La période de préavis a pris fin hier pour les 138 employés mauriciens de Super Construction Ltd. Ils sont officiellement licenciés et n’ont même pas perçu leurs salaires du mois de mars. Les tentatives de négociations et la manifestation tenue devant la Victoria House le 1er avril dernier n’ont donné aucun résultat. Atma Shanto de la FTU, apportant son soutien à ces travailleurs, regrette que le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, « ne se soit pas senti interpellé par cette situation ». Une réunion avec le Receiver Manager était prévue hier.
Super Construction Ltd était sous administration judiciaire depuis le mois de mars. Mais, fait ressortir Atma Shanto, « les travailleurs étrangers, soit des Bangladais et des Chinois, sont toujours en poste ». Les 138 Mauriciens concernés n’ont pas encore perçu leurs salaires pour le mois de mars, période à laquelle ils étaient encore sous préavis. « Ces travailleurs ont dû fêter Pâques sans le sou. Le ministère du Travail n’a même pas convoqué l’administrateur judiciaire ou les directeurs de la compagnie pour des éclaircissements. De nos jours, les termes “difficultés financières” et “restructuration” sont devenus des prétextes de licenciement dans le secteur privé. Le ministère du Travail ne trouve même pas la nécessité d’enquêter sur ces compagnies pour savoir ce qu’il en est exactement ».
Atma Shanto se demande également comment Super Construction Ltd a pu se retrouver subitement sous administration judiciaire alors qu’il a encore de « gros chantiers » dans le pays. Il invite également le ministre Soodesh Callichurn à « assumer ses responsabilités ». Il rappelle qu’au cours de la campagne électorale, l’Alliance Lepep avait promis la sécurité d’emploi. « Or, c’est le contraire que nous voyons aujourd’hui. Le salaire est devenu un privilège au lieu d’un droit ».
Atma Shanto déplore également le fait que le ministère du Travail encourage les travailleurs concernés à s’inscrire au Workfare programme. « En prenant cette option, ils tirent un trait sur leur temps de service ». Il regrette également le manque de communication avec l’administrateur judiciaire pendant la période de préavis. Toutefois, une réunion est prévue avec ce dernier aujourd’hui.
Atma Shanto réclame « la justice pour les travailleurs du secteur privé ». Il rappelle qu’un rapport de la Banque mondiale a démontré récemment que la richesse n’est pas partagée équitablement à Maurice. Le dirigeant de la FTU pointe également du doigt « un château à Floréal, où 75-100 employés de Super Construction Ltd ont travaillé et qui aurait été construit aux frais de la compagnie ». Il invite donc les autorités à enquêter sur ce « château ».
Les licenciés de Super Construction Ltd réclament ainsi leur salaire du mois de mars, le remboursement de leur “local leaves” accumulés, ainsi qu’une indication claire sur leur avenir.
Une manifestation pacifique est prévue devant l’hôtel du gouvernement ce vendredi 15 avril à midi.