Leurs nombreux appels ne sont pas entendus. Et si la situation perdure, leur santé financière fragile s’aggravera davantage, amenant la disparition de certaines compagnies d’autobus. C’est ce que clame le secrétaire de la Mauritius Bus Owners Cooperative Federation, Sunil Jeewoonarain. Préférant le dialogue avec le ministère des Infrastructures publiques et non une grève, il soutient qu’une politique de deux poids deux mesures est appliquée envers les différentes compagnies d’autobus du pays.

« Nous constatons que le gouvernement se soucie uniquement de la CNT et des compagnies de transport connues dans le pays alors que nous faisons le même travail qu’eux. Sommes-nous des employés de deuxième catégorie ? » se demande Sunil Jeewoonarain, secrétaire de la Mauritius Bus Owners Cooperative Federation. Selon lui, les nombreuses correspondances envoyées au ministère des Infrastructures publiques pour discuter de leur situation sont restées sans réponse jusqu’à présent.

« Nous sommes très démotivés dans notre travail car nous subissons beaucoup de pression. Nous avons demandé au gouvernement de nous donner la liste de ceux qui bénéficient des subsides mais nous n’avons rien reçu. Nous recevons uniquement des remarques méprisantes », dit-il. Avec la récente augmentation du prix du diesel, Sunil Jeewoonarain avance que ses membres devront débourser plus. Et de l’autre côté, il regrette que le gouvernement tarde toujours à rembourser aux compagnies d’autobus les frais de transport gratuits pour étudiants et personnes âgées. De plus, il avance que les subsides qu’obtiennent les grandes compagnies d’autobus au sujet du National Remuneration Order ne sont pas versés aux autres compagnies d’autobus. « Ce manque de considération à notre égard engendre une grande frustration chez nos membres », dit-il.

Sunil Jeewoonarain, qui souligne que la fédération compte 800 bus et 2 500 employés, soutient que le plan de la National Transport Authority (NTA) visant à sévir contre les “taxis marrons” « n’a rien apporté de positif » chez les compagnies de bus individuelles. « Cet argent que paient les passagers aurait dû revenir aux compagnies et non pas à ces “taxis marrons” », dit-il.

Ainsi, une grève n’est pas à écarter l’année prochaine. « Notre assemblée se réunira au mois de mars et la décision sera prise », dit-il, car les membres de l’association arrivent difficilement à tenir la tête hors de l’eau. « Ils ont dû trouver de l’argent pour le paiement du salaire de décembre et le boni de fin d’année alors qu’ils n’ont pas encore reçu la somme du transport gratuit de la part du gouvernement », dit-il. Sunil Jeewoonarain ajoute que ses membres font pression sur lui car ils sont las d’attendre, depuis maintenant trois ans, qu’une solution soit trouvée pour eux.

Il précise qu’il ne souhaite pas que la situation des membres les oblige à déclencher une grève. « Nous avons une responsabilité auprès de nos passagers », dit- il, en ajoutant qu’ils sont des milliers à dépendre uniquement des autobus individuels pour leurs déplacements quotidiens.

Sunil Jeewoonarain souligne que la fédération commencera sérieusement à se faire entendre à partir de janvier 2018. « Nous allons agir car nous avons les mêmes droits que les grosses compagnies. Nous estimons que le mois de janvier sera difficile pour nos membres car plusieurs pourraient arrêter leurs opérations. Mais nous devons nous battre », dit-il.