En marge de l’ouverture lundi de l’audition verbale de la Cour internationale de Justice concernant les Chagos, Le Mauricien a rencontré le président des Verts fraternels, Sylvio Michel. Il nous parle de son association avec son frère Élie pour la lutte menée par les Chagossiens et leurs premiers contacts avec cette communauté après la déportation des Chagos. Il considère que si les Américains avaient accepté de recruter des Chagossiens, il y aurait eu moins de misère parmi eux.

Lundi prochain, l’actualité sera dominée par l’audition verbale de la CIJ concernant les Chagos. Votre défunt frère Élie et vous avez beaucoup travaillé pour les Chagossiens. Pouvez-vous nous parler de la lutte que vous aviez menée aux côtés des Chagossiens ?

Il est bon de rappeler le travail que la féderation des organisations fraternelles et nous avions fait en réalité. Lors du lancement du livre L’Archipel du Sagrin de Nando Bodha au centre du GRC à Pointe-aux-Sables, j’ai remarqué qu’aucune mention de notre contribution à la lutte des Chagossiens n’avait été faite dans les discours. Nous avons commencé notre lutte en faveur des Chagossiens en 1976. J’étais candidat aux élections générales dans la circonscription no 4 et mon frère était venu me prêter main-forte. Il s’est rendu à Roche-Bois et les autres régions annexées à la circonscription. Nous ne connaissions alors pas grand-chose sur ceux qu’on appelait les îlois. C’est lors de ces tournées que mon frère a découvert les conditions terribles dans lesquelles ils vivaient. Il a été estomaqué. C’était incroyable ! Ces îlois vivaient dans une pauvreté indescriptible. Très occupé par la campagne électorale, il leur a demandé de laisser passer les élections qui avaient eu lieu en décembre avant de venir les soutenir. Il a respecté sa promesse, et une fois les élections passées, il a repris contact avec eux et a commencé à organiser des réunions parfois dans les rues. Et moi, en tant que député, j’ai commencé à poser des questions parlementaires.

Quelles étaient vos préoccupations ?

Les 650 000 livres sterlings obtenues de la Grande-Bretagne pour la réinsertion des îlois avaient été placées au Trésor et non pas dans une banque et ne rapportaient aucun intérêt. Un comité composé de Burrenchobay et de Jean-Noël Adolphe donnait un coup de main. Les Chagossiens avaient des dettes et voulaient obtenir leur argent. C’est ainsi que la lutte a commencé. À cette époque, les autorités avaient décidé de distribuer l’argent à 722 personnes sans aucun recensement de la communauté chagossienne. C’est ainsi qu’une des premières actions entreprises a été de demander l’organisation d’un recensement de la communauté chagossienne. Ce qui a été effectué en 1977. Il devait montrer qu’il y avait en vérité plus de 5 000 Chagossiens dans l’île. Olivier Bancoult disait l’autre jour qu’il ne restait que 350 Chagossiens et qu’ils étaient tous âgés. C’est vrai mais il n’a toutefois pas précisé que beaucoup se sont installés en Angleterre.

L’argent mis à la disposition des Chagossiens s’était vite révélé insuffisant. Une partie a obtenu une compensation et d’autres pas. Il a fallu faire 27 jours de grève de la faim au jardin de la Compagnie pour réussir à forcer le Dr Ramgoolam à dépêcher une délégation en Angleterre. Cette première tranche de compensation avait permis d’alléger les difficultés des Chagossiens. Ils étaient endettés. Personne ne parle aujourd’hui de ceux qui se sont suicidés, de ceux ont été internés dans l’asile psychiatrique. Parmi les personnes qui étaient derrière nous à cette époque, il y avait Pierre Benoit, journaliste au Mauricien. Il avait suivi l’évolution de la situation pour son journal à nos côtés.

Qui d’autres vous ont soutenu ?

