Arvin Boolell : « J’espère que Ramgoolam tiendra parole concernant la transition du PTr… »

Le groupe des expulsés du Parti travailliste (PTr), comprenant Yatin Varma, Krishna Molaye, Balkissoon Hookoom, Raj Pentiah et Prateebah Bholah, continue à faire des vagues et évolue vers la constitution d’un groupe de réflexion. C’est l’impression qui se dégage à la suite de la réunion qui a eu lieu la semaine dernière au centre de formation de Reza Issack.

Interrogé à ce sujet ce matin, Reza Issack a expliqué que c’était une réunion spontanée et qu’elle ne faisait pas partie d’une stratégie calculée. « Nous demandons simplement le départ de Navin Ramgoolam comme leader du PTr », a-t-il expliqué au Mauricien. Reza Issack a démissionné du PTr en octobre en l’année dernière après avoir constaté que le pays « tournait en rond ». Par la suite, il y a eu la défaite du PTr aux dernières élections générales « que beaucoup attribuent directement à Navin Ramgoolam ». « À la suite des observations de Yatin Varma dans un commentaire paru dans un quotidien demandant à Navin Ramgoolam de partir, beaucoup de travaillistes ont salué son courage et ont adhéré à ses points de vue », a estimé Reza Issack. Et de préciser : « Nous n’avons rien de personnel contre Navin Ramgoolam. Nous lui demandons simplement de prendre conscience que l’heure pour lui de passer le leadership à quelqu’un d’autre est arrivée. »

Ce mouvement est diversement accueilli au sein du PTr. « Je me demande pourquoi ces démissionnaires n’avaient pas exprimé leurs points de vue alors qu’ils étaient à l’intérieur du PTr. Après réflexion, je constate que cela n’aurait pas été possible. Toute tentative de réflexion est tuée dans l’œuf au sein du parti. C’est celle du leader qui prime », a observé un dirigeant du PTr.

D’autres soulignent que Navin Ramgoolam peut garder pendant encore quelque temps le leadership. Mais il doit préparer la transition dans les deux ou trois prochaines années pour qu’un jeune prenne la relève. « La relève ne doit pas nécessairement être assurée par les anciens travaillistes », fait-on ressortir. Interrogé à ce sujet, le leader de l’opposition, Arvin Boolell, a affirmé pour sa part qu’il faisait confiance à la parole donnée par Navin Ramgoolam, à savoir que sa priorité actuelle est de défendre les pétitions électorales en Cour suprême. « Il a promis que par la suite, il assurera la transition. Je lui fais confiance », a dit Arvin Boolell.

Navin Ramgoolam – qui était interrogé par la presse à la suite de la dernière réunion de l’exécutif du PTr au sujet de l’organisation d’un congrès de son parti en vue de renouveler son mandat comme leader ou pour élire un nouveau leader – avait insisté sur le fait que les pétitions électorales constituent sa priorité car il en va de la démocratie. Il avait affirmé qu’en temps opportun, la transition interviendra.

Selon Arvin Boolell, le PTr a déjà connu plusieurs crises et des moments difficiles. Cela a été le cas après les élections de 1982. « Le parti est sorti grandi par la suite. Le Parti travailliste est une institution qui est beaucoup plus grande que les dirigeants que le compose », a expliqué Arvin Boolell. « Les deux partis ont leurs raisons et leurs torts. Il nous faudra passer par un “healing process”. Si les Israéliens et les Palestiniens qui sont des ennemis jurés peuvent se mettre autour d’une table pour discuter, cela devrait être beaucoup moins difficile pour les dirigeants du PTr de trouver une voie d’entente afin d’engager des discussions. On ne peut pas se permettre d’avoir une guerre politique au sein d’une organisation comme le Parti travailliste », a insisté Arvin Boolell. Sa priorité pour l’heure est le coronavirus qui, selon lui, a pris une ampleur pandémique. Son effet est déjà ressenti dans le monde et à Maurice. La “supply chain” est rompue et cela affectera tout le monde dont les petits colporteurs, observe-t-il. Il se demande ce que le Premier ministre attend pour convoquer le secteur privé, les Ong et l’opposition pour discuter des voies de sortie.

De son côté, le Whip de l’opposition, Shakeel Mohamed, suit la situation avec intérêt et dit qu’il préfère pour le moment garder le silence. « Je dirai beaucoup de choses dans mon intervention sur le discours-programme au Parlement », a-t-il indiqué.