L’enquête menée par le CCID, avec la collaboration du Passport and Immigration Office (PIO), sur un trafic de passeports mauriciens a connu des développements  avec l’ar- restation de trois Congolaises qui s’apprêtaient à s’envoler pour l’Afrique du Sud.

La police soupçonne qu’elles allaient par la suite faire des démarches pour regagner l’Europe. Ces dernières seront traduites en justice aujourd’hui, mercredi 21 mars, pour leur inculpation provisoire. Leur interpellation intervient après que les hommes de l’ACP Devanand Reekoye ont examiné des documents saisis vendredi dernier chez Marie Yolande Benoît, âgée 55 ans, à Chemin- Grenier. Les photos de ces trois étrangères figuraient dans les fichiers informatiques de la quinquagénaire, qui a joué un rôle d’intermédiaire dans cette affaire.

La police est en présence d’actes de naissance sur lesquels figurent les noms des Mauriciens qui ont déclaré être les parents de ces Congolais. Au moins trois femmes ont été interrogées par le CCID ces derniers jours. Elles avancent ne pas être au courant que leur identité ait été utilisée dans des documents trafiqués et devaient ajouter n’avoir « jamais donné naissance ou adopté des enfants congolais ». Le Congo, disent- elles, leur est étranger car « nous ne nous y sommes jamais rendues ». Ces femmes soutiennent « ne pas savoir » comment des copies de leur pièce d’identité se sont retrouvées entre de mauvaises mains. Elles ont été autorisées à partir à ce stade de l’enquête.

L’autre énigme que doit résoudre la police concerne une estampille délivrée par le bureau du Premier ministre ayant permis aux Congolaises de se rendre au PIO pour obtenir un passeport mauricien. Les enquêteurs ne croient pas à une complicité au sein du PMO pour le moment et estiment plutôt qu’il s’agit d’un document « falsifié ». De son côté, Marie Yolande Benoît n’a rien dit concernant les pièces à conviction retrouvées chez elle.

Une des congolaises arrêtées.

La police est déjà en présence d’une liste d’étrangers ayant sollicité les services de la quin- quagénaire. Certains ont déjà obtenu un passeport mauricien alors que d’autres ont fait une demande auprès du PIO. Les officiers de cette unité ont été appelés à faire preuve de vigilance et le contrôle a été renforcé à l’aéroport international SSR en vue de capturer les faussaires qui tenteraient de fuir notre territoire. Néanmoins, les en- quêteurs estiment que certains ont déjà quitté le pays. Le CCID compte se rendre au National Identity Card Office pour sol- liciter des précisions après que des cartes d’identité nationale ont été émises à des Congolais. Selon nos renseignements, les suspects présentaient des actes de naissance falsifiés pour obtenir la carte.

Grâce au passeport mauricien, les Congolais pouvaient avoir accès à plusieurs pays européens sans besoin de visa. Selon la police, l’intermédiaire réclamait entre Rs 15 000 et Rs 30 000 pour effectuer des démarches pour l’obtention d’un passeport mauricien de manière illégale. La police compte solliciter l’aide d’Interpol pour faire la lumière sur cette affaire.