Une des personnes qui s’était vraiment engagée dans cette lutte était Paul Bérenger mais pas Lalit. Alors que nous avions entamé une grève de la faim de 27 jours, à un certain moment des membres de ce parti avaient réussi à mettre la main sur Charlésia Alexis et les autres qui avaient échappé à notre autorité pour créer du désordre à la Chaussée. Le commissaire de police, M. Huet, a dû nous demander d’aider à mettre fin à ce désordre. Si on avait laissé faire Lalit, notre grève de la faim aurait été pour rien. À son retour au pays, le Dr Ramgoolam a engagé des négociations. Par la suite, les Anglais sont arrivés et sont tombés d’accord en vue d’accorder une deuxième compensation. Tout cela n’était pas facile. C’est là que le MMM nous a aidés. Nous avions besoin à cette époque d’un rapport préparé par des avocats en Angleterre qui coûtait Rs 20 000 et nous n’avions le moyen de l’acheter. Paul Bérenger nous a aidés à l’acquérir. Ce rapport nous a aidés dans les négociations.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé aux côtés des Chagossiens ?

Mon frère et moi avons travaillé avec les Chagossiens pendant 19 ans entre 1976 et 1995. Nous avons lutté pendant toutes ces années, nous avons perdu beaucoup d’argent, une pâtisserie et beaucoup de membres parce qu’on nous accusait de trop nous occuper des Chagossiens au détriment des Verts fraternels. Il faut savoir que lorsque les Britanniques ont accordé une deuxième compensation en 1981 et qui a été distribuée en 1982, il y avait une clause dans l’accord conclu stipulant qu’aucune poursuite ne serait entreprise contre la Grande-Bretagne pendant cinq ans. Rs 5 millions avaient été retenues comme garantie. Il a fallu attendre cinq ans pour que cette caution soit remboursée aux îlois et pour recommencer la lutte.

La deuxième partie de la lutte portait sur le retour aux Chagos. L’élaboration de cette stratégie avait bénéficié de l’aide des avocats britanniques. L’idée était qu’on effectue une visite dans l’île d’abord. Les négociations étaient en cours directement avec la Grande-Bretagne par nos conseillers légaux. Les autorités britanniques étaient d’accord en principe et il nous fallait trouver un bateau pour nous y rendre. Lorsque le gouvernement mauricien a appris que nous nous apprêtions à nous rendre dans l’archipel, Anerood Jugnauth a décidé d’envoyer trois ministres dans l’île à bord d’un avion américain. Il s’agissait de Karl Offman, Mathieu Laclé et le Dr Swalley Kasenally. Entre-temps ici, un incendie criminel a détruit notre pâtisserie qui nous aidait à financer toutes nos actions. Jusqu’à aujourd’hui, on ne sait qui l’a commandé alors que le pyromane avait perdu la vie dans l’incendie.
À cette époque, notre avocat était Hervé Lassemillante.

On l’avait dépêché à nos frais en Grande-Bretagne et aux États-Unis où il avait rencontré le sénateur Jesse Jackson. A son retour, je ne sais pour quelle raison, il a changé de stratégie. Toujours est-il qu’a un certain moment, Mandarin, Selmour et Charlésia m’ont informé qu’ils continueraient le combat avec Me Lassemillante et qu’on pouvait partir. C’est ainsi que nous nous sommes séparés alors que nous étions vraiment affaiblis par l’incendie de la pâtisserie. C’est vraiment triste de penser à cela. Ce n’est pas nous qui les avons quittés, ils nous ont quittés.

Vous aviez également organisé d’autres grèves de la faim….

Nous avions fait une grève de 40 jours au jardin de la Compagnie avec le soutien de nombreux amis. Anerood Jugnauth avait agi comme l’avait fait Chacha. Il nous avait abandonnés. Il avait quitté le pays pour participer à une réunion des non-alignés où il a réclamé le retour des Chagos. Après 40 jours, il a fallu arrêter la grève. C’est alors qu’on a changé notre tactique en choisissant de porter la lutte en Grande-Bretagne avec l’aide des avocats britanniques. C’est alors qu’on a réussi à obtenir l’autorisation de visiter les Chagos que nous n’avons pas pu car le principal obstacle contre lequel nous nous sommes heurtés était de trouver un bateau. Les compagnies de pêche mauriciennes nous avaient réclamé presque un million de roupies.

