Les nouvelles mesures de sécurité dans le transport scolaire, qui entreront en vigueur après-demain et annoncées hier par le ministre du Transport lors d’une conférence de presse, donnent une indication des changements majeurs à venir dans le système de transport gratuit. Nando Bodha a été très clair : « Pa kapav kontinye avek sa sistem ki ekziste depi 2006 ». Il a souligné la « somme énorme » que paie le gouvernement, soit Rs 2 M-Rs 3 M par jour et un total Rs 800 M par an alors qu’il « n’y a pas accountability ». Le ministre a alors annoncé une remise en ordre dans le transport scolaire gratuit et a dit que le gouvernement sera intransigeant envers les opérateurs d’autobus sur la question de sécurité des passagers et par rapport à l’accountability. Par ailleurs, de nouvelles mesures concernant le confort et la sécurité des passagers du transport public sont aussi envisagées. À l’avenir toutes les compagnies d’autobus devront se conformer aux normes exigées par le gouvernement dans l’acquisition de nouveaux véhicules.
Selon le ministre du Transport, l’accident survenu au mois de mars sur le trajet retour d’un transport scolaire, et qui a coûté la vie à une collégienne, a été un « wake-up call » pour tous. Nando Bodha a confirmé lors de cette conférence de presse les nouvelles mesures de sécurité qu’il a mentionnées au cours de son intervention dans les débats dans le budget. Selon les chiffres qu’a fournis Nando Bodha, le transport gratuit concerne 125 000 élèves du secondaire, mais il y a seulement 75 000 (60 %) qui voyagent dans les dedicated bus schools le matin et l’après-midi, et les autres s’orientent vers le transport public normal.
En 2010, l’État a payé une somme de Rs 362 M pour le transport de 154 000 étudiants. En 2014, c’est une somme de Rs 832 M que le gouvernement a déboursé pour 190 000 étudiants. Le ministre dit noter une augmentation conséquente de 2010 à 2014 dans le nombre de voyageurs, et aussi dans les dépenses.
Le ministre a révélé que l’État dépense Rs 2 M à Rs 3 M par jour pour le transport scolaire et a indiqué qu’il n’y a aucun contrat entre les compagnies autobus qui offrent ce service au gouvernement et la National Transport Authority qui est l’agent payeur. « Il y a eu un Memorandum of Understanding qui a été signé, mais il n’y a pas de contractual agreement entre le service provider et la NTA. Puisqu’il n’y a pas de contrat, il n’y a aucune obligation et il n’y a pas d’accountability. Le moment est arrivé de revoir le système. Ena boukou kitzoz ki bizin regete », a martelé Nando Bodha. Dans peu de temps, le ministère proposera un contrat de principe liant les deux parties et qui donnera un cahier des charges. Mais le ministre donne l’assurance aux compagnies d’autobus que le quantum de paiement sera le même, mais que le gouvernement exigera un service de qualité.
Le ministre du Transport souhaite un « reengineering of the whole system ». Pour ce faire, les techniciens de son ministère étudient les formules en vigueur dans d’autres pays. En attendant, le gouvernement propose des mesures immédiates. Actuellement les opérateurs proposent trois types de bus, notamment avec 49 places, 59 places, et 64 places. Quel que soit le type de bus qui sera mis à la disposition des écoles, la NTA autorisera jusqu’à un maximum de 10 passagers en plus, mais tous les passagers doivent être assis. « Un bus de 49 places peut prendre jusqu’à 59 personnes, mais personne ne voyagera debout. Dorénavant, il y aura un receveur dans chaque bus et il doit faire respecter ce règlement et il doit s’assurer aussi de la sécurité de tous les passagers », a dit le ministre hier. Il y a aussi un système d’alarme dans chaque bus en cas de problème.
Par ailleurs, le ministère exige une collecte d’informations (immatriculation du véhicule, le trajet et nom du chauffeur et du receveur, nombre de passagers, heure d’arrivée à l’école et celle du départ) pour chaque trajet entrepris par le bus d’école le matin et dans l’après-midi, et le ministère a eu la collaboration des écoles concernant cette tâche spécifique. Grâce à ces données qui devront être soumises à la National Transport Authority chaque mois le gouvernement aura enfin une idée précise du nombre exact des élèves qui voyagent dans le transport scolaire et du nombre de bus qui y sont engagés dans ce service.
Le ministre a affirmé que les nouvelles mesures ont été prises après des discussions bien approfondies avec tous les stakeholders, à savoir, le ministère de l’Éducation, la police, les compagnies d’autobus, la NTA, les opérateurs individuels, les représentants des PTAs, le syndicat des recteurs des collèges d’État et les responsables des collèges privés. « Tout le monde est d’accord pour donner un coup de main afin que nos enfants voyagent en toute sécurité »
Dans un deuxième temps, le gouvernement prévoit de revoir aussi la formule du transport gratuit pour les personnes âgées.