Avec un taux de croissance presque stagnant des arrivées touristiques pour les cinq premiers mois de l’année, en comparaison à 2011, la situation dans l’industrie demeure inquiétante. Les opérateurs du secteur sont unanimes à dire que la résilience de l’industrie ne tient qu’à un fil et que les efforts doivent continuer à être multipliés pour que la destination garde la tête hors de l’eau en cette période où la visibilité d’une sortie de crise est incertaine en dépit des efforts déployés.
Si les autorités se targuent d’une croissance de 4,7 % pour mai 2012, les observateurs avertis du secteur estiment, eux, que la donne reste inquiétante avec une croissance de seulement 0.6% d’arrivées touristiques de janvier à fin mai 2012. Premier indicateur de la santé de l’industrie: à fin mai 2012, les arrivées se situent presqu’au même niveau qu’en 2011, à la même époque. De janvier à mai 2012, Maurice a accueilli 412,528 touristes, desquels 71,396 pour mai. En provenance d’Europe, notre principal marché, les arrivées s’élèvent à 33,382, une baisse de 4.9% par rapport à 2011 (39, 081). On note, pour mai 2012, une baisse de 24.6% sur le marché français, notre principal pourvoyeur, avec 14,331 arrivées, contre 18,997 en mai 2011. En avril 2012, le nombre de touristes français s’élevait à 24,740, contre 25, 600 en avril 2011. Côté italien, baisse de 24.8% pour les 5 premiers mois: 19,065 en 2012, contre 25,356 en 2011.
La Russie accuse une progression de 144.4% pour mai: 1,354 en 2012, contre 554 en 2011. Sur les 5 premiers mois de l’année, hausse de 81.6% de visites russes: 6,032 en 2011 à 10,955 en 2012. L’Allemagne résiste avec 4,420 visiteurs en mai 2012 contre 3,908 en mai 2011. Hausse de 0.8% sur le marché britannique, avec 6,721 arrivées en mai 2012  contre 6,670 en 2011. Sur les 5 premiers mois de 2012, ce marché accuse une baisse de 13.5%: 29,731 visiteurs anglo-saxons contre 34,384 en 2011.
Progression des marchés émergents
Du côté des marchés africains, +8.6% avec 104,113 arrivées, contre 95,883 en 2011. Cette hausse inclut les +11% de La Réunion pour les 5 premiers mois et les +2.3% de l’Afrique du Sud.
Nette progression sur le marché asiatique avec des visiteurs en provenance de la Chine, soit +60,2% pour les 5 premiers mois 2012 (8,218), contre 5,131 en 2011. L’Inde reste derrière avec 21,978 arrivées de janvier à mai 2012 (6,955 en mai), contre 21,294 en 2011 (7,179 en mai).
Selon les fins observateurs, les difficultés sont grandissantes pour les petits et gros acteurs. Le taux de remplissage dans les hôtels stagne. Les 4 et 5 étoiles sont actuellement remplis à 60%. D’où les nombreuses opportunités offertes aux Mauriciens pour séjourner ou profiter des activités hôteliers à prix réduits. Pour les opérateurs, « en comptant une basse saison moins performante, ces dernières années, et un taux d’occupation stagnant pour le trimestre dernier, les conséquences se traduiront par les performances au niveau de l’occupation des chambres et des finances des groupes, dont notamment des pertes opérationnelles et les chutes des actions en bourse. »
Le constat aujourd’hui est que les opérateurs doivent faire face à une conjonction de facteurs négatifs, soit: la crise et ses effets pervers sur les voyages et les tarifs hôteliers et la roupie forte. Et avec cela, le problème de manque de sièges d’avion reste l’un des soucis majeurs des opérateurs. En dépit des efforts déployés pour la diversification de nos marchés et les campagnes de marketing accentuées sur nos marchés niches, les appréhensions des opérateurs de l’industrie subsistent. Et la performance est douloureuse, disent-ils. Outre la « sur offre » au niveau du nombre de chambres d’accueil, la restructuration au niveau de la compagnie d’aviation nationale réduisant ses dessertes sur certaines destinations phares, ou supprimant des vols, l’industrie touristique estime qu’elle n’est pas à l’abri des dangers de la crise. En cette basse saison, principalement, les marchés traditionnels en chute, le rattrapage se fait principalement sur les marchés émergents où le taux de croissance est intéressant et vient compenser les chutes des marchés traditionnels, disent les opérateurs. Pour maintenir la tendance, ils misent sur le court terme, espérant que les deux événements prévus pour juillet – la 1ère édition de la Mauritius Shopping Fiesta 2012 et le Festival des îles Vanille – apporteront de l’eau à leur moulin.
Sur le long terme, face au climat mondial empreint de morosité économique, les efforts sont multiplés pour améliorer la situation. Campagnes de presse, promotions au niveau des packages, marketing plus agressif… les opérateurs misent sur une stratégie de maintien qui devra être optimisée avec le soutien de tous, souhaitent-ils. Demain, l’AHRIM tiendra son Assemblée Générale Annuelle au cours de laquelle un nouveau président sera élu. L’occasion aussi de faire le bilan des derniers mois auprès des opérateurs et de mettre en avant un plan d’action visant à redresser la barre. L’un des points essentiels qui reste sensible est celui de l’accès aérien qui, selon les opérateurs de secteur hôtelier, a un impact considérable sur leurs revenus et leur croissance. L’amélioration de la qualité de la destination demeure une priorité pour les hôteliers. Les opérateurs espèrent des actions soutenues pour assurer la survie de notre destination, en intervenant dans des domaines spécifiques tels que la pollution et l’insalubrité de certains sites touristiques, le niveau des services proposés, l’érosion des plages, la sécurité et le manque de personnel qualifié.