Nous avions eu un catamaran sud-africain mais lorsqu’on a communiqué le nom de son propriétaire aux Anglais par notre avocat, le lendemain les propriétaires nous ont informés qu’ils avaient changé d’avis et ne comptaient pas louer leur bateau. Nous nous sommes tournés vers Hassen Taher qui avait accepté de mettre son bateau à notre disposition pour un montant de Rs 624 000 à condition qu’il réussisse à faire une campagne de pêche. Nous étions tombés d’accord et comptions nous rendre aux Chagos au mois de juin en 1995, mais il y a eu l’incendie de notre pâtisserie. Pour moi, il n’y a pas de doute que cet incendie est lié à l’affaire chagossienne.

Aujourd’hui, nous militons pour la décolonisation de Maurice et de l’Afrique….

Je suis pleinement d’accord. C’est la raison pour laquelle j’étais présent à la cérémonie de lancement du livre de Nando Bodha. Est-ce que vous réalisez que les Chagossiens n’ont pas le droit de travailler aux Chagos jusqu’à aujourd’hui ? Si les Américains avaient accepté de les recruter, ils auraient dû les sortir de leur misère, mais ils ont refusé. De plus dans l’accord conclu, le bail entre les Américains et les Anglais, il était absolument clair que personne n’avait le droit de mettre le pied là-bas. Lorsque les Américains viennent dire qu’ils n’étaient pas au courant, ce n’est pas vrai. En vérité, ce sont les soldats américains qui ont forcé les Chagossiens à monter sur les bateaux afin de quitter les îles.

Il y 65 îles aux Chagos dont certaines sont aussi loin les unes des autres que la distance entre Maurice et Madagascar ou entre Maurice et la Réunion. On aurait dû pouvoir jouir de nos îles qui constituent un atout considérable sur le plan touristique. On dit que les Anglais sont des fossoyeurs. Ils sont incroyables. Vous savez qu’il y a actuellement des trésors, des couronnes en or au British Museum que les Britanniques avaient pris dans les colonies africaines durant la période de l’esclavage dont l’Éthiopie. Aujourd’hui, lorsque ces pays demandent à la Grande-Bretagne de retourner leurs biens, les Britanniques affirment qu’ils peuvent les prêter et non pas les retourner. Cela pour vous montrer la mentalité des Anglais.

Vous avez renoué contact avec les Chagossiens à l’occasion du lancement du livre de Nando Bodha…

Je me suis rendu à Pointe-aux-Sables parce que j’y étais invité. Au moment où j’ai reçu cette invitation, j’étais à l’hôpital avec un problème cardiaque. Même si je n’étais pas en bonne santé, j’avais tenu à être présent non pas à cause de Nando Bodha mais pour montrer combien nous sommes unis à Maurice sur le dossier Chagos. Ce dossier a un caractère fondamental.

Aujourd’hui, la CIJ sera appelée à donner un avis consultatif sur une question fondamentale. En mon for intérieur, je suis confiant que nous réussirons. De toutes les façons, c’est de notre bien qu’il s’agit. Le gouvernement souhaite que les Américains restent sur la base de Diego Garcia, je n’ai aucune objection à cela à la seule condition que Maurice puisse gérer toutes les autres îles où on ne peut se rendre aujourd’hui. Que ces îles passent sous la juridiction mauricienne et que Maurice puisse les exploiter ! Ces îles sont aussi belles que les Seychelles situées à côté. L’archipel est un trésor. Sa mer est poissonneuse. Ces îles sont à l’état sauvage. Les Chagossiens devraient être les premiers à s’y rendre.

