La drogue fait partie intégrante du paysage carcéral à Maurice. Elle circule quotidiennement, presque au vu et au su de tous. Les dealers y opèrent sans crainte et ne s’en cachent pas. Brown, subutex, gandia, black mamba, wasabi… la dose se vend à partir de Rs 200. La prison n’est plus une barrière infranchissable : “Tou seki ena deor ou sir gagne andan”, et les pénuries sont quasi inexistantes. Les témoignages de quelques ex-détenus indiquent clairement qu’il est très facile de s’en procurer, sauf en cas de difficultés financières. Là encore, des solutions existent.
Alors que PILS lance sa campagne Eski prizon aret ladrog ?, Scope aborde ce fléau à travers le vécu d’anciens détenus.
Le business des drogues en prison ne connaît pas la crise. Il est tellement bien rodé qu’il n’est plus considéré comme étant exceptionnel. “C’est comme trouver sa nourriture quotidienne”, confie Rajiv, un ancien détenu. Un fait confirmé par d’autres usagers et ex-détenus, qui savaient pertinemment que leur dose allait être à portée de main pendant qu’ils purgeraient leur peine.
Comme le souligne Nicolas, il n’y a aucune différence entre ce qui est fait à l’intérieur et à l’extérieur des murs de la prison. Lorsqu’ils étaient emprisonnés, ils avaient moins de mal à se fournir en drogue. Même constat à la prison des femmes : accro au brown sugar depuis une trentaine d’années, Deena s’étonne qui “zame ena peniri dan prizon. Là-bas, je pouvais me permettre d’en consommer tous les jours. Je n’ai pas eu de problème pour trouver des dealers. Deor bizin tras boukou plis ki andan”.