Greenpeace International a dissipé des doutes et des malentendus au sujet de sa prise de position sur la question de soutenir les Britanniques dans le projet de création d’une Marine Protected Area dans l’archipel des Chagos. En effet, le gouvernement avait demandé initialement à cette ONG de reporter l’escale à Port-Louis du SY Rainbow Warrior compte tenu du soutien apporté à la Grande-Bretagne dans le projet controversable de parc marin excluant la base militaire et nucléaire de Diego-Garcia. À la suite d’un échange de correspondances, Greenpeace s’est vu octroyer l’autorisation d’un mouillage à Port-Louis sous certaines conditions.
Face aux objections formulées par le gouvernement contre la prise de position appuyant le projet contesté de parc marin aux Chagos, avec pour principal motif l’interdiction aux Chagossiens de rentrer dans leurs îles natales, Kumi Naidoo, Executive Director de Greenpeace International aux Pays-Bas, s’est engagé à « dispel some of those concerns ».
Ainsi, dans une correspondance officielle, Greenpeace International affirme d’emblée que « our support for the Marine Protected Area was, and remains, subject to the clear proviso that it should be without prejudice to the rights of the Chagossians or the sovereignty claim of Mauritius ». Il ajoute que Greenpeace a pris le soin de rappeler aux autorités britanniques que « nothing should be taken as Greenpeace in any way implicitly condoning the existence of the Diego Garcia military base ».
L’attaque de Greenpeace International contre Londres est encore plus virulente au chapitre du déracinement et de l’exil des Chagossiens. « Greenpeace has always been clear and unequivocal that the UK Government commited a terrible historic wrong against the Chagossians. We fully support their struggle for the right to return home and have been in close dialogue with representatives of the community, such as the Chagos Refugees Group », ajoute le directeur exécutif dans sa lettre, en date du 2 octobre, réclamant une révision de la décision du gouvernement sur l’escale du SY Rainbow Warrior à Port-Louis.
Au sujet de la Marine Protected Area, Greenpeace se range du côté de ceux qui soutiennent que « marine protected areas should be established in full conformity with international law ».
Sur la base des éclaircissements apportés par Greenpeace, l’autorisation au mouillage du SY Rainbow Warrior à Port-Louis a été accordée par la Mauritius Ports Authority (MPA) du 12 au 14 courant. Des conditions sont attachées, dont interdiction aux membres d’équipage du SY Rainbow Warrior de mettre leurs embarcations à l’eau pour le transfert à terre. D’autres arrangements doivent être trouvés.
Le SY Rainbow Warrior ne doit, par ailleurs, nullement obstruer les voies de navigation dans les parages du port, et les instructions émises par la Mauritius Ports Authority, le commissaire de police ou la National Coast Guard doivent être suivies à la lettre. Le feu vert de la MPA devra être obtenu pour tout déplacement dans l’enceinte portuaire, qui est une zone d’accès restreint. La MPA avance que le SY Rainbow Warrior pourra accoster au quai si des possibilités existent.
Une des principales craintes entretenues par les autorités mauriciennes concernent les risques de déstabilisation des opérations du Seafood Hub avec la campagne de Greenpeace réclamant l’interdiction d’utilisation des thoniers senneurs pour approvisionner les conserveries mauriciennes. Maurice conteste les analyses de Greenpeace International quant à la gestion du stock de thon dans l’océan Indien.
Greenpeace International se veut rassurante en avançant dans la lettre du 2 octobre que « Greenpeace does not accept money from companies or governments. We do work closely with government and industry to achieve progressive change. An example of this is the commitment on sustainable tuna fishing agreed last year with Princes, an important employer and industry player in Mauritius ».
En tout cas, durant ce mouillage de 48 heures du SY Rainbow Warrior au large de Port-Louis en fin de semaine, les autorités resteront sur le qui-vive.