Des habitants du village de Tamarin veulent se débarrasser au plus vite des marchands de drogue synthétique qui opèrent dans certains endroits du village à des heures précises. Pour y arriver, Jean-Jacques Arjoon – habitant de Tamarin, sociologue et animateur de La Pointe-Tamarin – a invité le député de la circonscription, Ezra Jubboo, un officier du poste de police de Rivière-Noire et des habitants du village à une réunion d’urgence mercredi soir dans le centre de La Pointe Tamarin pour parler de la prolifération de drogue qui, dit-il, « a déjà pris une dimension alarmante ».

« Bann marsan ladrog sintetik pe organiz festival ladrog ninport ki lendrwa, dan Residans Barkly ek lezot landrwa, parski bann dimounn dan landrwa fini abdike. Isi osi bann marsan ladrog sintetik fini koumans met striktir an plas pu ki zot okip le marche. Finn ariv ler pu nu dibout e organize avan ki zot touy nu bann zanfan. » Avant de poursuivre son intervention, il raconte le cas d’une mère de famille habitant Tamarin qui lui a confié la semaine dernière comment elle avait dû remettre Rs 500 de ses Rs 2 500, somme destinée à « tir rasion enn mwa », a son fils, et ce sous la menace d’un couteau, afin que ce dernier puisse se procurer de la drogue synthétique. Et de citer également le cas d’un pêcheur de la région ayant vu un marchand de drogue approcher un  jeune de 16 ans sur la plage de Tamarin. « Une fois que nos enfants auront goûté à la drogue synthétique, ils pourront tomber facilement dans l’enfer », explique le sociologue. « Cette drogue a fait de nombreuses victimes. En tant qu’enseignant, j’ai eu l’occasion d’entendre des pères et des mères de famille, qui viennent régulièrement me confier leurs souffrances à cause de leurs enfants, qui sont aujourd’hui devenus prisonniers de cette drogue. Ce qui est navrant, c’est que ces dealers utilisent des produits chimiques “légalement” disponibles sur le marché et à un coût très bas. »

Après avoir écouté attentivement Jean-Jacques Arjoon, les parents présents dans la salle n’ont pas caché leur colère. Ronnie, père de deux enfants, et Jenny, qui était accompagnée de son enfant, ont  vivement critiqué l’attitude de « certains policiers de la région » qui, selon eux, ne les « prennent pas au sérieux » lorsqu’ils les appellent pour dénoncer les trafiquants. « Finn ariv ler pu ki nu organiz nu dan vilaz. Nu ale dan stasion par group ek nu donn bann nom trafikan, landrwa ek kiler bann marsan lamort-la opere. Nu bizin kone lerla si li pu konsidere kouma alegasion », suggèrent-ils avec l’approbation de l’assistance.

Le député Ezra Jhuboo n’a pas été tendre envers la force policière. « Lepep finn perdi konfians dan lapolis. Dimounn finn fatige ek bann problem ki sosiete pe fer fass tulezur. » Et de faire comprendre aux personnes présentes que les députés « ne font pas de miracles ». Il a invité les conseillers du village à devenir « plus actifs » pour défendre l’intérêt des habitants. « Vous devez prendre vos responsabilités. »

Jean-Jacques Arjoon demande aux habitants vivant dans la périphérie du village de contribuer pour consolider le CSR et les rejoindre dans leur combat contre ce fléau. « La drogue ne se limite pas au village. Les conséquences ont déjà commencé à se faire ressentir il n’y a pas longtemps au Morcellement Carlos, où une septuagénaire a failli trouver la mort après un vol qui a mal tourné. Les promoteurs et leurs clients ne dormiront plus sur leurs deux oreilles s’ils continuent à jouer à l’indifférence », prévient-il. « Vinn donn kutmin. D’autant plus que des rumeurs circulent à l’effet qu’un adolescent tombé dans l’enfer de la drogue donne du fil à retordre à ses proches quotidiennement. »

Avant de quitter la salle, parents et volontaires ont décidé de créer une force vive à Tamarin pour une meilleure coordination et « pour un suivi dans l’action ».