Dans un entretien à bâton rompus, accordé à Week-End en fin de semaine, Thierry Vallet nous explique les raisons derrière les gros moyens, surtout financiers, engagés dans l’organisation de Afrasia Bank Mauritius Open qui est à sa 3e édition à partir de ce 30 novembre.  Une compétition où millions d’euros sont en jeu. Le General Manager de l’Afrasia Bank souligne que Rs 100 millions ont été nécessaires pour l’organisation de cette compétition.


Thierry Vallet, nous sommes cette année à la 3e édition du AfrAsia Bank Mauritius Open, peut-on d’ores et déjà dire que la banque est entrée dans la phase de la pérennisation de cette compétition? 

Tous ceux qui se sont engagés depuis le départ dans la conception de ce projet souhaitent qu’effectivement l’AfrAsia Bank Mauritius Open se pérennise. Sans doute on ne le voit pas, mais derrière l’organisation de ce tournoi il y a beaucoup d’efforts humains qui ont été consentis. N’oublions pas que c’est le premier  tournoi au monde qui est sanctionné par les « Trois Tours, » qui sont l’Européen, Sunshine et l’Asian. Cette compétition aide non seulement à placer Maurice sur la carte golfique, mais aussi sur la carte touristique du monde. Durant ces deux dernières années, nous avons un «exposure» très important dans les médias internationaux,  avec une transmission live à travers le monde et qui touche plus de 483 millions de foyers. Certes, l’impact sur les arrivées touristiques reste à être mesurer, mais il est certain que la diffusion d’un tel tournoi contribue énormément dans l’expansion du tourisme mauricien. Pour répondre un peu plus directement à votre question, je peux vous assurer qu’il y aura une 4ème édition l’année prochaine.




Pourquoi avoir choisi le golf et non pas un autre sport comme le football? Est-ce le côté prestige pour AfrAsia Bank?
Dès le début, nous nous sommes intéressés au golf, c’est un sport très populaire et qui se développe très bien à Maurice. Puis le golf allait de pair avec notre image de banque privée et d’entreprises. Le golf reste un sport de précision, ce qui correspond souvent au profile de notre clientèle. Pourquoi le golf et pas le football? Ecoutez, quand vous avez les tours Européens, Sunshine et Asian Tours qui décident de s’allier pour mettre en œuvre un tournoi de cette envergure et de mettre à votre service tout leur savoir-faire, c’est une offre plus que recevable. Si nous avions opté, par exemple, une compétition de course automobile, cela aurait demandé un investissement encore plus considérable.




C’est la combinaison gagnante selon vous pour votre image de banque privé?
Écoutez, AfrAsia Bank ne nie pas le fait qu’elle est une banque privée à la base, mais je dois vous dire que nous offrons, entre autres, des services commerciaux comme les emprunts pour les achats des biens immobiliers, des prêts pour l’acquisition des voitures et ainsi que des offres pour les petites, moyennes et grandes entreprises. Reste que, si effectivement le golf va de pair avec l’image d’une banque privée, il n’empêche que l’organisation de cette compétition va au-delà de la seule image d’AfrAsia Bank. Cette compétition est étroitement liée au secteur touristique mauricien et agi dans la foulée comme une plateforme financière, un business hub pour la région. L’AfrAsia Bank Mauritius Open est surtout pour nous une occasion de mettre en avant plusieurs facettes de notre pays.



Cette compétition est à sa 3e édition et vous venez de dire qu’il y aura un 4e rendez-vous l’année prochaine. Peut-on parler de bilan positif à ce jour?
Définitivement les deux premières éditions ont été de grands succès sur le plan sportif que commerciaux. Nous avons eu des joueurs de grand renom et de très grandes qualités qui nous ont offert des moments de golfs inoubliables et si nous organisons une 3e édition et voir même une 4ème c’est que nous sommes très satisfaits des retombées.  L’AfrAsia Bank Mauritius Open 2016 a un ‘broadcasting’ unique dans le monde entier, avec un retour media évalué à plus, de plus de 85 millions de dollars américains. Sur un plan purement commercial, cette compétition est une occasion de faire du branding, car nous desservons aujourd’hui une clientèle dans plus de 130 pays à travers le monde. A titre d’information, le « broadcasting » que nous avons eu l’année dernière, est évalué à plus de 85 millions en dollars américains.Un événement de cette dimension facilite aussi notre expansion.




