Un camp de vacances pour diabétiques… Une initiative qui a fait ses preuves et qui, après 11 ans, se poursuit. Cette année, c’est à Senlis-Sur-Mer, à Riambel, que l’équipe de T1 Diams a posé ses bagages. Lors d’une journée portes ouvertes jeudi, ces jeunes atteints de diabète ont démontré qu’ils pouvaient être autonomes. Luxmi Danharry, Senior Diabetes Educator, indique que ce camp de sensibilisation vise à offrir une éducation thérapeutique aux enfants diabétiques de type 1 et à briser cette mentalité selon laquelle un diabétique ne peut vivre normalement.
Riambel, endroit indiqué pour les vacances, est d’autant plus gai en voyant rayonner le visage de petits diabétiques. Le diabète de type 1 touche principalement les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Caroline Tonta, âgée de 15 ans, est consciente de sa maladie silencieuse et nous confie que « son petit monde s’est écroulé » quand sa mère lui en avait parlé. « Il fallait que je fasse une piqûre d’insuline à des heures spécifiques. Cela me faisait peur au départ, mais j’ai apprivoisé ma maladie et je me sens comme une adolescente normale. » Yoann Isabelle, lui, âgé de 12 ans, nous raconte que sa maladie a surgi alors qu’il avait huit ans. « La maladie a été diagnostiquée suite à mes douleurs au ventre, quand ma mère m’a emmené à l’hôpital. On lui avait dit que je souffrais du diabète de type 1, j’avais alors 8 ans. Je vais à l’école et mes amis me voient faire mes injections. Il n’y a pas de moqueries ou d’indifférence à mon égard, cela pourrait arriver à n’importe quel enfant. »
Cette prise de conscience à un si jeune âge aurait pu révolter Caroline et Yoann, mais les deux refusent d’être couvés. Caroline est la première à refuser l’isolement et trouve que ce camp de vacances à Riambel lui permet de faire fi de sa maladie. « Le grand air et un encadrement soutenu nous aident à nous épanouir. » Gilbert Larché, père d’Éleanore, 12 ans, se réjouit de cette activité en groupe. « Ma fille avait 5 ans, avait des douleurs au ventre et souffrait d’hyperglycémie, allant même jusqu’à sombrer dans le coma. L’éducation thérapeutique par les membres de T1 Diams et ses insulines l’ont grandement aidée à s’en sortir. Il faut regrouper tous les diabétiques pour qu’ils puissent partager leurs expériences au sein d’un groupe qu’ils considèrent comme “Nou bann”. Car qui peut mieux comprendre un diabétique qu’un autre diabétique. »
Une maladie silencieuse
Bianca Labonté-Rajaram, manager du centre T1 Diams, relate que l’intégration sociale du diabétique de type 1 et le suivi psychologique font partie de l’accompagnement que T1 Diams met à la portée de tous ceux concernés par la maladie. « Parler du diabète, c’est l’associer en premier lieu à un adulte. Or l’enfant est aussi touché. À T1 Diams, on compte même un bébé de 18 mois qui est diabétique. » Parlant du camp de vacances, Bianca Labonté-Rajaram indique que tous les ans, le camp de T1 Diams se tourne vers un endroit particulier en vue de générer une prise de conscience autour de cette maladie silencieuse. « Notre mission principale est de renforcer l’éducation thérapeutique tout en offrant le support psychosocial qui se fait tout au long de l’année. » Notre intervenante insiste sur le fait que ce mal « peut être diagnostiqué » chez n’importe quel être humain. « Ils doivent alors avoir recours à des injections d’insuline à l’aide d’un stylo à insuline dans le ventre, dans le bras, et ce plus de six fois par jour surtout à l’heure des repas. » À la question de savoir comment le diabète peut être diagnostiqué chez l’enfant, Bianca Labonté-Rajaram explique que le pancréas de celui-ci cesse à un certain moment de produire de l’insuline, ce sucre absorbé par le corps qui se transforme en énergie et dont le corps a besoin pour ses activités au quotidien. Dans le cas du diabète de type 2, elle indique que le corps produit de l’insuline, mais pas en quantité suffisante pour les besoins du corps d’un adulte.
Nécessité de récolter Rs 6 M
Luxmi Danharry, Senior Diabetes Educator, indique que l’association regroupe 269 bénéficiaires enfants et adultes, un thérapeute travaillant à temps plein, deux éducatrices ainsi qu’une infirmière. « L’empowerment est important en vue de les aider à mener une vie normale. On a mis en place des ateliers pour leur indiquer comment se sentir bien dans leur peau autour du tabouret à trois pieds qui symbolise nutrition, insuline et exercice physique. » Abdullah Dustagheer, président de T1 Diams, poursuit en indiquant que depuis la mise en place de T1 Diams en septembre 2005, l’association milite pour briser les tabous entourant le diabète de type 1. « Notre maxime repose sur trois volets : Care, Empowerment, Peace of Mind. Notre souhait est de rendre autonomes tous ces jeunes diabétiques afin qu’ils puissent vivre normalement et s’épanouir comme n’importe quel jeune de leur âge. On a besoin de 6 millions pour mener à bien notre projet et on a reçu moins de 50 % vu que les CSR sont en difficulté. D’où notre appel et notre combat pour réunir la somme nécessaire à travers un nouveau site Web en construction… Nous voulons aller vers une nette professionnalisation de nos services offerts à T1 Diams. »
Pour conclure, Bianca Labonté-Rajaram trouve qu’il est « essentiel que les membres du public connaissent les maladies et les symptômes liés au diabète », notamment une perte de poids drastique et inexpliquée, l’enfant a toujours soif, il urine souvent et souffre d’une grande fatigue. « Pour chaque enfant, le symptôme est différent, mais il est important que nous ayons le réflexe de faire un bilan sanguin quand nos enfants présentent ce genre de comportement. On lance un appel aux parents qui ne connaissent pas l’association de nous contacter au 427-2916 et de bénéficier de nos services. » Pour rappel, cette année le camp diabétique de T1 Diams à Riambel a accueilli plus d’une cinquantaine d’enfants et de jeunes bénéficiaires.