Le ministre de l’Agro-industrie et de la sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, a appelé les pays ACP producteurs et exportateurs de sucre à rester mobilisés aux côtés de l’Union européenne « en vue de défendre nos intérêts communs et veiller à ce que la viabilité de notre industrie sucrière soit sauvegardée sous les conditions extrêmement volatiles dans lesquelles elle est appelée à évoluer dans le futur ».
Intervenant à la 101e session du conseil des ministres des pays ACP, lundi, à Dakar, Sénégal, Mahen Seeruttun a fait état des « faits saillants » qui interviendront sur le marché sucrier après l’abolition des quotas pour le sucre roux en Europe à partir de 2017. Citant un rapport de l’EU en date de décembre 2015, il a observé que premièrement, le prix du sucre sur le marché européen chutera pour rejoindre celui en vigueur sur le marché mondial, obligeant ainsi le secteur à devenir plus compétitif. Ensuite, malgré les prix bas, la production de sucre blanc augmentera pour atteindre environ 18 millions de tonnes en 2025 en Europe. Troisièmement, le sucre européen entrera en compétition avec l’isoglucose, un important édulcorant, qui capturera environ 11 % du marché des édulcorants d’ici à 2025. Finalement, il est prévu que d’ici à la même date, l’UE sera autosuffisante en sucre et devrait exporter du sucre blanc, principalement vers les marchés niches à valeur ajoutée. Selon Mahen Seeruttun, ces prévisions confirment qu’un avenir sombre est anticipé pour l’industrie sucrière dans les pays ACP. « Tout ce que je peux dire à ce stade est que nous devons rester mobilisés en interne et aussi aux côtés de l’UE. Nous devons rester vigilants par rapport à tout développement futur dans ce secteur pour défendre notre cause ». Le ministre de l’Agro-industrie a également rappelé que la production du sucre et de l’isoglucose en Europe sera déterminée par les conditions du marché à la fin des quotas prévue en septembre en 2017, « thereby generating great uncertainty on the market situation in the years to come ». « Une baisse dramatique du prix du sucre s’ensuivra, la compétition pour des parts du marché sera farouche et agressive et l’environnement opérationnel deviendra difficile. Ce sont autant de défis qui guettent notre industrie ».