STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT: L’Université de Maurice lance sa bibliothèque virtuelle

Un Intellectual Reporting & Technology Transfer Office bientôt mis en place

Numériser sa bibliothèque était une évolution naturelle pour l’Université de Maurice. L’institution a lancé mardi matin sa bibliothèque virtuelle après huit mois d’exercice rigoureux. Cette initiative, mise en place par la nouvelle administration, a nécessité des investissements de Rs 10 millions. Si en premier lieu, les étudiants y ont accès, le public, lui, pourra y avoir recours en décembre prochain.
La présentation de ce projet a été faite par le vice-chancelier de l’Université de Maurice, Dhanjay Jhurry, au siège de l’institution à Réduit. « C’est la seule bibliothèque digne de ce nom avec toutes les ressources possibles », dit-il. La plateforme numérique comprend des ouvrages de tous les éditeurs au monde, des thèses de doctorat, de master et de diplôme de premier cycle. Selon lui, trois objectifs se matérialisent à travers ce lancement. L’un est de faciliter le travail des étudiants dans leurs recherches en leur permettant d’avoir accès à une bibliothèque virtuelle riche en ressources 24h/24. Alors que Maurice s’oriente vers un Education Hub, Dhanjay Jhurry avance que l’Université de Maurice s’ouvre au monde. « Il est également impératif aux étudiants des autres universités de pouvoir accéder à nos ressources », dit-il. Toutefois, l’accès à ces derniers ne sera pas gratuit. Le paiement d’un montant calculé par l’UoM sera requis. Dans son élan d’élargir son espace, Dhanjay Jhurry invite aussi d’autres universités, qui souhaiteraient que leurs étudiants aient accès à la bibliothèque virtuelle de l’UoM, à signer des accords en ce sens.
Le vice-chancelier ajoute que les universités sont considérées comme des tours d’ivoire. « À travers cette bibliothèque, l’accès sera aussi donné au public mauricien. En ce faisant, nous permettrons au public d’avoir accès à la connaissance », dit-il, alors que Maurice veut développer le segment de l’innovation. Le public pourra accéder aux ressources moyennant un paiement par carte bancaire. D’ailleurs, l’UoM a déjà mis en place un système de paiement.
Les étudiants de l’UoM ont déjà accès au contenu de la plateforme numérique à travers le réseau intranet de l’institution tertiaire mais d’ici deux semaines, la bibliothèque virtuelle sera aussi accessible 24/7 en-dehors du campus. Et, vers la fin de l’année, l’accès sera étendu au public. « Il faut s’assurer que tout soit mis en place. Nous avons eu le soutien des gens de l’Allemagne et surtout de notre centre informatique », indique le vice-chancelier.
À travers le lancement de sa bibliothèque virtuelle, l’UoM a par conséquent des attentes. Pour Dhanjay Jhurry, l’institution démocratise l’accès à l’information et au savoir pour le public. « En développant notre E-library, nous pensons aussi au développement du Knowledge Hub », dit-il, en ajoutant que la bibliothèque de l’université est aussi une bibliothèque nationale. Comme attentes, Dhanjay Jhurry fait mention de la stimulation de l’innovation et d’encourager le public à se cultiver. Il avance que le devoir de l’UoM est aussi de faire réfléchir. « Par ce projet, on permet à la population de réfléchir en ayant accès à l’information ».
Pour étoffer davantage le contenu de cette bibliothèque, Dhanjay Jhurry annonce la signature prochaine entre l’UoM et la société Elsevier. Des investissements seront aussi effectués pour l’achat des e-books. Pour la réalisation du projet de la bibliothèque numérique, l’UoM a reçu un montant à crédit de Rs 10 millions, soit Rs 4 millions pour la première année et Rs 3 millions les deux années suivantes.
Par ailleurs, un atelier de travail consacré aux bibliothécaires de Maurice sur le thème « The changing roles of librarians in digital information » se tient ce mercredi à l’UoM. L’événement, sponsorisé par Elsevier, verra la participation de 34 bibliothécaires du privé et du public. Ces derniers discuteront sur le rôle des bibliothécaires dans le monde numérique.
Accent sur la recherche
Depuis huit mois qu’il est en poste, Dhanjay Jhurry fait de la recherche une de ses priorités. Dans sa démarche d’orienter l’Université de Maurice vers plus de recherches, des avancées ont pu se produire. En ce sens, 12 pôles d’excellence en recherche ont été lancés dans divers domaines. « Ces pôles de recherches répondent aux priorités de développement de notre pays », dit-il. Il ajoute aussi qu’un “Research Evaluation Exercise” a été lancé par l’université en juillet dernier. « Nous sommes la première université à avoir lancé un “research audit” », dit-il fièrement, précisant que deux consultants britanniques assistent à cet exercice. Le budget de la recherche a augmenté de quatre, passant de Rs 4 millions à Rs 16 millions en interne. Il souligne que les chercheurs mauriciens arrivent à trouver le double de ce montant à travers des financements externes. Dhanjay Jhurry souhaite que le budget consacré à la recherche cette année soit au moins de Rs 25 millions des agences externes. Le budget de la recherche est estimé à environ Rs 50 millions cette année.
Au sujet du recrutement des chercheurs, un accent y sera mis pour épauler les équipes de recherche. Pour lui, la recherche accompagnera le pays dans son développement. À ce sujet, il parle de la restructuration du Knowledge Transfer Office mis en place l’année dernière. Ce bureau en comprend trois autres, notamment l’University Liaison Office pour un développement soutenu avec l’industrie. « Nous établissons des cours avec l’industrie et développons des projets de recherches afin de permettre le recrutement de nos étudiants sur place », dit-il.
Parmi les autres projets mis en place par l’UoM, le vice-chancelier mentionne un incubateur pour dénicher les talents des étudiants. Selon lui, ce projet comble un écart qui existe à Maurice entre les étudiants et les institutions financières. De plus, un autre bureau verra bientôt le jour, à savoir l’Intellectual Reporting & Technology Transfer Office dont le but sera de soutenir les étudiants et chercheurs en vue de commercialiser leurs projets réussis. Pour le développement de ces bureaux, trois Américains seront à Maurice en janvier 2018.
L’Université de Maurice se transforme. En ce sens, l’organisation structurelle est appelée à être innovée à travers la numérisation et l’informatique. L’école doctorale est revue pour doubler le nombre d’étudiants doctorants d’ici trois ans. Ils sont actuellement 180 et d’ici trois ans, ils seront au nombre de 360. « Nous mettons des objectifs contraignants mais on travaille dur pour cela », dit-il.
Pour célébrer les 50 ans de l’indépendance de Maurice, se tiendra une conférence regroupant la diaspora mauricienne travaillant dans différentes universités à travers le monde. La conférence se tiendra du 20 au 22 février 2018. Une quarantaine de Mauriciens ont déjà confirmé leur participation. Le premier jour de la conférence sera dédié à la science et la médecine, le deuxième à la gestion et la comptabilité et, enfin, le troisième aux sciences sociales et humaines. « Nous voulons reconnaître la contribution de nos pairs et cela projette une image positive de notre pays », dit-il. Le vice-chancelier espère que ces derniers soutiennent les chercheurs à Maurice.