Le Premier ministre souhaite que l’histoire des Chagossiens soit incluse dans le programme scolaire. Qu’en pensez-vous ?
On parle déjà des Chagos dans les livres d’histoire. Il faudrait probablement un chapitre spécial à l’archipel. C’est bon parce que les Mauriciens comprendront que la République de Maurice ne comprend pas uniquement Rodrigues, Saint-Brandon et Agalega, mais également les Chagos avec son territoire marin qui est énorme et qui fait de nous le plus grand territoire marin au monde, et que le retour des Chagos ferait de Maurice un grand pays. Comme je vous le dis, je suis d’accord à condition toutefois qu’on ne raconte pas des histoires mais qu’on raconte l’histoire des Chagos et des Chagossiens objectivement.

L’Organisation fraternelle a également milité en faveur de la promotion de la langue créole. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

Je me souviens qu’à l’époque on avait sollicité un rendez-vous avec le ministre Bunwaree pour discuter de la langue créole et qu’il ne nous a pas répondu. Lorsqu’on est passé par une manifestation, il a fini par accepter de nous recevoir. Il a pris en compte ce que nous lui avions dit et a institué une académie créole qui a préparé la grammaire créole pendant plusieurs mois avant de remettre le travail au MIE qui a produit des manuels scolaires. C’est ainsi que la langue créole est entrée à l’école comme matière optionnelle. Depuis l’année dernière, la langue créole est arrivée à maturité, elle est enseignée jusqu’à la sixième. Je déplore toutefois le peu d’intérêt manifesté dans les écoles catholiques pour cette langue. Récemment, on a voulu éliminer les cours consacrés à la langue créole à l’Université. C’était une affaire montée de toutes pièces par certains. Lorsqu’on a eu vent de cela, on a rencontré la ministre de l’Éducation Leela Devi Dookhun et lui avons expliqué ce qui se passait. Elle a pris les dispositions pour remettre les choses en ordre.

Le professeur Carpooran fait un bon travail. Il nous faudrait aller encore plus loin. Récemment, on avait manifesté en faveur de l’introduction du créole au Parlement. On ne peut faire campagne en créole et ensuite parler l’anglais uniquement au Parlement. Lorsqu’on regarde les débats télévisés en direct, cela fait drôle de voir les parlementaires parler uniquement l’anglais alors qu’on est habitué à les voir parler en créole dans les meetings publics. On nous fait croire à tort que le créole est une langue vulgaire. Aujourd’hui, nous prions en créole et lisons nos textes sacrés en créole. Où est donc la vulgarité ?

Si Pravind Jugnauth décide d’introduire la langue créole au Parlement, je serai le premier à lui apporter mon soutien. Ce serait un grand pas. Il ne faut pas attendre les élections générales pour le faire. C’est une question de volonté politique. J’ai siégé sur trois cabinets ministériels et je sais de quoi je parle. Aux Seychelles, on parle le créole et on l’utilise comme moyen d’instruction. Je ne pense pas qu’ils aient reculé en anglais ou en français.

Que pensez-vous de la prise de position d’Alternative Action concernant la discrimination ?
José Moirt m’a adressé plusieurs messages mais disons que la façon dont il aborde cette lutte est différente de celle que nous avons adoptée. Peut-être que nos chemins convergeront à un certain moment. Nous avons mené de nombreux combats durant cinquante ans. Nous étions nous aussi un peu comme eux en faisant de grandes sorties et de grandes déclarations, « ensuite nou fine cogné pli divan ». Nous avons appris à être sages à cause de la réalité locale et sur laquelle il ne faut pas nous tromper.

Cela ne changera pas du jour au lendemain. Paul Bérenger qui en a fait l’expérience vous dira la même chose. Il faut faire la part des choses et savoir être tolérant et patient. Nous avons fait des manifestations, des mobilisations mais nous y avons également des actions en Cour suprême et au niveau de la politique. Ce n’est qu’après 20 ans de lutte qu’on a obtenu un congé public pour le 1er février pour commémorer l’abolition de l’esclavage.

