Atypique, fascinant, fou. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier le parcours de Jean Paul Lam, plus connu comme JP Lam à Shanghai. Parti en Chine en 2003 pour y travailler, après une maîtrise en Gestion en France et à La Réunion, le jeune Mauricien d’alors s’est heurté à bien des obstacles. Choc culturel, éloignement de la famille, difficultés à trouver de l’emploi, sans compter de sérieux soucis de santé qui ne favoriseront pas le soutien de ses parents dans la quête de son bonheur dans le pays de leurs ancêtres, JP Lam s’était retrouvé dans « une vraie jungle où survivent les plus forts ». Mais, là où d’autres auraient jeté l’éponge, où d’autres n’auraient vu que de la folie que d’y rester, JP Lam a cru dans son destin. À l’endroit même où les conditions lui étaient les plus défavorables en comparaison aux Chinois qui connaissent les rouages de leur pays, lui faisait le pari d’y voir son rêve devenir réalité. Pari réussi, puisqu’il est aujourd’hui propriétaire de deux entreprises à Shanghai et Pékin dans le domaine de la mode et de l’événementiel. Portrait d’un homme qui tout en étant humble, voit grand…
Une souris au pays du dragon. C’est un peu l’image que l’on a de JP Lam quand il nous conte ses débuts à Shanghai. Aujourd’hui propriétaire d’une galerie d’art, d’un studio de photos et d’un wine bar avec une collection de plus de 150 vins français dans le quartier français de Shanghai, l’entrepreneur mauricien aura connu bien des péripéties avant d’en arriver là.
Après ses études en France et à La Réunion, il prend de l’emploi chez Innodis à Maurice en tant que coordinateur logistique. Un an après, encouragé par ses parents, il met le cap sur Shanghai. « Dans la tête de mes parents, la Chine était celle d’antan, très socialiste, avec des gens très honnêtes. Mais, c’était très loin de la réalité. Ils l’ont réalisé quand ils ont vu tous les malheurs rencontrés par leur fils ». S’il a un coup de foudre pour l’Empire du milieu aussitôt qu’il en foule le sol, en particulier pour Shanghai, le centre financier du pays, Jean Paul Lam expérimentera tout aussi vite l’envers du décor pour qui veut y travailler. « Shanghai est une ville très dynamique. Tout va vite, tout change vite, les personnes, les amis. Qui dit bouger vite, dit opportunités, il est vrai. Mais en tant que Mauricien, cela n’a pas été évident ». En dépit de l’intervention de son oncle — qui habite Hong Kong — pour l’obtention de son premier emploi, il y travaillera trois mois sans salaire. « En plus, le travail ne relevait pas de mon domaine, c’était dans le secteur de l’électricité. Il fallait juste trouver un boulot et payer le loyer », se remémore JP Lam.