Dans ce livre très attendu dont des passages ont fuité dans la presse jeudi, quelques jours avant sa sortie, l’ex-chef policier décrit un locataire de la Maison Blanche obsédé par des détails scabreux le concernant. M. Comey relate ainsi que le président lui a demandé d’enquêter sur des allégations le mettant en présence de prostituées russes en 2013 dans un hôtel à Moscou.

«Je suis germophobe. Ce ne serait pas possible que je laisse des gens se faire pipi dessus devant moi», aurait dit le milliardaire à propos des relations sexuelles prêtées aux prostituées, au cours desquelles elles se seraient urinées dessus à sa demande. «J’ai laissé échappé un rire», écrit M. Comey, toujours selon cet extrait relayé par le Washington Post. Ce “dossier” avait été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d’opposants po- litiques au candidat répu- blicain. Jugé crédible dans un premier temps par le renseignement américain, son authenticité avait en- suite été complètement remise en question.

«Immoral»

Lors de cette discussion dans la tour Trump en janvier 2017, M. Trump a demandé au chef du FBI de tordre le cou à ces affirmations qui lui étaient très défavorables.

L’ex-chef policier a décrit une scène digne de la mafia: «Le cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu’il soit petit ou gros, au service d’une sorte de code de loyauté qui place l’organisation au-dessus de la moralité et de la vé- rité». Pour James Comey, «ce président est immoral, détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles». “Son leadership est transactionnel, axé sur l’ego et la loyauté personnelle ». Les mémoires de James Comey institulés  «À Higher Loyalty: Truth, Lies, and Leadership”, retracent ses 20 ans de carrière comme procu- reur à New York puis mi- nistre adjoint de la Justice dans le gouvernement de George W. Bush, et chef du FBI entre 2013 et 2017.

À la Maison Blanche comme chez les responsables républicains, le livre a fait naître des craintes sur les dégâts qu’il pourrait infliger à une présidence Trump déjà affectée par des ru- meurs, limogeages et dé- missions. Le Parti répu- blicain a d’ores et déjà mis en ligne un site intitulé «Lyin’ Comey» (“Comey le menteur), où l’on peut notamment voir défiler une série de citations de personnalités politiques, désobligeantes pour l’ex- patron du FBI.