Aujourd’hui, nous avons deux congés avec la commémoration des travailleurs engagés. Cela a nécessité toute une variété d’actions dont des alliances politiques. Lorsque j’avais présenté une motion dans ce sens il y a 20 ans, allez voir ce qu’on disait à l’époque. On nous prenait pour des fous. Nous avions obtenu un jour férié en 2001 et aujourd’hui nous sommes en 2018 et aucune des appréhensions ne s’est concrétisée. Au contraire, cette commémoration est entrée dans nos mœurs au point que l’autre jour, j’ai vu des membres de la communauté franco-mauricienne célébrer la fin de la traite négrière au Morne. Mais c’est une révolution.

Aujourd’hui, lorsqu’on parle de compensation, des gens rient que la commission Justice et Vérité l’ait recommandée. Le gouvernement a introduit le CSR et ne sait que faire de cet argent et on le gaspille. Aujourd’hui, on parle de la lutte contre la pauvreté. C’est quoi cette lutte ? Des gens vivent sur la montagne à Tranquebar. D’autres vivent comme squatters à La Gaulette, au Morne. Est-ce que ce n’est pas la misère, ca ?

On attend toujours la mise en œuvre des recommandations de la commission Justice et Vérité…

Je dois rendre hommage à Navin Ramgoolam d’avoir accepté de l’instituer. J’avais fait la même demande entre 2000 et 2005, mais en vain. L’alliance MSM-MMM avait accepté mais n’avait pas par la suite eu le courage politique pour l’instituer au point que j’ai eu à démissionner quatre ans après et à quel prix. Ramgoolam l’a fait mais il n’a pas eu le courage de mettre les recommandations en application. Je déplore que ce rapport ne figure plus sur le site web du Premier ministre aujourd’hui. Qui a fait ca ?
Si M. Moirt était venu nous voir, on lui aurait indiqué comment aborder le problème au lieu faire comme s’il n’y avait eu aucun travail auparavant.
Avant que je ferme mes yeux j’aurais souhaité voir la mise en œuvre des recommandations de la commission Justice et Vérité concernant l’esclavage. Ce n’est pas la mer à boire. Malheureusement, le comité présidé par Xavier Luc Duval n’a rien fait pour cela.

Quelle est, selon vous, la principale mesure dont vous souhaitez voir la mise en œuvre ?
La principale mesure est la réparation. Nous ne sommes pas restes tranquilles. Nous avons sué afin de réussir de créer une fondation qui s’appelle Green Reparation Fondation qui a été enregistrée le 5 juillet. Pour nous, c’est cette fondation qui doit gérer la réparation des descendants des esclaves.

Comment se porte l’Organisation fraternelle ?

Nous poursuivons notre travail. Récemment, nous sommes intervenus auprès du ministère de l’Education et du MGI afin de corriger le chapitre concernant l’esclavage à Maurice qui sera inclus dans le programme scolaire. On a réussi à empêcher que les enfants apprennent des faussetés. Cela montre qu’un parti de l’opposition ou un parti politique peut apporter sa contribution à la société mauricienne. On a aussi à mettre un frein à Port-Louis by nature. Nous avons également apporté notre contribution sur le plan écologique.

On est en pleine tractation politique en ce moment. Comment est-ce ce que vous vous positionnez ?
Les réalités mauriciennes sont telles que je ne pense pas que les partis iront seuls aux élections même s’ils le disent avec insistance. Quant à nous, si un parti veut conclure une alliance avec nous, ce sera à quelques conditions, à savoir l’introduction de la réparation comme le préconise la commission Justice et Vérité, la réforme électorale avec l’introduction d’une dose de proportionnelle et le financement des partis par le gouvernement. Si nous ne sommes pas satisfaits, nous irons tout seuls.