Après avoir réussi les auditions à l’aveugle et l’audition finale en face des coaches la semaine dernière, c’est le troisième passage pour notre compatriote Yvette Dantier en ce début d’avril sur la scène de l’émission “The Voice” pour le premier prime. Celle qui a rejoint l’équipe de Zazie après avoir livré une belle performance, “Coup de Soleil” de Richard Cocciante, face à Billy Boguard et Ecco, se présentera de nouveau devant le jury composé de Florent Pagny, Zazie, Mika et Pascal Obispo pour tenter de conquérir leur coeur. Comme sur scène, à Baie-du-Tombeau où elle nous reçoit, la jeune chanteuse de 25 ans, déjà très suivie sur Youtube et les réseaux sociaux, avec un sourire radieux, nous accueille. Belle coupe afro assumée qui lui va à ravir et longue robe hippie, qui souligne sa mince silhouette, la sympathique Yvette, pleine de fraîcheur et de joie de vivre, nous parle de sa passion qu’est la musique, raconte sa participation à “The Voice” et confie ses projets, ses rêves.

Après avoir passé l’étape des auditions finales et quitté l’équipe de Pascal Obispo pour rejoindre Zazie, notre jeune talent poursuit l’aventure de “The Voice”. À Maurice, la jeune femme s’est déjà fait connaître sur Youtube où elle dépose des vidéos de reprises ou encore ses propres compositions qu’elle accompagne magnifiquement bien à la guitare. Mais son goût pour la musique remonte depuis son enfance.

Née le 19 novembre 1992 à Curepipe, Yvette Dantier, benjamine d’une fratrie de quatre soeurs – une à Nancy, une autre à l’île de la Réunion et une autre à Maurice – affirme très tôt son penchant pour le domaine artistique. Lauréate de Ti Mambo (concours de chant national) en 2005, elle décide de prendre des cours de guitare dans le but d’acquérir une certaine autonomie musicale. Elle fait alors ses débuts en tant qu’artiste dans diverses kermesses à travers l’île. Durant cette même période, elle devient membre de la chorale (Mary Ward), ce qui lui permet d’avoir une expérience de chant en groupe.

Après l’obtention de son HSC, elle entame des cours de guitare classique de la Royal Schools of Music, dont elle sortira diplômée en 2012. Cette même année, elle remporte le concours Star 2012. L’année suivante, elle participe à Nou pays nou Lamisik où elle finira parmi les dix finalistes. À cette occasion, elle lance “Rev Ensanter”, son premier titre.

Guitariste rythmique et choriste de Zulu

Repérée pour ses talents musicaux par le producteur de Zulu, elle intègre La tribu de Zulu en 2013. Elle accompagne le chanteur durant sa tournée locale, mais aussi dans les îles de l’océan Indien, notamment aux SAKIFO, à l’île de la Réunion et au Festival de Kite Surf, à Rodrigues. Par ailleurs, elle enchaîne des mini-concerts en solo et fait la première partie de Nicole Croisille à l’occasion du Festival Passeportes 2015.

Depuis, elle se penche sur la composition et l’écriture pour créer sa propre musique. En 2017, elle rencontre Nicolas Tarik, auteur-compositeur-interprète français avec qui elle entame une collaboration. Celui-ci lui écrit “La perle rare” et lui propose aussi “Un garçon sage”. Ensemble, ils font la première partie de “Grèn Semé” lors de leur unique concert à Maurice pour la Fête de la musique 2017.

De “Talents by mouv” à The Voice

En 2015, se déroulent à Maurice, les auditions Talents by Mouv qui a pour but de dénicher les meilleurs talents locaux pour The Voice France. Elles se tiennent au Backstage à Ebène en présence de Bruno Berberes, directeur de casting de The Voice France, et Baptiste Jung, chargé de casting de la zone océan Indien.

À l’issue du casting, Yvette va se retrouver parmi les 10 finalistes. Baptiste Jung la contactera en 2015, puis en 2016, sans donner de suite. Mais la grosse surprise viendra en 2017. « Lorsqu’on m’a appelée, je me suis dis que ce sera comme les autres fois, qu’il n’y aura peut-être pas de suite, et je me suis remise en question, me disant que je n’étais pas une chanteuse à voix, car je chantais plutôt des bossa novas et que ce concours n’est peut-être pas fait pour moi. Après m’avoir accordé quelques heures de réflexion, la production m’a rappelée et pris rendez-vous pour une audition Skype», raconte-t-elle. Yvette interprètera deux titres, dont “Blue bayou” de Mireille Matthieu. Après trois semaines, elle apprend qu’elle a enfin été séléctionnée pour faire une prise de tonalité à Paris et faire les auditions avant celle des auditions à l’aveugle. «Je pensais que je passerais directement aux auditions à l’aveugle. Il fallait donc faire le déplacement à deux reprises à Paris, et cela, à mes frais. J’ai la chance d’avoir une soeur à Nancy, qui est à cinq heures de Paris»

Une équipe chaleureuse

C’est devant les producteurs de l’émission, ainsi que ceux d’Universal Music qu’Yvette passera les auditions. «J’ai découvert une équipe très chaleureuse. On nous mettait en condition pour qu’on ne soit pas stressés». Après cette phase de “préparation”, place aux prestations devant le public. «J’avais une minute trente pour convaincre les fauteuils retournés. Quand le moment arrive, c’est flippant. Le stress monte d’un cran quand vous arrivez sur scène, qu’il y a 400 têtes qui vous regardent, que le public n’applaudit pas, que vous sentez le sol craquer sous vos pieds et entendez le froufrou de votre robe

Mais son interprétation de “Téléphone-moi” de Nicole Croisille et sa voix cristalline qui montre toute la maturité que renferme cette mince silhouette ont convaincu le jury. Excitée de poursuivre l’aventure, elle apprendra que lors des confrontations, elle chantera contre son amie Ecco : « C’est une super amie à moi. Nous avions toutes les deux les larmes aux yeux, car nous ne nous attendions pas à chanter l’une contre l’autre» dit-elle.

Étudier le jazz au Berklee College of Music

À 25 ans, Yvette Dantier qui détient un degré en Production and Operations Management a des projets plein la tête. Comment se voit-elle dans quelques années ? « La vie est tellement imprévisible. J’aimerais continuer dans la musique et voyager car j’aime bouger. Dans cinq ans, je me vois bien en Europe à chanter dans les couloirs du métro et gagner ma vie ainsi. Et étudier le jazz à Boston, à l’école de musique de Berklee, cette école considérée comme étant l’une des plus prestigieuses au monde, notamment dans l’univers du jazz et de la soul. Tous les grands jazzmans viennent de là-bas, même Philippe Thomas. C’est mon rêve et c’est ce qui me motive