TIME FLIES DE HANS NAYNA : Plus rock, plus doux, voyage vers les extrêmes

À peine un an après la sortie de Music for the Soul, Hans Nayna revient avec un troisième album, Time Flies. Le chanteur, plébiscité pour sa chanson Mo lam, sort un opus saupoudré de rock, de soul et de blues, le 30 septembre. Le concert de lancement de l’album a lieu le même jour à l’Espace Culturel Malcolm de Chazal à Helvetia, St-Pierre.
Pari osé pour l’auteur-compositeur-interprète de Music for the soul. Il sort son troisième album Time Flies, le 30 septembre, lors d’un concert de lancement à l’Espace Culturel Malcolm de Chazal (Lycée Mascareignes) à Helvetia, St-Pierre. Un album qui comprend douze titres et qui ne tardera pas à séduire les Mauriciens. “Nous avons joué un peu avec les extrêmes. Là où c’était rock, c’est un peu plus rock; là où c’était doux, c’est un peu plus doux. Nous avons mûri. Avec le temps, il y a une certaine osmose qui s’est installée entre les musiciens. Nous sommes tous potes. Nous nous entendons bien. Cela aide beaucoup. Grâce à tout cela, nous avons repoussé les limites de l’album précédent.”
En pleine répétition avec son groupe dans sa maison à Pointe d’Esny, Hans Nayna chante à tue-tête Water, un des morceaux de l’album. Il débute les préparatifs de son concert et essaie de trouver les bons accords. “Tu vas comprendre quand tu écouteras les paroles de Water. Il m’arrive d’écrire des conneries (rires). Pour les paroles de cette chanson, j’ai fermé les yeux et je me voyais sur scène. Il y avait une fille devant moi, dont je n’arrivais pas à voir le visage. J’ai couru après elle pour la retrouver. Bref, je ne l’ai jamais vue. C’est intrigant, mais elle vient à tous mes concerts. Ce sont des histoires de filles. C’est un peu délicat.” La touche d’originalité est apportée par Emmanuelle Ghem, sa femme et violoniste du groupe. “Elle est là depuis le début. C’est assez spécial. Elle ne joue qu’avec moi. Elle me soutient énormément.”

Les chansons d’un parcours.
Instinct paternel oblige, il s’adresse à son fils Saul, huit mois, dans Lullaby for Saul, une berceuse douce et mélodieuse. Les chansons de cet album retracent son parcours. “Time Flies, qui est aussi le titre de l’album, parle du temps qui passe. Never be mine se réfère à de vieilles histoires. J’ai la phobie de vieillir. Je ne me trouve pas jeune. J’ai encore trop à faire et je n’ai pas assez de temps. Une vie n’est pas suffisante, même si je suis heureux et comblé d’être marié et d’avoir un bébé. J’aurais pu vivre une autre vie où j’aurais fait autre chose.” Le guitariste cite également Beautiful people, un blues, et On the way, qui fait penser au changement.
Hans Nayna préfère écrire en anglais. “C’est naturel chez moi d’écrire en anglais. J’adore cette langue, que j’ai apprise à l’école. Mo lam ne représente pas tout à fait ce que je suis. C’est mon style de musique certes, mais ce n’est pas ma manière de composer. Cela ne m’inquiète pas qu’on me reproche de ne pas écrire en créole. Si mon premier album écrit en anglais a marché, pourquoi pas les autres ? Je ne veux pas faire des tournées qu’à Maurice.” Celui qui n’aime pas vraiment la langue de Molière travaille néanmoins sur Belle, de la comédie musicale Notre Dame de Paris. “Cette chanson n’est pas sur l’album mais je compte la chanter pour le concert de lancement. Pour m’amuser.”

Une tournée mondiale.
Time Flies, un album coproduit par Richard Hein du Studio Kapricorn, a vu le jour suite au succès de son second opus. “Il me faut rester productif tant que je suis encore jeune.” Hans Nayna cite Damien Bathurst (fondateur du Dombeya Music Festival), qui est derrière l’idée de ce nouvel album. “Nous avons travaillé ensemble pour mon deuxième album. C’était lui derrière le crowdfunding pour Music for The Soul. Mais nos routes se sont séparées.”
L’artiste adore se trimballer et chanter pieds nus. “Je n’aime pas porter des chaussures. C’est lourd. On m’oblige à en porter pour ne pas être électrocuté.” Avec ses musiciens, Josian Long (bassiste), Fabien Thomas (trompettiste), Emmanuelle Ghem (violoniste) et Evans Maurer (pianiste), Hans Nayna répète sans cesse. “Nous ne sommes pas au complet. Il manque Christophe Bertin, le batteur, et Ivan Bazile, le saxophoniste. Il y aura un guitariste malgache, Ben-kheli Ratri, pour le concert. Je vous réserve une surprise.”
Il sillonnera l’île pour partager sa musique. “Je compte sur cet album pour m’ouvrir toutes les portes. Nous prévoyons une tournée mondiale l’année prochaine. Nous n’allons pas rester ici. Nous avons plein de projets.” Son objectif a toujours été d’exporter sa musique. “Depuis ma première chanson, je voulais devenir un artiste international. Je veux être dans les catalogues, les répertoires et les labels”, confie celui qui se dit fan de Paolo Nutini et de Sia.
Hans Nayna souhaite que les gens oublient le passé avec Time Flies. “Qu’ils parlent de moi en faisant référence à Music for the Soul and Time Flies.”


Parcours
En 2013, il participe à Run Star et lance son premier album, State of my High. L’année suivante, il met le cap sur Mayotte et participe à une compétition qu’il remporte, Le Grand Casting de L’Océan Indien. Ensuite, il est pris pour passer aux auditions de The Voice France. “Bruno Berberes, le directeur de casting de The Voice, était membre du jury. Je suis revenu à Maurice et ensuite suis retourné à La Réunion. Avec Music for the soul, j’ai trouvé ma voie, mon son.”
“Après le HSC au collège St-Joseph, je voulais être pilote de ligne. Mes parents n’avaient pas assez d’argent, je n’ai pas pu réaliser mon rêve. Je suis allé bosser comme tout le monde. Un beau jour, à 21 ans, je me suis réveillé et j’ai commencé à jouer de la guitare. C’est un instrument que je joue depuis sept ans et que je ne comprends toujours pas. Je ne veux pas non plus apprendre à en jouer.”


Autre album en vue à Madagascar
Grâce à son album Music for the Soul, il s’est rendu à Madagascar où il a participé au Libertalia Music Festival et joué à l’Institut Français d’Antananarivo. “Ils m’ont proposé d’enregistrer cinq titres qui seront présentés aux Rencontres transmusicales de Rennes en France (un festival international de musiques actuelles qui se tient tous les ans début décembre à Rennes). J’irai là-bas le 2 octobre, juste après le lancement de Time Flies. Ils vont me former pour que je puisse jouer avec quatre musiciens pour un album de cinq titres, dont ils vont faire la promo et vendre. Ils essaieront de me faire tourner à l’international.”