Les familles de deux Françaises détenues depuis des mois sur l’île Maurice ont réclamé jeudi à Paris un « procès rapide » et des « conditions de détention humaines » pour les deux jeunes femmes accusées, comme d’autres Français, de trafic de Subutex, un substitut à la drogue.
« Ce que nous voulons rapidement c’est un procès, qu’elles ne soient pas trimbalées d’audiences en audiences », a expliqué lors d’une conférence de presse Christiane Dangla, grand-mère de Déborah, 19 ans, arrêtée le 23 mars 2012 avec dans ses bagages plus de 6.000 cachets de Subutex.
Déborah Dangla et Farah Nachi, 21 ans, arrêtée le 9 décembre 2011 avec plus de 9.000 cachets de Subutex, se disent innocentes, selon leurs proches.
Autorisé en France où il est distribué sous ordonnance, le Subutex est sévèrement réprimé sur l’île Maurice, où il est le stupéfiant le plus consommé, avec des peines pouvant aller jusqu’à 40 ans de prison.
Plusieurs Français accusés de s’être livrés à un tel trafic sont détenus sur l’île de l’Océan indien. Katia Terminet, une Française de 21 ans qui se disait innoncente, avait été détenue 20 mois avant d’être libérée fin novembre après une intense mobilisation de ses proches.
Une autre Française, Aurore Gros-Coissy, Rhodanienne de 25 ans, a été interpellée le 19 août 2011 à l’aéroport avec 1.680 comprimés de subutex. Selon sa famille, ces comprimés avaient été dissimulés dans ses bagages par son ex-petit ami mauricien.
Originaires de la région parisienne, Déborah Dangla et Farah Nachi « ne se connaissent pas mais leurs parcours sont quasiment identiques » a expliqué Mme Dangla, décrivant des femmes « seules, sans travail, livrées à elles-mêmes, des proies faciles ».
Dans leur prison « très vétuste », elles « ne sont pas soignées » a déploré la grand-mère de Déborah, qui réclame des « conditions de détention humaines ».
L’avocat des deux femmes en France, Me Joseph Breham, s’est plaint de ne pas avoir accès à leur dossier: « on ne sait pas exactement ce qu’on leur reproche (…) On est dans le flou absolu ». Il a également critiqué la « détention qui ne se justifie plus ».