Connaissez-vous beaucoup de pays où des véhicules (voitures individuelles, tracteurs de service public, motocyclettes et bicyclettes), le tout au nombre avoisinant la cinquantaine, circulent librement sans déclarations et vignettes d’assurances ? Selon plusieurs témoignages de visiteurs qui en reviennent, c’est bien sûr les deux îles (Nord et Sud) d’Agaléga, territoire outremer qui fait partie intégrante de la République de Maurice, que pareille incurie règne !
Agaléga serait-il un territoire sans loi au sein de notre république ? Il nous a été impossible de confirmer cet état de choses très grave auprès de l’Outer Islands Development Corporation (OIDC), vendredi dernier. A l’heure où nous avons téléphoné pour confronter nos informations avec les explications du directeur de cette corporation chargée de l’administration d’Agaléga, sa secrétaire nous a répondu qu’il était pris dans une réunion. Nous aurions beau préciser le motif de notre appel en donnant force détails avec prière de fournir une réponse, mais à l’heure où nous mettions sous presse, ce samedi, aucune explication n’avait été donnée.
Du côté de la National Transport Authority, organisme central chargé de contrôler les véhicules dans la République, le directeur était aussi occupé. Toutefois, il nous a été donné de comprendre que la NTA n’a pas les moyens logistiques nécessaires pour exercer son autorité dans les territoires mauriciens outremer. Il paraît que tel avait été aussi le cas jusqu’à tout récemment à Rodrigues jusqu’à ce que le choses aient été régularisées là-bas.
A Agaléga, il semblerait que la pratique est que les véhicules qui s’y rendent obtiennent leurs vignettes auprès de la NTA avant d’être embarqués à Port-Louis. Mais qu’advient-il après, une fois que date de déclaration et d’assurance expire — personne dans cette île n’a de réponse. La National Transport Authority n’ayant pas de sous-office dans l’île, les autorités compteraient sur la Police pour faire le travail, mais celle-ci ne serait pas non plus à la hauteur. Cette situation ne serait pas sans inconvénients, surtout lorsque survient un accident. Selon nos informations, il y a quelques années, un scientifique étranger en mission dans l’île avait été assez gravement blessé après avoir été heurté par une voiture, mais heureusement pour l’OIDC, les parties impliquées purent arriver à arrangement et l’affaire ne fut pas ébruitée.
Toujours selon nos sources, l’irrégularité dans laquelle les véhicules circulent à Agaléga ne serait pas la seule caractéristique d’un laisser-aller, d’un état d’abandon général dans ce territoire mauricien où vivent quelque 300 familles. Des dizaines de chiens errants — parfois agressifs — rôdent sur les plages. « J’en ai même vu qui se jettent à la mer pour capturer des poissons », raconte un visiteur revenu à Maurice. Il y a également des fûts (drums vides) et des caisses de boissons gazeuses qui sont balancés dans les bois au bord des routes, qui défigurent le paysage. 
Agaléga, rappelons-le, est rattaché à la circonscription No 3 (Port-Louis Maritime/ Port-Louis Est) pour des raisons électorales. L’île a quatre députés (Shakeel Mohamed du PTr, Adil Ameer Meea du MMM, le député ministre ML Anwar Husnoo en plus du député correctif PMSD Salim Abass-Mamode pour la représenter à l’Assemblée nationale. Comment expliquer que ces états de choses ne soient jamais parvenus aux oreilles de ces honorables messieurs et encore moins celles du ministre de tutelle, Prem Koonjoo ? S’ils n’y croient pas, ils n’ont qu’à aller voir !