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À Maurice, ils sont encore nombreux à s’interroger sur les démarches à entreprendre lorsqu’ils sont témoins de maltraitance sur les animaux. Vers qui se tourner ? La police, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), l’Animal Welfare Unit (AWU) ? Est-il possible de dénoncer les auteurs tout en conservant l’anonymat? La police est-elle, elle-même, au courant des procédures et des mesures de l’Animal Welfare Act ? Que dit la loi ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour sauver un animal victime de cruauté ou de maltraitance.

À Maurice, des sanctions sont prévues en cas de mauvais traitements, d’abandon, de sévices graves et d’atteintes à la vie de l’animal. Selon l’Animal Welfare Act de 2013, la cruauté ou la maltraitance peuvent survenir dans les situations suivantes : la personne torture ou traite un animal de manière à lui causer des souffrances ; l’animal ne reçoit pas d’eau ni de nourriture de son maître en quantité suffisante, ou n’est pas gardé dans un habitat convenable ; l’animal est soumis à des abus ou  mauvais traitements qui peuvent affecter sa santé ; il est maintenu en laisse ou serré d’une corde courte, “in close confinement or with hobbles on its legs”; quand le maître permet intentionnellement à son animal d’errer dans les rues ou l’abandonne. La personne soupçonnée de maltraiter son animal encourt alors une amende ne dépassant pas Rs 15 000 et une peine d’emprisonnement allant jusqu’à six mois.

Ainsi, si certains animaux subissent à Maurice plusieurs formes de maltraitance, dénoncer les auteurs devient parfois un long parcours du combattant, les plaignants déplorant la lenteur des autorités à agir et leur incompétence. La police connaît-elle bien les procédures et les mesures prévues par la loi ? Selon quelques témoignages que nous avons recueillis, il semblerait qu’il y aurait des lacunes. Cherry-Anne Besnard, volontaire et membre de l’association Angels of the Voiceless (AOTV) en témoigne : « Nous nous heurtons régulièrement au refus catégorique des policiers de nous aider, ils ne connaissent même pas la loi. » Aussi, un cas qui aurait pu être résolu, selon elle, depuis fin décembre 2017 a duré trois mois à cause de policiers mal informés. « Après avoir constaté que, dans ma rue, deux chiens étaient privés d’eau et de nourriture, maintenus en laisse 24 h sur 24, 7 jours sur 7, livrés aux intempéries, je me suis rendue au poste de police. J’ai dû m’y rendre à deux reprises. Le premier jour, on me dit que c’est seule la MSAW qui est habilitée à intervenir. Mais après avoir signalé le cas à la société de protection animale, cette dernière me dirige vers l’Animal Welfare Unit, laquelle me recommande de me rendre de nouveau au poste de police pour consigner une déposition. Au poste, on me dit que si je dépose une plainte, j’aurais besoin de les accompagner chez le propriétaire des deux chiens, alors que moi, je ne voulais pas me mettre en danger. Cela a duré trois mois avant qu’un officier de l’AWU m’éclaircisse: déposer une plainte à la police, avoir un OB number afin que les officiers de la AWU puissent agir».  

Selon les renseignements obtenus du ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, l’entrée au poste est nécessaire pour que les officiers de l’Animal Welfare Unit puissent entrer dans un domicile privé, accompagné du plaignant. Un O.B ou un D.B number est nécessaire pour avoir l’assistance policière. «C’est obligatoire de consigner une déposition à la police pour avoir accès à un domicile privé. L’assistance policière est aussi synonyme de sécurité pour les officiers de l’AWU, et aussi pour assurer l’authenticité des cas rapportés», nous dit-on au ministère de l’Agro-industrie. Il y aurait, à la AWU, sept officiers, incluant un vétérinaire et cinq Animal Control Officers.