Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, affirme qu’il ne prétend pas pouvoir éliminer complètement la pauvreté « relative », ajoutant que « cependant, il ne faut pas que l’écart entre les riches et les pauvres augmente, comme ça a été le cas durant les dix dernières années ». Déclaration faite hier après-midi, lors du lancement officiel de la Camp Thorel Cooperative Credit Union Ltd, à St-Julien d’Hotman.
Pravind Jugnauth a rappelé que pour la première fois dans son histoire, le pays verra l’introduction de la Negative Income Tax pour aider ceux qui sont dans le besoin. « J’ai aussi introduit la Solidarity Tax pour que les millionnaires tir enn tigit dan zot kas e kontribye inpe pou lepep. Je l’ai fait parce que nous devons avoir un certain équilibre dans notre société. Nous sommes en train de renverser la tendance », dit-il. « Je ne dis pas qu’un jour tout le monde aura les mêmes salaires, mais au moins, il y a un équilibre entre les riches et les pauvres, comme entre le développement économique et le social ».
Parlant des sociétés coopératives, le Premier ministre a reconnu qu’il n’est pas facile d’être membre des Cooperative Credit Societies (CCS). Il est malheureux, dit-il, que certaines sociétés aient failli dans leur tâche. « Les gens vont s’étonner que certaines sociétés gèrent des millions de roupies mais il y a aussi des mauvais gestionnaires et de ce fait, les membres perdent leur argent ».
Le gouvernement, affirme Pravind Jugnauth, veut prendre les dispositions nécessaires pour que les gens ne perdent pas leur argent en investissant dans une société coopérative ou une compagnie d’assurances, entre autres. « Nous voulons aussi que l’image de Maurice ne soit pas affectée », dit-il, en appelant toutes les parties concernées à assumer leurs responsabilités.
Créer une société coopérative est une forme de solidarité où des gens se regroupent pour investir dans une société, observe le PM. « Il faut encourager de telles initiatives, il faut davantage de sociétés, des PME, des micro-entreprises ». Il rappelle que les sociétés coopératives qui exportent leurs produits ne paient que 3 % de Corporate Tax au lieu de 15 %. Cependant, il reconnaît qu’exporter est difficile à cause de la concurrence avec les pays qui, vu leur grande taille, bénéficient de l’économie d’échelle. « Nous devons alors travailler sur la valeur ajoutée, utiliser la technologie, chercher des marchés spécifiques. Il nous faut aussi avoir un soutien, d’où l’introduction d’un nouveau scheme pour les sociétés coopératives avec un taux d’intérêt de 3 % au lieu de 6 % ». Autre mesure : les petits commerces sont exemptés de trade fees jusqu’à un montant de Rs 5 000 pour une période de trois ans.
Pravind Jugnauth a, ensuite, rappelé les mesures qu’il a prises lorsqu’il était ministre de l’Agriculture en 2000 pour la réforme dans l’industrie sucrière. « La situation était extrêmement difficile à l’époque. Les gens doivent savoir que ma première mission en tant que ministre consistait à négocier avec l’UE pour l’ouverture de ses marchés à tous les producteurs de sucre et qu’il n’y aurait plus de prix garanti. Cette annonce avait été faite depuis des années mais certains gouvernements n’ont rien fait à ce sujet ».
Le Premier ministre affirme avoir dit la vérité à la population, à l’effet qu’il fallait réformer l’industrie sucrière, mais que « certaines personnes, surtout des politiciens, disaient que mo pe anbet dimounn ». « Le temps a fait son oeuvre et les Mauriciens ont vu la vérité. Si nous n’avions pas reformé notre industrie sucrière à cette époque, elle aurait déjà sombré. Il n’y aurait pas eu de sociétés coopératives. Zot pa ti pou la zordi ».