas encore de télévision commerciale) qui font de la concurrence à la station de radio-télévision nationale. » L’expert britannique a dit sa détermination à aider la République de Maurice à améliorer son classement afin qu’à l’avenir, notre pays figure parmi les Top 20 en terme de liberté d’information. 
Cependant, souligne-t-il,  » les lois sur la presse à Maurice sont anachroniques, sous-développées, totalement en ligne avec des lois criminelles anglaises dont l’Angleterre s’est elle-même depuis longtemps débarrassé. J’ai cherché dans mon rapport à produire une série de lois et de règles avancées qui permettraient à Maurice de se placer au niveau des démocraties qui tiennent aux droits de leurs citoyens à la liberté d’expression tout en veillant à ce que les abus de cette liberté soient confinés au mimimum. »