RENFORCEMENT DES CONNAISSANCES: Former les jeunes dans la robotique
Le Mauritius Research Council (MRC) organise du 22 au 29 novembre une formation sur la robotique destinée aux étudiants âgés de 11 à 18 ans. Trois sessions de formation pratique sont à l’agenda de l’organisme, nommément « IOT driven Home and Industrial Automation using Raspberry Pi », « Introduction to Humanoid/Walking Robot » et « Introduction to Haptic Controlled ». Pour la première formation, le MRC pourra former 400 étudiants âgés de 15 à 20 ans. S’agissant des deux autres cours, 400 et 200 étudiants respectivement, tous âgés de 11 à 15 ans, seront formés.
L’objectif de cette formation d’une semaine, selon le MRC, est d’initier les étudiants mauriciens aux principes de base sur les dernières avancées en matière de robotique. Les étudiants pourront aussi apprendre la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. Des tuteurs qualifiés formeront ces jeunes. Le MRC vise à former 1000 étudiants âgés de 11 à 20 ans. Les cours seront dispensés dans un établissement secondaire d’une zone d’éducation de Maurice, où 250 élèves par école seront formés. Les cours se tiendront de 9h à 16h30. Les écoles où la formation sera dispensée sont le Droopnath Ramphul SC, Dr Maurice Curé SSS, le collège Royal de Curepipe et le Sir Leckraz Teeluck SSS, à Flacq.
Un exercice de présélection est prévu le 28 novembre où 50 meilleurs projets seront retenus. Le lendemain, un concours se tiendra entre les 50 étudiants. Les intéressés ont jusqu’au 15 novembre pour faire part de leur participation. L’enregistrement et la participation sont gratuits.
En avril dernier, le MRC avait formé 300 jeunes âgés de 11 à 18 ans sur la robotique. Suite au succès de la première édition, une deuxième formation est organisée. Selon le MRC, la nouvelle formation sera à un niveau plus avancé.