Un relevé, publié récemment par la Zimbabwe Investment Authority et couvrant la période 2009-2015, montre que Maurice a été la source la plus importante d’investissements dans ce pays avec un montant de 4,56 milliards de dollars. Maurice, selon les données de la ZIA, a devancé la Chine (USD 2,81 milliards), l’Afrique du Sud (USD 1,54 milliard) ainsi que le Nigeria (USD 1,45 milliard), ces deux derniers pays étant les plus grandes économies d’Afrique subsaharienne.
Faisant état de ce relevé, la presse zimbabwéenne souligne que Maurice offre les avantages d’un centre financier offshore où il n’y a pas de taxe sur la “plus value”, pas de “withholding tax”, pas de charge sur le capital souscrit d’une société. Et d’ajouter que le pays pratique une politique de libéralisation des changes, les profits ou capitaux d’une société pouvant être rapatriés librement. La presse zimbabwéenne observe par ailleurs que Maurice a des « distinct advantages of being a treaty based jurisdiction » avec un réseau important de traités de non double imposition et d’accords de promotion et de protection des investissements. Maurice a signé un traité fiscal avec le Zimbabwe en 1992 et l’île est reconnue comme un centre financier international attrayant, occupant la première place au niveau des pays d’Afrique subsaharienne dans le rapport Ease of Doing Business de la Banque mondiale. Malgré le haut niveau des investissements en provenance de Maurice, certaines opérations au Zimbabwe ne s’avèrent pas toujours un succès, à l’instar de la filiale d’AfrAsia Bank, qui a essuyé des pertes énormes dans ce pays et qui a finalement dû rendre son permis bancaire.
Le rapport de la ZIA indique que des projets d’investissement de l’ordre de USD 188,5 millions ont été approuvés l’année dernière, la majorité de ces investissements allant vers les secteurs manufacturier (USD 74,5 millions), minier (USD 57,6 millions) et de la construction (USD 42,4 millions). Pour cette année, le gouvernement zimbabwéen a donné son aval à quelque 170 projets représentant des investissements totaux d’environ USD 3,2 milliards. Les autorités zimbabwéennes reconnaissent qu’il y a nécessité de revoir le mécanisme de suivi des projets, un manque d’informations sur les projets exécutés ou en exécution ayant été décelé. On observe ainsi une certaine disparité entre les données de la ZIA et celles figurant dans le rapport de la Conférence des Nations unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED).
Par ailleurs, l’investissement en Afrique sera l’un des principaux thèmes d’Africa 2016, qui se tiendra les 20 et 21 février prochains en Égypte. Cette conférence est organisée par le gouvernement égyptien en partenariat avec la COMESA Regional Investment Agency. Placée sous le patronage de la Commission de l’Union africaine, elle sera marquée par des interventions de divers chefs d’État, des responsables des blocs économiques régionaux et d’hommes d’affaires très en vue sur l’environnement des affaires et les perspectives d’investissement en Afrique.
Le Board of Investment et la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) sensibilisent les hommes d’affaires locaux aux opportunités de contact offertes par la conférence.