TÉLÉPHONIE MOBILE : Apple et Samsung face à la concurrence chinoise

Depuis des années, Apple et Samsung se livrent une lutte acharnée pour dominer le marché de la téléphonie mobile. Mais les choses sont en passe de changer, les deux géants devant désormais compter sur une concurrence chinoise de plus en plus féroce.
Apple et Samsung, qui vont prochainement dévoiler de nouveaux smartphones, sont toujours à la recherche de la formule magique pour préserver leur domination face à la concurrence chinoise, sur fond de ralentissement du marché. L’enjeu est de taille pour Apple, qui veut préserver son image d’innovateur en chef. Mais le groupe américain a peiné ces dernières années à présenter de nouvelles fonctionnalités révolutionnaires pour l’iPhone, dont le premier exemplaire remonte à juin 2007 et qui s’est vendu à plus de 1,2 milliard d’exemplaires.
La firme à la pomme devrait présenter son 8e iPhone en septembre. Comme d’habitude, les caractéristiques du nouvel appareil, ainsi que sa date de commercialisation, font l’objet d’une multitude de rumeurs dans la presse spécialisée, qui avance aussi que ce nouvel avatar pourrait coûter au moins 1,000 dollars (850 euros).
“Il est évident qu’Apple veut faire quelque chose de différent pour le dixième anniversaire de l’iPhone”, relève l’analyste Stephen Baker du cabinet NPD Group. Le numéro un du marché, le sud-coréen Samsung, a pour sa part lancé son Galaxy Note 8 il y a quelques jours, un lancement d’autant plus attendu que le modèle précédent avait dû faire l’objet d’un rappel, à cause de cas d’explosions de batteries.

Grandes attentes.
Selon les dernières rumeurs, le nouvel iPhone pourrait être doté d’un écran occupant toute la surface du téléphone, avec un emplacement prévu pour un appareil photo supplémentaire permettant la reconnaissance faciale en 3D. L’iPhone 8 pourrait aussi avoir une façade arrière en verre et permettre le chargement sans fil. Certains prêtent aussi à Apple l’intention de sortir non pas un mais trois modèles, dont un “iPhone Pro”, destiné au marché haut de gamme.
“On s’attend à un renouvellement important au niveau du design” chez Apple, explique Avi Greengart, analyste chez GlobalData. “C’est un point sensible, surtout en Chine. Les gens veulent exhiber un appareil qui reflète leur statut social et donc il faut qu’il se distingue d’un téléphone (chinois) Huawei ou Xiaomi, et je pense que ce sera le cas”, poursuit-il.
Apple a perdu du terrain en Chine, où son chiffre d’affaires a baissé de 10% au dernier trimestre par rapport à la même période de l’an dernier. Avec 341,6 millions d’unités écoulées, les ventes de smartphones dans le monde ont baissé de 0,8% au deuxième trimestre par rapport au premier, et de 1,3% par rapport au second trimestre 2016, selon le cabinet International Data Corporation (IDC).

Réalité virtuelle.
IDC place toujours Samsung et Apple en tête, avec respectivement 23,3% et 12% de parts de marché, sans grand changement. En revanche, le chinois Huawei s’est rapproché d’Apple, avec 11,3% du secteur, soit deux points de plus qu’à la même période de 2016. Deux autres groupes chinois, Oppo et Xiaomi, arrivent ensuite.
“Samsung a connu le fiasco du (Galaxy) Note 7 mais on dirait que le groupe a surmonté ce problème”, relève Avi Greengart. Selon lui, le groupe “réalise des prouesses quant à l’écran et au design”. Autre acteur, l’américain Google, qui a lancé le Pixel l’an dernier et qui pourrait lancer le Pixel 2 dans les mois qui viennent. Selon la presse, ce modèle disposera d’un meilleur écran et d’un haut-parleur supplémentaire sur la face avant, ainsi que d’un deuxième appareil photo à l’arrière.
À part pour Apple, qui va essayer d’époustoufler tout le monde avec son “iPhone-anniversaire”, les smartphones lancés cette année présenteront des améliorations à la marge plutôt que des transformations radicales, estime l’analyste Brian Blau, du cabinet Gartner. Et “il y aura quelques petits nouveaux, c’est toujours enthousiasmant”, ajoute-t-il.
Un nouveau modèle de smartphone, Essential, conçu par Andy Rubin, le créateur du système d’exploitation mobile de Google, Android, est ainsi en vente depuis peu à 699 dollars (595 euros). Mais selon les analystes, le salut pourrait venir de la réalité augmentée ou de la réalité virtuelle. Google et Samsung ont déjà lancé des casques de réalité virtuelle où l’on peut insérer son portable. Début juin, Apple a dévoilé un outil de réalité augmentée à destination des développeurs, qui peuvent ainsi désormais créer des applications de ce type pour les appareils de la marque.

ROBOTS “TUEURS” : Mise en garde d’un groupe de PDG
Une centaine de responsables d’entreprises de robotique ou spécialisées dans l’intelligence artificielle, dont le milliardaire Elon Musk, ont écrit une lettre ouverte aux Nations Unies pour mettre en garde contre les dangers des armes autonomes, surnommées “robots tueurs”. Les “armes offensives (destinées à tuer, Ndlr) autonomes (…) permettront des conflits armés à une échelle jamais vue auparavant et à des vitesses difficiles à concevoir pour les humains”, peut-on lire dans cette lettre ouverte à la convention des Nations Unies sur les armes.
Parmi les signataires figurent Elon Musk, patron du constructeur de voitures électriques et partiellement autonomes Tesla, ou encore de l’entreprise spatiale SpaceX, ou encore Mustafa Suleyman, de la société britannique DeepMind, détenue par Google et spécialisée dans l’intelligence artificielle. “En tant qu’entreprises mettant au point les technologiques d’intelligence artificielle et de robotique qui pourraient être détournées pour développer des armes autonomes, nous nous sentons particulièrement responsables pour tirer le signal d’alarme”, disent-ils encore.
“Elles peuvent être des armes terrifiantes, des armes que des dictateurs et des terroristes utilisent contre des populations innocentes, et des armes piratées à des fins funestes”, poursuivent les signataires, dans ce courrier diffusé récemment par le Future of Life Institute, organisme non lucratif basé aux États-Unis qui met en garde contre les méfaits possibles de la technologie. “Nous n’avons pas beaucoup de temps pour agir. Une fois ouverte cette boîte de Pandore, elle sera difficile à refermer. C’est pourquoi nous vous implorons de trouver le moyen de nous protéger de ces dangers”, écrivent encore les signataires, originaires du monde entier.
L’Onu se penche depuis 2013 sur ce type d’armes et des réunions sur le sujet devaient avoir lieu à partir de lundi à Genève, réunions finalement annulées et reportées à novembre, selon le site internet des Nations Unies. En 2015, plusieurs milliers de chercheurs et personnalités avaient déjà lancé un appel pour l’interdiction des “armes offensives autonomes”. Elon Musk, qui est membre du Future of Life Institute, de même que le célèbre astrophysicien britannique Stephen Hawking, met régulièrement en garde contre “les dangers” de l’intelligence artificielle, citant en particulier les “robots tueurs”.