Parlez nous de l’édition 2017, en quoi est-elle différente, de celles de ces deux dernières années?
Le tournoi s’agrandit, le plateau des joueurs est plus important et surtout plus relevé. Mais ce qui a vraiment évolué en 2017, c’est la date de la compétition qui a changé. AfrAsia Bank Mauritius Open fait partie de la saison golfique internationale et figure parmi les premières compétitions sur le calendrier 2018. Le fait de jouer fin novembre-début décembre nous donne l’occasion d’avoir une page horaire plus importante et une meilleure participation puisque cette année nous pouvons accepter 156 entrées contre 126 l’année dernière. Ce qui veut dire que nous pouvons débuter très tôt et jouer jusqu’à très tard dans la soirée.
Il faut savoir qu’il y a une longue liste d’attente avec plus de 500 joueurs inscrits. C’est vous dire l’importance qu’a pris cette compétition, avec la plupart des joueurs qui assurent eux-mêmes leurs frais de participation. 
Pour l’édition 2017, nous avons des grand noms à l’instar de Matthieu Pavon, Romain Langaque, Dylan Fritelli ou encore Louis Oosthuizen qui lui est actuellement 22e au classement mondial. Dans la même lignée, il y a aussi Darren Clarke, Jamie Donaldson ou Scott Hend. Il y aussi un excellent contingent de joueurs français qui seront présents. Cette année, nous comptons aussi sur l’indien SSP Chawrasia, qui est leader du tournoi de la semaine à Hong Kong.

Malgré votre image de banque privée, on constate votre volonté pour rendre l’AfrAsia Bank Mauritius Open, une compétition populaire, pourquoi?

Ce tournoi a la particularité d’être une réussite de collaboration entre les trois conglomérats mauriciens qui sont IBL à travers AfrAsia Bank, ENL/Rogers à travers Heritage et CIEL, aussi bien qu’ à travers Anahita. Pour nous c’est avant tout l’image de Maurice qui est importante. Ce tournoi est aussi un modèle de réussite entre le privé et l’État, qui est représenté dans ce tournoi à travers la MTPA. Donc rendre cette compétition populaire où des Mauriciens viennent soutenir les joueurs, est primordiale. C’est pour cette raison que nous attachons une importance particulière à rendre cette compétition populaire.


Comment se présente la couverture internationale cette année?

Bien, je dirais même excellente avec des gros moyens qui ont été mis en place avec une retransmission en direct dans le monde entier. Les équipements qui seront utilisés n’existent pas à Maurice. Nous avons plus de 60 personnes, attachés à l’équipe de la télévision uniquement et qui ont fait le déplacement pour assurer la couverture de cette compétition.

AfrAsia a mis la main dans la poche pour cela?
AfrAsia oui, mais pas que nous. C’est plus de 100 millions de roupies d’investissements pour une telle organisation. La banque AfrAsia est certes un gros contributeur à l’organisation, mais nous ne sommes pas les seuls. En plus des partenaires déjà mentionnés, nous avons cette année le soutien des grandes marques comme Mastercard, Jaguar, Grit, Oxenham, Coca Cola, Phoenix Beverages et Emtel.

Un million d’euros de prix en compétition et le gagnant peut aller jusqu’à plus de 150 000 euros de gain. Est-ce le prix à mettre pour avoir un tournoi de cette envergure?
C’est le minimum qu’il faut faire pour assurer un tournoi de cette envergure. Pour rappel, le prize money pour l’AfrAsia Bank Mauritius Open est à la hauteur d’un million euro.




L’AfrAsia Bank Mauritius Open est la seule compétition à être couverte par trois tours, Sunshine, Européen et Asian au monde. Peut on savoir l’effort qui a été fait pour avoir ce soutien?
Beaucoup d’efforts, mais surtout de longues discussions. Cela a été certes laborieux dans les discussions, mais nous avons surtout eu la chance d’avoir les bonnes personnes pour discuter de cet accord pour un tournoi Tri Sanction. Un créneau s’est offert à nous et nous avons su la saisir pour en faire le plus gros événement sportif jamais organisé à Maurice.

30 nations seront représentées durant cette compétition, AfrAsia Bank Mauritius Open a-t-il l’ambition d’attirer plus pour la prochaine édition?

Cela ne dépend pas de nous. Il y a des règles très strictes qui sont mises en place par les Tours et seules les meilleures sont sélectionnées.

Le mot de la fin Thierry Vallet.
C’est une grande chance pour le public mauricien de voir évoluer des joueurs de golf de niveau mondiale à Maurice. Ce sera une expérience unique pour ceux qui vont assister à ce tournoi pour la première fois. Il y a aussi des joueurs mauriciens qui seront en action, et nous attendons à recevoir une foule encore plus importante que la précédente édition.