Une première cargaison de produits pétroliers arrive des Seychelles pour nous éviter toute rupture de stock suivant l’immobilisation du Pacific Diamond qui, elle-même, est le résultat d’une action entrée en haute cour de Karnataka par le directeur de Betamax, Vikram Bhunjun, celui-là même qui a obtenu un dédommagement de Rs 4,5 milliards d’une instance arbitrale de Singapour pour rupture de contrat. Le gouvernement mauricien ne veut pas payer, il utilise des recours, repousse l’échéance. Résultat, Betamax aussi se tourne vers des artifices légaux. Ils ont abouti. Cela a pris le gouvernement par surprise avec son navire bloqué dans le port de Mangalore.

Une première cargaison de produits pétroliers arrive des Seychelles pour nous éviter toute rupture de stock suivant l’immobilisation du Pacific Diamond qui, elle-même, est le résultat d’une action entrée en haute cour de Karnataka par le directeur de Betamax, Vikram Bhunjun, celui-là même qui a obtenu un dédommagement de Rs 4,5 milliards d’une instance arbitrale de Singapour pour rupture de contrat. Le gouvernement mauricien ne veut pas payer, il utilise des recours, repousse l’échéance. Résultat, Betamax aussi se tourne vers des artifices légaux. Ils ont abouti. Cela a pris le gouvernement par surprise avec son navire bloqué dans le port de Mangalore.

Les Seychelles, c’est une centaine d’îles. Sa population, autour de 92 000, est le nombre combiné d’électeurs de deux de nos circonscriptions, les 5 et 14. Eux, ils ont leur navire depuis des années. Cette petite république a estimé que c’était une priorité pour elle de se doter d’un outil stratégique pouvant la mettre à l’abri des aléas du marché. Nous avons ces dernières années eu comme priorité la construction d’un Heritage City de Rs 38 milliards, porté par le tandem SAJ-Roshi Bhadain. Le projet a été abandonné mais le contribuable avait déjà casqué Rs 49 millions en faveur de Stree Consulting, un obscur cabinet désigné sans appel d’offres.

Ainsi, pendant que le “tigre” de l’océan Indien se jette à fond dans “sa modernité” et la réalisation de son projet de tram à Rs 20 milliards, il est contraint de se tourner vers son petit Poucet de voisin pour le dépanner. En attendant que les autres portes auxquelles le gouvernement a frappé s’ouvrent et ouvrent leurs vannes de carburant. Dont le prix d’achat en urgence restera un secret d’État.

C’est en 2009 qu’est signé le contrat avec Betamax, dont le directeur est le beau-frère du ministre travailliste Rajesh Jeetah qui, un temps, a la responsabilité du Commerce et de l’Industrie, et donc de la STC. La décision fait l’objet de nombreuses questions de l’opposition menée par Paul Bérenger qui, tout en ne disputant pas la décision pour le pays d’avoir un navire pétrolier, conteste la méthode, le fait que le contrat privé est signé avec un proche de ministre et qu’il n’est pas passé par un appel d’offres.

Ce qui est plutôt cocasse dans ces péripéties, c’est que le contrat en béton… est signé juste après que Pravind Jugnauth eut bénéficié du soutien actif du PTr pour se faire élire à Quartier Militaire/Moka. Il entre alors en “opposition loyale” face au gouvernement PTr-PMSD, qu’il rejoint d’ailleurs pour disputer le scrutin de mai 2010.

Lorsque Showkutally Soodhun devient  ministre du Commerce et de l’Industrie en mai 2010, il est déjà un ferme partisan de Betamax. PNQ ou question, il est et reste le grand défenseur du contrat et dit même à Reza Uteem que « the State Law Office has advised that the contrat is perfectly legal. » C’était en 2011. Et c’est dans le Hansard de l’Assemblée nationale. Les interrogations sur ce dossier devenant insistantes, Navin Ramgoolam confie le dossier à Xavier Duval, qui arrive à la même conclusion que Showkutally Soodhun.

En 2014, changement de ton et de programme, même si Xavier Duval et Showkutally Soodhun se retrouvent dans le même gouvernement. Certains ministres veulent renégocier le contrat avec Betamax, mais comme le ministre super-puissant de l’époque, Roshi Bhadain, a décrété qu’il est « illégal », tous les ministres, à commencer par SAJ, se rangent de son côté et le contrat est rompu en 2015. Avec les conséquences que l’on sait et que l’on subit depuis. Triste saga. Et coûteuse irresponsabilité pour le contribuable.

L’autre triste saga est celle dont le protagoniste est Veer Luchoomun. Un accident, ça peut arriver à tout le monde, mais ce sont les circonstances qui font la différence. Elles peuvent être soit aggravantes soit atténuantes. Dans la nuit du 22 au 23 décembre 2012, Jordan Lennon, alors âgé de 19 ans, est au volant d’un véhicule. Ivre, il heurte mortellement un policier à moto qui venait dans le sens inverse. Le jeune homme, testé positif à l’alcootest, resta en détention préventive du 23 décembre 2012 au 4 janvier 2013. Et à Alcatraz, s’il vous plaît !

En janvier 2015, il sera condamné à une amende de Rs 50 000 et une suspension de permis de conduire pour trois ans sous la charge d’homicide involontaire et une amende de Rs 10 000, et une suspension de permis d’une année pour conduite avec un taux d’alcoolémie au-dessus de la limite autorisée. Le DPP, jugeant trop clément le jugement prononcé par la Cour intermédiaire, donna avis d’appel et, en août 2016, les juges Saheeda Peeroo et Abdurrafeek Hamuth, tout en observant qu’il méritait une peine d’emprisonnement, ont néanmoins maintenu la sentence de la cour inférieure en disant que « la jeunesse et l’immaturité entraînent souvent une peine moins rigoureuse que celle infligée à un adulte. »

Depuis, on a eu droit à des accidents similaires impliquant, cette fois, des hommes publics ou ceux qui se trouvent dans leur giron. Thierry Henry n’a pas passé 14 jours en détention comme Jordan Lennon. Celui qui était alors PPS est rentré chez lui après avoir mortellement percuté un jeune homme. Il a payé sa petite caution et a repris une voiture de l’État. Son procès est en cours.

Veer Luchoomun a tué un jeune homme à Forbach aux petites heures du dimanche 3 décembre. Son alcootest s’est révélé positif, mais lui non plus n’a pas connu les inconvénients d’Alcatraz: il a pu savourer le confort du séjour dans une clinique privée. On croit savoir que, dans des « police cases », les antécédents sont toujours pris en considération.

Veer Luchoomun, qui a la chance d’avoir une sœur PPS et une tante ministre, a quand même un dossier chargé, deux cas de drogue qui ont conduit au gel de ses avoirs et, vendredi même, il a été condamné pour « dealing ». Drogue plus un accident mortel et le type se balade probablement dans une nouvelle Jaguar. On dirait que la vie de petites gens n’a pas la même valeur que celle d’un policier et qu’il y a plusieurs polices, une pour le bien connecté et une autre pour le voleur de litchis.