Pour Scope, Lucienne Papillon, 67 ans, et Ivy Aristide, 64 ans, acceptent d’ouvrir leurs armoires où était jadis soigneusement rangé le beau linge propre parfumé à la lavande qu’elles avaient patiemment cousu, brodé, dentelé, entretenu, repassé et amidonné. Ces deux grands-mères, membres de la Red Rose Senior Citizen Association à Vieux Grand-Port, font partie de cette génération qui a suivi la tradition du “trousseau de mariée”.
À peine la demande en mariage acceptée par leurs parents que Lucienne Papillon et Ivy Aristide se sont lancées dans la préparation du “trousseau de mariée”. Un moment qu’elles ont attendu avec impatience. “C’était le symbole marquant le changement de notre statut de fille en femme. Kouma dir enn lekours ti large. Il n’y avait pas de temps à perdre ni à réfléchir. C’était notre devoir”, confient les deux femmes qui ont suivi cette coutume. En effet, à leur époque, le “trousseau de mariée” était une des étapes importantes de la vie sociale. La confection des trousseaux était une affaire de femmes. C’était le précieux bagage zenn fi que la future mariée emportait en quittant son foyer pour de nouveaux horizons. Il était composé traditionnellement de linge de maison (rideaux, draps, taies d’oreillers, descentes de lit, nappes, serviettes de table, torchons, serviettes de toilette), de linge personnel de la mariée (chemise de nuit, culottes, jupons, bas) et de ses vêtements, entre autres.