Le CCID, avec la collaboration du Passport and Immigration Office, est sur la piste d’un réseau impliquant des Mauriciens et des étrangers qui fabriquaient de faux passeports pour que des Africains puissent entrer ou rester sur notre territoire illégalement. « Certains utilisent ce document pour partir en Europe car les passeports mauriciens comportent beaucoup d’avantages en comparaison avec d’autres pays africains. En plus, avec un passeport mauricien, il n’y a pas besoin de visa pour entrer dans certains pays européens », explique une source au CCID.

Sur la base de certaines informations, les hommes de l’ACP Devanand Reekoye ont ainsi interpellé une habitante de Chemin-Grenier, une dénommée Marie Yolande Benoît, âgée de 55 ans, et qui effectuait un rôle d’intermédiaire entre des étrangers et des Mauri- ciens impliqués dans ce réseau. Les enquêteurs n’excluent pas la possibilité d’une collabora- tion avec Interpol dans cette affaire.

Le mode opératoire était le suivant : la quinquagénaire prenait contact par internet avec des étrangers souhaitant obtenir la nationalité mauricienne de manière illégale puis leur conseillait de postuler pour des visas d’étudiant ou de touriste. Une fois à Maurice, elle les rencontrait, prenait leur photo et fabriquait ensuite de fausses cartes d’identités. Pour ce faire, elle leur réclamait jusqu’à Rs 15 000. En ce qui concerne les passeports, elle cherchait des « parents » pour ses clients, qui attestaient que ces étrangers étaient bien leur enfant et ils signaient sur les faux actes de naissance.

La suspecte se rendait alors au bureau du passeport pour tenter d’obtenir le précieux document pour les étrangers avec les faux actes de naissance comme preuve qu’il s’agit de Mauri- ciens. Les « parents » ont même fait le déplacement au PIO à la demande de certains officiers pour confirmer certaines informations.

Les policiers ont arrêté Marie Yolande Benoît jeudi après avoir perquisitionné sa maison, où des outils informatiques, de faux passeports, actes de naissance et cartes d’identités de même qu’une série de documents ont été saisis. Ces derniers seront examinés aussi bien que les données contenues sur son ordinateur pour tenter de retracer ses clients. Le CCID a d’ailleurs déjà mis la main sur deux Congolais qui avait sollicité les services de la suspecte.

L’un d’eux avait déjà obtenu le passeport mauricien, tandis que l’autre était dans l’attente du précieux sésame. Ces derniers et la Mauricienne ont été traduits devant le tribunal de Port-Louis à la mi-journée pour leur inculpation provisoire. Le CCID est en présence d’informations que cinq Congolais utilisant le même procédé sont déjà en possession de passeports mauriciens. Les enquêteurs comptent convoquer leurs « parents » et d’autres clients qui se sont tournés vers la suspecte.