NEEKEEA RAMEN

Le sentiment d’avoir fait un cheminement sublime avec Thiruvalluvar est toujours présent en nous. Qui sortirait indemne de cette expérience sans pareille après des mois de conversations secrètes avec Thiruvalluvar ?
Notre rencontre a été comme un enrichissant voyage pour que l’on débouche sur ‘Lamur An Ekri’, notre traduction de la troisième partie de son œuvre, le Thirukural. On le dit poète épique, sage et saint vénéré, philosophe de la vie et de la morale. Mais nous, on l’appelle notre ami Thiruvalluvar.
Notre parcours, avec Kavinien Karupudayyan, pour aboutir à ‘Lamur An Ekri’ était comme une quête de Thiruvalluvar, l’humain. Une recherche profonde pour comprendre… peut-être même pour aboutir à la compréhension de soi…
Que ceux qui disaient que Thiruvalluvar ne pouvait évoquer l’amour se détrompent car la poésie profonde, qui imprègne ses vers, nous a fait vivre des moments d’intenses émotions tout au long de ce voyage. Il parlait (et ses écrits parlent toujours aujourd’hui) de tout ce qui nous touche dans notre vie, et l’amour n’est pas en reste.
Notre voyage avec Thiruvalluvar, qui a commencé à Chennai, avec la traduction de Gopalkrishna Gandhi qui apporte un bel éclairage, était devenu comme une urgence de se découvrir à travers ses strophes. Déjà, on ressentait cette vérité qui défiait le temps. L’amour reste le même dans le cœur de l’homme et de la femme. L’amour n’est pas une conception de notre esprit. L’amour n’est pas non plus une tradition transmise de génération en génération… Il est juste là… Il existe tout simplement dans les méandres de nos cœurs. L’amour n’a que faire de l’espace-temps. Il transcende tout sur son passage pour se révéler en nous. Thiruvalluvar nous guide, en nous prenant la main… comme un vrai ami… il nous promène par le biais de ses visions et ses sentiers gorgés du nectar de la passion… Il se met tantôt dans la peau de l’homme amoureux tantôt dans le cœur tendre de la femme pour nous livrer ses joies, ses peines, ses colères, ses jalousies et ses bouderies… 
Les souffrances qu’engendre l’amour dans la séparation sont un fait du monde actuel. Thiruvalluvar en parle avec justesse…

Sapit 119, Kural 1181
ki laport mo pu tape
pu mo rakont duler mo leker?
Mwa, ki finn aksepte
mo amure pran enn lot depar
 
Quid de la fidélité dans le couple? Est-ce trop moralisant d’en parler aujourd’hui… de ce que peut être les sentiments de l’infidélité et de la jalousie entre l’homme et la femme, jadis unis dans le feu de l’amour? Thiruvalluvar n’a pas peur des mots…

Sapit 132, Kural 1311
Twa gran galan,
ki vink leker tu kalite fam avek to surir
mo refiz koste ar twa pu pran to saler
 
Au cours de ce périple avec Thiruvalluvar, on a aussi croisé le sens du sacrifice de soi… pour le bien et l’honneur de l’autre.
Sapit 119, Kural 1190
mo pu akeyer kritik lor mo figir blem lebra uver
si personn pa donn li tit fizitif
parski mo ti dakor pu li ale

Thiruvalluvar nous fait découvrir notre capacité de nous approprier notre imaginaire et le fait de nous pencher vers de sublimes rêves pour soulager nos souffrances… sa rev ki finn amen mesaz depi mo amure… surtout quand on souffre de la séparation, comme quand on est intoxiqué par la passion amoureuse.
Cette promenade dans les jardins de Thivalluvar nous a fait aussi comprendre que la grandeur de l’homme et la femme ne se trouve certainement pas dans les signes extérieurs de richesse mais bien dans cet océan d’amour qu’on a ‘à l’infini’ dans son cœur. Car même quand on n’en reçoit pas, on ne peut que toujours donner à l’autre…
Ce qui nous fait dire que Thiruvalluvar ressentait et comprenait les sentiments dans son universalité et son intemporalité. Les Tamouls du monde se disent toujours fiers d’avoir eu le Thirukural comme un guide. Nous dirons que le monde dans sa totalité doit être fier d’avoir eu Thiruvalluvar comme un fils de ce monde…