Triolet est le plus long village du pays. Il est décrit par ses habitants comme un endroit tranquille où il fait bon vivre, même s’il y a toujours moyen d’améliorer certaines choses. Sa route principale bordée de commerces en tous genres en fait un village aux attraits de ville. Le temple Maheswarnath, qu’on peut visiter, est le joyau architectural de l’endroit.
Son nom évoque la poésie puisqu’un triolet est une forme fixe de poème à huit vers sur deux rimes, mais également la musique, puisqu’il est un groupe de trois notes qui équivaut à deux notes de la même figure rythmique. Mais le village a été nommé après Elsa Triolet, née Ella Kagan, une femme de lettres et résistante française d’origine russe, née le 12 septembre 1896 à Moscou et décédée le 16 juin 1970 à Saint-Arnoult-en-Yvelines en France. Elle est également connue comme la compagne et muse du grand poète français Louis Aragon.

Circulation dense.

Un climat clément, une atmosphère bon enfant et une localisation géographique stratégique font de Triolet un des villages les plus fréquentés du pays. La circulation constante en est la preuve parfaite. Traverser la route représente un véritable calvaire pour les piétons. On apprend qu’ils éprouvent plusieurs autres difficultés à certains endroits également. “Regardez devant le supermarché : des motos garées à même le trottoir obstruent le passage. Les piétons doivent marcher sur la rue. On l’a signalé à plusieurs reprises à la police, mais elle n’agit pas. Un peu plus loin, il y a un mécanicien qui répare de motocyclettes et qui s’est adjugé également un morceau de trottoir”, s’insurge Ashad Bundoo, qui fait partie des Forces vives de Triolet.

Il souligne que les véhicules ont tendance à s’arrêter un peu partout, bloquant la circulation. “Il y a beaucoup de commerces et pas d’espace pour s’arrêter. Cette route n’a que deux voies et elle est très fréquentée. Imaginez le calvaire quand vous êtes bloqué derrière quelqu’un qui va à la boutique, au supermarché ou pour acheter du fast-food. Le pire est que les policiers passent et voient ces choses-là. Mais ils ne font rien. Ce qui fait dire aux gens qu’on a l’impression qu’il n’y a pas de poste de police ici.”

Harmonie.

Le village jouit d’une excellente réputation. Les habitants confient qu’ils ne quitteraient leur village pour rien au monde. “Les gens sont gentils et pas vulgaires. Nous vivons harmonieusement entre plusieurs communautés. Il y a beaucoup de facilités ici, on ne peut pas se plaindre. On n’a jamais de problèmes de transport, les autobus passent les uns après les autres. Il y a plusieurs succursales de banques, des magasins et des supermarchés, la plage est proche. Il fait vraiment bon vivre à Triolet”, confie Souchita Devi Canhye, 42 ans.

Sheetal Canhye et Souchita Canhye

Emmanuel, 67 ans, abonde dans le même sens. Ce cuisinier à la retraite, confie : “Mo retrete me mo ankor tir tant dan koulou.” Il aime l’atmosphère qui règne dans son village adoptif, où il s’est installé depuis une dizaine d’années. “C’est un village tranquille, on y vit bien entre personnes de différentes croyances religieuses. Si vous avez du respect pour les gens, ils auront du respect pour vous. C’est aussi simple que cela.”

Un village qui grouille de vie.

Les habitants déplorent un manque de loisirs pour les tout-petits. “Il manque un jardin d’enfants et un terrain de football. Ces infrastructures existent, il est vrai, mais elles se trouvent assez loin de nous. C’est difficile pour nous de laisser nos enfants y aller. Triolet est un grand village. Il faudrait songer à aménager ces facilités de notre côté également”, confie Sheetal Canhye, 33 ans, qui habite le quartier surnommé Terminus, en raison de la présence d’un terminus d’autobus. Karuna Jokhun, enseignante du secondaire, soutient : “Depuis qu’on a changé de gouvernement en 2015, nous avons quelques soucis au niveau de l’éclairage de la route.”

Triolet est effectivement un grand village. C’est d’ailleurs le plus long de l’île avec ses sept kilomètres de traversée. Magasins en tous genres, marchands de légumes et de fruits sont légion. Le village grouille de vie. Il abrite également une salle de cinéma très fréquentée, le cinéma Anand. Mais le vrai joyau du village est le temple Maheswarnath, que l’on peut admirer tout près de la route menant à Trou aux Biches. Considéré comme le plus grand centre de la spiritualité hindoue à Maurice après Grand-Bassin, ce temple laisse admirer une architecture splendide.