Il a fallu attendre quelques jours avant le coup d’envoi du Tour de Maurice 37e du nom, prévu du 10 au 15 septembre, pour obtenir les autorisations nécessaires. C’est à l’occasion de la présentation des maillots — neuf au total plus la casquette du Tour — que l’annonce a été faite. Ils seront 90 coureurs qui se battront pendant les quelques 560 km que durera la course.

Avec ce prologue de 3,4 km de nuit dans les rues de Port-Louis, dont le départ sera donné devant l’Air Mauritius Building, et l’arrivée jugée à La Citadelle, la Fédération mauricienne de cyclisme a voulu apporter une touche de nouveauté sur une épreuve qui demandait à être dépoussiérée. « Nous essayons apporter une touche d’innovation chaque année. Pour 2018, ce sera le prologue nocturne », explique Lawrence Wong, président de la FMC. Autre innovation pour cette édition : l’introduction d’un maillot récompensant le coureur le plus eco-friendly, parrainé par Mauvilac. Une tunique un peu spéciale, qui sera jugée par les commissaires en voiture et le commissaire à moto. « Ils auront l’œil à tout », lance le président de la FMC. L’idée est de préserver les routes du Tour des déchets que peuvent générer les coureurs pendant la course. « Nous voulons aller vers une épreuve plus verte, plus respectueuse de l’environnement. »

Dans un autre ordre d’idées, ce Tour 2018 prend des allures internationales. À titre d’exemple, on retrouvera des coureurs venus d’Afrique du Sud, d’Allemagne, de France et même un regroupement du Centre mondial de cyclisme, sous pavillon éthiopien. « Nous avons voulu mettre le Tour de Maurice sur la carte africaine. » Peut-être viser l’Africa Tour ? Une éventualité que n’écarte pas le patron du cyclisme mauricien, même s’il faudra plusieurs années pour voir le projet se concrétiser.

Il n’a pas non plus manqué de souligner le doublé de Christopher Lagane sur le Tour de La Réunion, ainsi que la victoire d’étape d’Alexandre Mayer pendant la course. « Ce sont des jeunes prometteurs qui ont su exploser sous la direction de Michel Thèze », souligne encore le président de la FMC. Le but serait, selon ce dernier, de créer une émulation qui ferait de Maurice l’une des cinq meilleures nations africaines, dans l’espoir d’obtenir une qualification aux JO de Paris en 2024.

Ram Luchumun, représentant du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), a souligné l’importance de la formation. « Il ne faut pas oublier que derrière le succès des jeunes, il y a tout un travail en amont », a indiqué l’officier du MJS. Tout comme Bettina Enz, représentante de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), qui accueillait la dernière présentation d’avant-Tour. « La MTPA a souhaité accompagner les organisateurs d’événements sportifs. C’est pourquoi nous sommes heureux de nous associer à de tels événements comme le Tour de Maurice », a-t-elle fait ressortir.

Nouveaux sponsors
Ils sont quelques nouveaux sponsors à s’associer cette année au Tour de Maurice. On retrouve ainsi Canal+, partenaire du maillot noir (meilleur coureur international), et Mauvilac, dont le logo sera apposé sur le maillot du Most eco-friendly rider. Parmalat s’associe également au Tour, prenant en charge la casquette récompensant la meilleure équipe au général. Tout comme Air Mauritius, qui sera le partenaire du maillot orange récompensant le meilleur coureur régional. Sinon, on retrouve les habituels que sont la Swan (maillot jaune), Alpen (blanc), Tara (vert), Chili (bleu), la mairie de Port-Louis (à pois) et Intermart (rouge).

Une voiture électrique sur le Tour
Dans l’optique d’un Tour plus eco-friendly, on verra sur la course cette année, sur certaines étapes, une voiture électrique. Cela, à l’initiative d’Alain Dalais et de son ami Jean Étienne. Alors que la direction du Tour vient d’annoncer la création d’un maillot eco-friendly, voilà que les choses bougent dans cette direction avec un véhicule électrique. Selon Jean Étienne, qui a fait venir le véhicule, il ressemble en tout point à une voiture normale. « La seule différence demeure dans l’alimentation du véhicule », explique-t-il. D’ailleurs, la distance moyenne avec un « plein » tourne autour de 105 km. « Nous essayons nous aussi de réduire cette empreinte carbone. C’est notre façon de contribuer au Tour. » Dans la foulée, il annonce que la voiture ne sera pas présente sur toutes les étapes. « Ce sera un peu dur pour elle dans les montées, même si elle tient bien la route. » Comme quoi, le cyclisme reste un sport vert.