Les différentes démarches engagées par les quelque 24 000 clients du Super Cash Back Gold (SCBG) du groupe BAI, avec des placements de Rs 21,6 milliards, ont débouché sur un premier point non négligeable dans la soirée d’hier. En effet, une ligne de communication directe a été ouverte entre les victimes du système Dawood Rawat et le gouvernement de l’Alliance Lepep avec la tenue d’une réunion au bureau du ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance, Roshi Bhadain. Mais en attendant des solutions concrètes, la manifestation de lundi dans les rues de Port-Louis à midi est maintenue par les organisateurs, sous réserve toutefois de l’autorisation des Casernes centrales.
Au cours d’un point de presse en fin de matinée à Port-Louis en présence d’une cinquantaine de clients du SCBG, les principaux coordinateurs de ce mouvement ont annoncé qu’une réunion avait eu lieu avec le ministre Roshi Bhadain hier soir, découlant des lettres transmises au gouvernement en ce sens. « Cinq représentants ont rencontré le ministre Roshi Bhadain à son bureau hier soir. Le ton a été très conciliant. Mais à ce stade, le ministre des Services financiers et de la Bonne gouvernance n’a pas été en mesure de nous donner des garanties. Il nous a demandé de collaborer pour trouver une solution à ce problème », devait déclarer Naushad Paurobally, tout en soulignant que cette situation constitue avant toute chose un véritable drame humain.
Toutefois, les représentants des victimes du SCBG n’ont pas caché que la dernière conférence de presse du ministre des Services financiers leur avait donné des sueurs froides et causé pas mal de stress chez plusieurs “policy holders”. « Dimoun finn panike kan inn tane konferans de press Roshi Bhadain. Zot stress inn monte ek zot finn poz zotmem boukou kestion », ajoute Naushad Paurobally. Ainsi, le “best case scenario” pour eux serait que l’État prenne en charge les 24 000 clients du Super Cash Back Gold sous la National Insurance Company Ltd et garantisse au minimum le capital investi dans le système BAI. « Nous sommes des “policy holders” comme les autres. Il faut savoir que le plan Super Cash Back Gold est combiné avec une police d’assurance vie. Nous devons donc obtenir la même protection que les autres détenteurs de polices d’assurance. Pourquoi cette discrimination ? », ont-ils lancé.
En cas de dénouement négatif, les clients du SCBG envisagent des actions légales contre la Financial Services Commission (FSC), le groupe BAI et même le gouvernement. Malgré le ton plutôt positif de la réunion d’hier, la manifestation de lundi est maintenue pour ne pas relâcher la pression sur les autorités. Rendez-vous est donné à midi au Champ-de-Mars, les manifestants empruntant la rue Pope Henessy pour rallier la BOM Tower. Pour l’heure, les organisateurs sont toujours dans l’attente de l’autorisation du Commissaire de police Mario Nobin à cet effet…