La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) a marqué hier la Journée mondiale du travail invisible au Jardin de La Compagnie, Port-Louis, par une campagne de sensibilisation d’une journée pour sensibiliser les passants sur le travail non rémunéré des épouses au foyer ou le travail non valorisé de certaines catégories d’employées. La valeur de leur travail n’est pas reconnue ni comptabilisée dans les comptes nationaux comme le PIB (produit intérieur brut).
« Depuis sa création, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) a adopté comme slogan, dans le cadre de la célébration de la Journée des droits de la femme, « Every woman is a working women ». Nous voulons ainsi faire prendre conscience qu’outre le travail des femmes qui ont un emploi, celui des femmes aux foyers, bien que non rémunéré ni pris en compte dans la comptabilisation des comptes nationaux comme le PIB, a aussi de la valeur. Cuire à manger pour sa famille, faire la lessive ou le ménage sont des tâches essentielles des femmes au foyer et pourtant la valeur de ce travail n’est pas reconnue par la société », explique au Mauricien le secrétaire de la CTSP, Reeaz Chuttoo.
« Malheureusement dans notre société, pour qu’une femme au foyer puisse prétendre à une aide sociale, il faut qu’elle soit une fille-mère ou une veuve ou atteindre l’âge de la retraite à 60 ans pour pouvoir toucher une pension de vieillesse. Cette essentielle contribution de cette femme pour le bien-être et l’équilibre de son foyer n’est pas reconnue par l’État mauricien, contrairement à certains pays scandinaves où la femme au foyer touche une aide sociale du gouvernement », poursuit le syndicaliste.
Reeaz Chuttoo explique que sa fédération syndicale a saisi cette année l’occasion de la célébration de la Journée mondiale du travail invisible (voir encadré) pour conscientiser les autorités mauriciennes et les Mauriciens en général à cette non-reconnaissance du travail des femmes au foyer. « C’est pour cette raison que nous avons organisé cette journée de sensibilisation au Jardin de La Compagnie », ajoute-t-il.
« En attendant que le gouvernement décide d’une allocation sociale pour les femmes au foyer, les époux peuvent contribuer, sous le Contributory Pension Scheme du ministère de la Sécurité sociale, à une aide sociale pour leur épouse au foyer sous la rubrique Self-Employed en cas de malheur. Une aide sociale pour les femmes au foyer, c’est à quoi nous sensibilisons la population mauricienne », précise Reeaz Chuttoo.
Pour la présidente de la CTSP, Jane Ragoo, il y a outre les femmes au foyer, deux autres catégories de femmes à Maurice dont le travail est ni reconnu ni valorisé. Elles sont ces plus de 600 cleaners des écoles primaires et secondaires (dont seulement 326 ont vu leur salaire augmenté de Rs 1 500 à Rs 8 500) et celles qui travaillent dans les Organisations non-gouvernementales qui s’occupent des enfants handicapés. « L’État s’est désengagé de ses responsabilités envers ces trois catégories de femmes », s’indigne Jane Ragoo.